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Mali: « Le pays doit sortir de la culture de l’arrangement et renforcer la lutte contre l’impunité », a déclaré l’expert indépendant de l’ONU

GENEVE / BAMAKO (17 octobre 2014) – « La primauté du droit ne doit pas être remplacée par des arrangements politiques qui se font au détriment des victimes des violations graves des droits de l’homme survenus au Mali depuis le début de la crise », a déclaré l’expert indépendant Suliman Baldo, aujourd’hui, à la fin de sa troisième visite au Mali du 7 au 17 octobre 2014.

« Les progrès observés au cours de ma deuxième mission en février 2014 dans le domaine du renforcement de l’autorité de l’Etat, du redéploiement de l’administration dans le nord et de la lutte contre l’impunité ont été remis en question suite aux évènements de mai 2014 à Kidal », a affirmé l’expert indépendant.

« Les mouvements armés, y compris les groupes terroristes, reprennent progressivement le contrôle du nord du pays et pour la première fois les contingents de la MINUSMA sont pris pour cible par les groupes Djihadistes. Cette situation extrêmement préoccupante éloigne les acteurs humanitaires des populations du nord qui sont ainsi privées de l’accès aux services sociaux de base», a-t-il déclaré.

« Des mesures humanitaires d’urgence visant à alléger les souffrances des populations du nord doivent être adoptées par les acteurs politiques réunis à Alger afin de faciliter l’accès des acteurs humanitaires aux populations et d’assurer leur droit à la sécurité, à la santé, à l’éducation et à l’accès à l’eau potable», a affirmé M. Baldo.

L’expert indépendant a également lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle renforce les capacités de la MINUSMA et du Gouvernement du Mali afin de sécuriser les nord du pays et de stopper la prolifération des armes et des milices et autres groupes d’autodéfense.

« La fragilité de la situation sécuritaire dans le nord pousse de nombreux groupes, constitués le plus souvent sur une base identitaire, à acquérir des armes pour assurer la défense de leurs communautés. Dans un contexte marqué par des tensions inter et intra-communautaires, qui sont parfois instrumentalisées par les acteurs politiques et sécuritaires, le risque de violation grave des droits de l’homme sur la population civile est particulièrement préoccupant », a affirmé l’expert indépendant.

Concernant la Commission nationale des droits de l’homme, M. Baldo a salué les efforts du gouvernement visant à reformer la Commission et la rendre conforme aux standards internationaux. Il a également noté avec satisfaction les efforts en cours portant sur la mise en place des cellules d’écoute juridique afin d’accélérer la procédure judiciaire concernant les crimes commis dans le nord du pays.

Au cours de sa visite de dix jours, M. Baldo a rencontré des officiels de haut rang, dont le Président de la République, le ministre de la justice, garde des sceaux, le ministre de la défense et des anciens combattants, le ministre de l’intérieur et de la sécurité, le ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine et de la coopération internationale, le ministre de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille et le ministre de l’éducation nationale.

L’expert indépendant a aussi rencontré le procureur général, le chef d’état-major général des armées du Mali, le secrétaire-général de la Commission vérité, justice et réconciliation, la présidente de la Commission nationale des droits de l’homme, les représentants de la société civile, des associations des victimes du nord du Mali et de l’association des parents et épouse des militaires bérets rouges assassinés, les partis politiques, le corps diplomatique et les agences du système des Nations Unies. Il a également visité des centres de détention mais n’a pas pu se rendre dans le nord du pays pour des raisons de sécurité.

L’expert indépendant présentera un rapport sur la situation des droits de l’homme au Mali en mars 2015 au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

M. Suliman Baldo (Soudan) a pris ses fonctions d’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali le 1er août 2013. A ce titre, agit indépendamment des gouvernements et des organisations. Le mandat d’expert indépendant a été renouvelé par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies le 15 avril 2014 pour une période d’un an en vue d’aider le Gouvernement malien dans ses actions de promotion et de protection des droits de l'homme et dans la mise en œuvre des recommandations formulées dans les résolutions du Conseil des droits de l’homme de l’ONU.

M. Baldo a occupé des fonctions de Directeur pour l’Afrique à la International Centre for Transitional Justice basé à New York et à la International Crisis Group. En 2011, il a été un des trois membres de la Commission international d’enquête mise sur pied par le Conseil des droits de l’homme des Nations unies afin d’enquêter sur les violences post électorales en Côte d’Ivoire.

Droits de l’homme de l’ONU – Page d’accueil du Mali : http://www.ohchr.org/FR/Countries/AfricaRegion/Pages/MLIndex.aspx

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Xabier Celaya, Droits de l’homme de l’ONU – Unité média (+ 41 22 917 9383 / xcelaya@ohchr.org)

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