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Le Sénégal / Education : La qualité doit être assurée puisque les enfants accèdent à l’école, dit l'expert de L'ONU

DAKAR (14 Janvier 2011) – « Le Sénégal a réalisé des avancées importantes en matière d’accès à l’éducation primaire au cours de la dernière décennie, cependant comme de plus en plus d’enfants accèdent finalement aux salles de classe, la qualité de l'enseignement doit être assurée. » A dit le Rapporteur Spécial des Nations Unies sur le Droit à l'Éducation, Kishore Singh, à la fin de sa visite.

« Sans enseignants bien formés et motivés, sans accès aux matériels pédagogiques adéquats et sans aucune possibilité pour enseigner dans des langues maternelles au niveau du primaire, l'impact de l’accroissement des inscriptions dans le cycle primaire sera limité,» a dit le Rapporteur.

De grands défis restent à relever: «le Sénégal a joué un rôle primordial dans la promotion des engagements internationaux pour assurer le droit à l'éducation. Néanmoins, un peu moins de la moitié des Sénégalais sont alphabétisés et un nombre important d’enfants ne sont pas encore scolarisés», a souligné le Rapporteur Spécial de L'ONU partageant certains de ses premiers constats à la conférence de presse à Dakar.


Pendant sa visite au Sénégal, M. Singh a rencontré diverses autorités gouvernementales dans le secteur de l’éducation, il a également rencontré des agences du système de Nations Unies, des ONG, des partenaires techniques et financiers opérant dans le domaine de l’éducation. En outre, il a visité des écoles et daaras aussi bien dans la capitale que dans la zone rurale

Selon lui, «malgré des efforts consentis pour construire de nouvelles écoles, plusieurs infrastructures demeurent inadéquates et les salles de classes sont pour la plupart surchargées avec des effectifs très élevés.» «Dans un tel contexte, le foisonnement d’écoles privés dont certains promoteurs semblent parfois plus préoccupés par le business que par la qualité de l’enseignement apparait comme une préoccupation majeure», a ajouté le rapporteur. Il a poursuivi en affirmant que «Dans le but de préserver l'intérêt public dans le domaine de l’éducation, les autorités ont le devoir de contrôler la conformité de ces écoles privées aux normes et sanctionner le cas échéant les responsables des fraudes.»

Il a aussi affirmé que « la proportion importante du budget de l’Etat alloué ces dernières années à l’éducation démontre l’importance accordée par le Sénégal au droit à l'éducation. Toutefois une attention soutenue est requise pour s’assurer que les ressources sont dépensées dans des domaines bien ciblés et de manière opportune » Le rapporteur a aussi fait remarquer que « l'accroissement de l’investissement dans la protection sociale aiderait à éviter que des enfants marginalisés soient privés de toute éducation ». Le Rapporteur Spécial a aussi appelé à un appui plus important pour le secteur de l’enseignement technique car selon lui « la part de ressources allouées aux établissements techniques et professionnels est maigre, or avec plus d’appui , ces institutions peuvent jouer un rôle important en offrant des opportunités de travail pour beaucoup de Sénégalaises et de Sénégalais."

M. Singh a été informé sur les efforts du Gouvernement pour moderniser les daaras et a exprimé sa préoccupation par rapport à la situation des enfants qui sont exposés à des conditions d’insalubrité et à la mendicité lorsqu’ils fréquentent certains de ces daaras. «Il n'y a aucune excuse pour l'exploitation des enfants. C'est non seulement inacceptable selon les normes internationales des droits de l'homme, mais aussi incompatible avec n’importe quelle religion. Les enfants doivent être protégés et un cadre juridique adéquat doit être mis en place pour assurer que tous les daaras sont conformes aux normes internationales de protection des droits de l’homme.» A-t-il martelé.

Le rapporteur a aussi attiré l’attention sur les difficultés rencontrées par les filles dans les écoles. «Le Sénégal a réalisé la parité garçon /fille au niveau du primaire, mais les filles n'ont pas la même progression que les garçons après. Les mariages forcés, les grossesses précoces, les travaux domestiques, et les abus sexuels perpétrés par certains enseignants sont autant de préoccupations sérieuses qui peuvent contribuer à la déperdition scolaire.» A-t-il souligné. Il a aussi indiqué que des mécanismes de contrôle doivent être établis pour détecter n'importe quelle violence ou abus dans l’environnement scolaire. Selon lui : « les Écoles doivent réellement offrir un environnement sûr d’apprentissage, les élèves et leurs familles doivent avoir accès à un soutien et une réparation à chaque fois que leurs droits sont violés.»

M. Singh a conclu avec un appel aux autorités pour la modernisation du cadre juridique du système d’éducation en rappelant que «L'Éducation est un droit de l’homme fondamental. Les mécanismes de protection doivent être disponibles pour tous les cas de violation. »

Suite à cette visite, le Rapporteur Spécial préparera un rapport qui sera présenté au Conseil des Droits de l'Homme de L'ONU et dans lequel seront consignés ses principaux constats et recommandations pour l'amélioration de la situation du droit à l’éducation.

M.Singh a été nommé Rapporteur Spécial, en août 2010. Titulaire d’un doctorat en droit Internationale de l'Université de Sorbonne à Paris (France), il a travaillé à la Division Droits de l'Homme et Secteur de l’Éducation de l’Organisation des Nations Unies pour l’Education, la Science et la Culture (UNESCO). Kishore Singh fut Conseiller de plusieurs institutions internationales, régionales et nationales sur les aspects du Droit à l'Education et a beaucoup œuvré pour que celui-ci soit reconnu internationalement comme un Droit de l’Homme.

Pour plus d’information sur le travail du Rapporteur Spécial : http://www2.ohchr.org/english/issues/education/rapporteur/index.htm

BCNUDH, Droits de l´homme par pays – Sénégal : http://www.ohchr.org/FR/Countries/AfricaRegion/Pages/SNIndex.aspx

Pour de plus amples informations, contacter Aminata KEBE, Chargée de Programmes, BRAO/HCDH (Tel. : +221 338 69 89 76 / +221 77 612 16 97 / email : akebe@ohchr.org)