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Human rights Day 2009embrace diversity, end discrimination

<< A propos de la discrimination

Combattre la discrimination contre les femmes

L’égalité des genres est essentielle pour parvenir aux droits humains pour tous. Pourtant, dans toutes les régions du globe, des lois discriminatoires à l’encontre des femmes sont toujours en vigueur et continuent d’être adoptées. Quelles que soient les traditions juridiques, de nombreuses législations continuent d’institutionnaliser le statut de citoyens de second rang des femmes et des filles en matière de nationalité et de citoyenneté, de santé, d’éducation, de droits matrimoniaux, de droits en matière d’emploi, de droits parentaux, et de droits d’héritage et de propriété.  Ces formes de discrimination à l’encontre des femmes sont incompatibles avec leur autonomisation.  

La majorité des personnes les plus pauvres du monde sont des femmes et le nombre de femmes vivant dans la pauvreté rurale a augmenté de 50 % depuis 1975. Deux-tiers des heures de travail effectuées dans le monde le sont par des femmes et elles produisent la moitié des aliments de la planète, pourtant, elles ne gagnent de 10 % des revenus mondiaux et détiennent moins d’un pour cent des propriétés du globe. Partout dans le monde et dans toutes les cultures, les violences à l’égard des femmes persistent dans des proportions inimaginables et l'accès des femmes à la justice est souvent parsemé d’obstacles discriminatoires, dans les lois comme dans la pratique. Les multiples formes de discrimination fondées sur le sexe et d’autres facteurs, comme la race, l’appartenance ethnique, la caste, les handicaps, le VIH/SIDA, l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle, accentuent les risques de difficultés économiques, d’exclusion et de violence à l'encontre des femmes.

Dans certains pays, les femmes, contrairement aux hommes, ne peuvent se vêtir comme elles le souhaitent, elles ne peuvent conduire ni travailler la nuit, elles ne peuvent hériter de biens ni témoigner devant un tribunal. La plupart des lois expressément discriminatoires touchent à la vie familiale, y compris en limitant le droit des femmes de se marier (ou de ne pas se marier dans le cas de mariages précoces forcés), de divorcer et de se remarier, laissant ainsi la porte ouverte à des pratiques matrimoniales discriminatoires comme la soumission de l'épouse et la polygamie. Les législations qui prônent « l’obéissance de l’épouse » régissent toujours les relations matrimoniales dans de nombreux États.

Les droits humains internationaux interdisent la discrimination fondée sur le sexe et prévoient des garanties pour les hommes et les femmes afin qu’ils bénéficient de la même façon de leurs droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux. Si les mécanismes des droits humains réaffirment les principes de non-discrimination et d’égalité, l’Article 15 (1) de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes (CEDAW) consacre explicitement l’égalité des femmes et des hommes pour les États qui ont ratifié la Convention, et l’Article 2 les engage à « prendre toutes les mesures appropriées, y compris des dispositions législatives, pour modifier ou abroger toute loi, disposition réglementaire, coutume ou pratique qui constitue une discrimination à l’égard des femme ».

Trente ans après l’entrée en vigueur de la Convention, la reconnaissance et la jouissance de droits égaux à ceux des hommes restent hors de portée pour de nombreuses femmes du monde. La CEDAW a bel et bien été ratifiée par 186 États, mais elle détient le record en nombre de réserves vis-à-vis d'articles fondamentaux comme les articles 2 et 6 qui ont trait aux jeunes filles et à la vie personnelle et familiale des femmes.

Même si la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes exige des États qui l’ont ratifiée d’éliminer la discrimination à l’égard des femmes « par tous les moyens appropriés et sans retard », trop d’États conservent systématiquement leurs législations discriminatoires, signe que le rythme de la réforme est trop lent pour les femmes. C’est la raison pour laquelle la 12ème session du Conseil des droits de l’homme a adopté une résolution intitulée « Élimination de la discrimination à l’égard des femmes », demandant au Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme de préparer une étude thématique sur la discrimination de droit et de fait à l’encontre des femmes, sur la façon dont la question est traitée au sein des Nations Unies, en consultation avec toutes les parties prenantes et en particulier la Commission de la Condition de la Femme.  Cette étude thématique sera présentée lors de la 15ème session et examinée pendant une demi-journée afin de déterminer les mesures à prendre ensuite.

Les activités du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme

  • Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes . Le Comité surveille la mise en œuvre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes. La Convention établit, sous une forme juridiquement contraignante, des principes internationaux sur les droits des femmes.

  • Aide au Rapporteur spécial sur la violence contre les femmes . Le Rapporteur spécial, qui est un expert indépendant, publie des rapports annuels sur la violence à l'encontre des femmes, reçoit des appels urgents d’individus et effectue des voyages d’étude dans les pays.

  • Aide au Rapporteur spécial sur la traite des personnes . Conscient que les femmes de toutes les régions du monde continuent d’être victimes de trafiquants à des fins d’exploitation sexuelle ou en tant que main-d’œuvre, le Rapporteur spécial traite de toutes ces violations des droits humains.

  • Poursuite de la lutte contre la discrimination à l’encontre des femmes grâce à son Groupe des droits fondamentaux des femmes et de l’égalité des sexes . Le Groupe renforce les capacités nationales en vue d’éliminer la discrimination fondée sur le sexe grâce à des services de conseils, des recherches et des analyses, de l’aide apportée aux dispositifs intergouvernementaux et d’experts qui traitent de la situation de la discrimination des femmes et des prises de contact avec le Conseil des droits de l’homme et la communauté au sens large pour établir des partenariats, sensibiliser et mobiliser des soutiens pour des mesures contre la discrimination, comme des lois, des politiques et des programmes.

  • En mars 2008, le Groupe des droits fondamentaux des femmes et de l’égalité des sexes a publié un rapport sur les lois à l'origine de discriminations à l’encontre des femmes .

1. Tous ces chiffres proviennent des indicateurs du développement dans le monde de la Banque mondiale.