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« Un avenir très sombre pour les populations locales dans le nord du Mali », préviennent des experts de l’ONU

GENÈVE (10 Juillet 2012) - Deux Rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont fermement condamné les graves violations des droits culturels et du droit à la liberté de religion et de conviction au Nord Mali, à travers la destruction de sites d'importance religieuse, y compris des mausolées de Tombouctou inscris au patrimoine mondial.

« Ces événements semblent annoncer un avenir très sombre pour les populations locales dans le nord du Mali », a prévenu le Rapporteur spécial des Nations Unies dans le domaine des droits culturels, Farida Shaheed. « La destruction de tombes de saints musulmans de Tombouctou, un patrimoine commun de l'humanité, est une perte pour nous tous, mais pour la population locale, cela signifie aussi la négation de leur identité, leurs croyances, leur histoire et leur dignité ».

« Il est important que tous les acteurs au Mali et la communauté internationale unissent leurs efforts pour assurer le respect et la protection des droits des personnes dans le nord du Mali, en particulier leurs droits culturels et leur droit à la liberté de religion et de conviction », a déclaré Mme Shaheed, qui a également appelé les pays voisins « à lutter contre le trafic illicite des biens culturels en provenance de la région du Nord du Mali ».

Pour le Rapporteur spécial des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction, Heiner Bielefeldt, « les attaques contre des lieux de culte et la profanation de cimetières violent les droits non seulement d’un seul croyant, mais aussi du groupe d'individus formant la communauté attachée à l'endroit en question ». M. Bielefeldt a déclaré que « la destruction des tombes est la privation d'une immense richesse pour les populations locales, tous les Maliens et la communauté mondiale ».

« Les gens et les communautés expriment leur humanité, donnent un sens à leur existence, construisent leur vision du monde et vont à la rencontre de leur environnement à travers leur patrimoine, qu’ils souhaitent légitimement protéger et transmettre aux générations futures » a ajouté l’expert des droits culturels ;

Les deux rapporteurs spéciaux ont exhorté les États à s'assurer que les sites religieux soient pleinement respectés et protégés. Rappelant la résolution 2001 de l'Assemblée générale sur la protection des sites religieux, les experts ont appelé toutes les organisations intergouvernementales et non gouvernementales à contribuer à ces efforts.

Les Rapporteurs spéciaux ont fait écho au procureur général de la Cour pénale internationale (CPI) en invitant les auteurs à arrêter les attaques délibérées contre des sites religieux historiques qui peuvent constituer un crime de guerre. Ils ont également salué la décision du Comité du patrimoine mondial demandant au Directeur général de l'UNESCO de créer un fonds spécial pour aider le Mali dans la conservation de son patrimoine culturel.

Enfin, Mme Shaheed et M. Bielefeldt ont dit avoir reçu des informations selon lesquelles la musique a été déclarée interdite à Tombouctou, Gao et Kidal en Avril 2012. « Cela équivaut à une violation flagrante des libertés culturelles et artistiques », ont-ils soulignés, « et illustre la conception de groupes armés installés dans le nord du Mali qui veulent imposer leur vision du monde sur les populations locales ».

Farida Shaheed a pris ses fonctions en tant qu'expert indépendant dans le domaine des droits culturels en 2009. Elle a travaillé pendant plus de 25 ans à promouvoir et protéger les droits culturels en favorisant des politiques et des projets conçus à travers une approche sensible à la culture pour soutenir les droits des secteurs marginalisés, y compris les femmes, les paysans, et les minorités religieuses et ethniques. Elle a reçu plusieurs prix nationaux et internationaux des droits de l'homme, et est une participante expérimentée dans les négociations menées aux niveaux international, régional et national. Pour en savoir plus, connectez-vous à: http://www2.ohchr.org/english/issues/cultural_rights/index.htm

Heiner Bielefeldt a pris ses fonctions en tant que Rapporteur spécial sur la liberté de religion ou de croyance en 2010. Il est professeur en droits de l'homme et Politiques des droits de l'homme à l'Université d'Erlangen-Nürnberg. De 2003 à 2009, il a été directeur de l’Institution nationale des droits de l'homme allemande. Les thèmes de recherche de M. Bielefeldt comprennent diverses facettes interdisciplinaires de la théorie et la pratique des droits humains, avec un accent sur la liberté de religion ou de conviction. Pour en savoir plus, connectez-vous à: http://www2.ohchr.org/english/issues/religion/

Télécharger le « Résumé du Rapporteur sur la liberté de religion ou de croyance »: http://www2.ohchr.org/english/issues/religion/docs/RapporteursDigestFreedomReligionBelief.pdf

Droits de l'Homme NU, page pays - Mali: http://www.ohchr.org/EN/Countries/AfricaRegion/Pages/MLIndex.aspx

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