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« Malgré de nombreux actions menées et certains succès enregistrés, des progrès restent à faire pour mieux identifier, mieux protéger les enfants et garantir pleinement leurs droits. »



Rapport annuel de la Rapporteuse spéciale sur la vente d’enfants, la prostitution enfantine et la pornographie mettant en scène des enfants, Mme. Najat M’jid Maalla.

Genève (jeudi 17 septembre 2009) -- Malgré les nombreuses et diverses initiatives menées, la pornographie mettant en scène des enfants continue à se développer, devenant aujourd’hui une véritable industrie très rentable : le marché mondial est estimé en milliards de dollars. L’accès aisé aux nouvelles technologies, les modifications constantes des modes de production et de consommation, ainsi que la dimension internationale de la pédopornographie, complexifient la lutte contre ce fléau, tant dans les pays développés que dans les pays en développement. La pornographie mettant en scène des enfants demeure un sujet d’actualité fortement préoccupant.

A l’échelle mondiale les sites pornographiques exploitant les enfants se multiplient : 480 000 sites recensés en 2004 contre 260 000 en 2001. Il y aurait plus de 750 000 prédateurs connectés à l’Internet en permanence. D’après une étude américaine 83% des détenteurs de matériel pédopornographique possédaient des images d’enfants âgés de 6 à 12 ans ; 39% des images des enfants âgés de 3 à 5 ans ; et 19% des images de bébés et de jeunes enfants de moins de 3 ans. 87% des contrevenants avaient des images d’enfants prépubères très explicites. Le nombre d’images « d’exploitation grave d’enfants » a quadruplé entre 2003 et 2007.

La production et distribution d’images pornographiques criminelles abusant d’enfant rapporteraient entre 3 et 20 milliards de dollars américains. On constate également une nette augmentation des sollicitations d’enfants sur Internet, autrement dit le grooming. Le chat est devenu l’un des premiers moyens de recrutement des mineurs.

L’engagement et la mobilisation de nombreux acteurs (communauté internationale, pouvoirs publics, ONGs, secteur privé, en particulier les fournisseurs d’accès Internet (FAI) et de télécommunications, les sociétés émettrices de cartes de crédits) se sont traduits par la mise en œuvre de nombreuses actions : réformes législatives, réseaux démantelés, services de dénonciation accessibles aux internautes, filtrage et blocage de sites Internet, saisies de matériel pédopornographique, arrestations, campagnes de sensibilisation, et autres.

Cependant, de nombreux défis restent à relever pour mieux protéger les enfants victime ainsi que les enfants utilisateurs d’Internet. Je constate qu’à ce jour certaines législations nationales ne criminalisent pas toutes les formes de pornographie mettant en scène des enfants de moins de 18 ans, et je les encourage fortement à le faire. De plus, il faut des mesures garantissant la détection, la protection des victimes et l’assistance et les soins nécessaires ; la cessation de la circulation des images ; le renforcement de la coopération entre pays afin de disposer d’une liste globale des sites Internet contenant des images d’abus sexuel d’enfants ; une plus grande implication et responsabilité du secteur privé ; le renforcement et élargissement des campagnes d’éducation et de sensibilisation, impliquant les médias ; une plus grande participation des enfants dans les stratégies de prévention et de lutte contre ce phénomène ; et une coopération international renforcée car l’absence de frontières dans l’utilisation de l’Internet exige une coopération effective et efficace pour protéger les enfants où qu’ils soient.

Il ne faut surtout pas oublier qu’il faut considérer la pédopornographie sur Internet comme un crime et une grave violation des droits de l’enfant portant atteinte à sa dignité et à son intégrité physique et psychique.

Pour accéder à une copie du rapport présenté au Conseil des droits de l’homme le 16 septembre, veuillez cliquer sur : http://www2.ohchr.org/english/bodies/hrcouncil/docs/12session/A-HRC-12-23_fr.pdf

Mme. Najat M’jid Maalla (Maroc) a été nommée Rapporteur Spécial en mai 2008. Elle est médecin pédiatre, et est impliqué dans les questions des droits de l’enfant et la protection des enfants vulnérables depuis vingt ans. Notamment, elle s’implique dans la formation de travailleurs sociaux au Maroc, et rédige des études sur la situation des enfants victimes de traite, de violence, et de toute forme d’exploitation ; enfants de la rue ; enfants en institution ; enfants non-accompagnés. Elle est membre de la Commission des Droits de l’Enfant du Conseil Consultatif des Droits de l’Homme du Maroc, et est fondatrice et membre de l’ONG BAYTI, le premier programme traitant de la situation des enfants vivant dans la rue au Maroc.