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Disparition forcée… pas seulement un crime

(Communiqué commun du Groupe de Travail sur les disparitions forcées ou involontaires et du Comité des Disparitions Forcées à l’occasion de la deuxième journée internationale des personnes disparues – 30 août 2012)

“Je recherche aussi mon petit-fils, qui est né au cours de la disparition forcée de sa mère, un petit garçon qui devrait avoir 33 ans maintenant. Et je ne sais pas où il est. C’est ce qui me pousse à prendre part à la lutte mondiale contre la disparition forcée des personnes ». (La grand-mère d’un disparu)

GENEVE (30 août 2012) – « La disparition forcée n’est pas seulement un crime » ont dit deux organes d’experts des Nations Unies sur la question des disparitions forcées aujourd’hui, à l’occasion de la deuxième journée internationale des Nations Unies pour les personnes disparues. « C’est un acte qui nie l’essence même de l’humanité et qui est contraire aux plus profondes valeurs de toute société ».

« Une telle pratique ne peut pas et ne doit pas être tolérée ou justifiée, qu’elle soit utilisée pour lutter contre le terrorisme, pour lutter contre le crime organisé, ou pour supprimer les exigences légitimes en lien avec des questions comme la démocratie, la liberté d’expression ou la liberté de religion », ont ajouté les experts.

En cette année qui marque le 20e anniversaire de l’adoption de la Déclaration sur la Protection de toutes les Personnes contre les Disparitions Forcées, le Groupe de Travail sur les disparitions forcées ou involontaires et le Comité des Disparitions Forcées rappellent aux Etats la nécessité de continuer à promouvoir et à mettre pleinement en œuvre la Déclaration et la Convention Internationale pour la Protection de toutes les Personnes contre la Disparition Forcée, qui est récemment entrée en vigueur.

« Vingt ans ont passé depuis l’adoption de la Déclaration. Toutefois, la pratique de la disparition forcée est toujours utilisée dans certains pays pour réprimer des individus et pour intimider les personnes qui revendiquent leurs droits », ont observé les experts du Groupe de Travail. Dans d’autres pays, les situations du passé n’ont pas été traitées de façon appropriée. Toutes les familles des personnes disparues, même si ces disparitions ont eu lieu il y a plusieurs décennies, doivent bénéficier du droit à la vérité, du droit à la justice et du droit à la réparation ».

« Nous avons une nouvelle Convention à respecter et à mettre en œuvre. Une Convention à propulser en honorant ceux qui ont disparu et restent pourtant tellement présents, et il y a des vies que nous pouvons encore sauver » ont dit les membres du Comité en rendant hommage aux victimes de disparition forcée et à leurs familles en cette journée de mémoire et d’espoir renouvelé.

« Des millions de cas de disparition forcée restent irrésolus. Derrière chacun de ces cas, il y a une histoire personnelle. Nous ne devons jamais oublier qu’à travers le monde, il y a des mères, des pères, des épouses, des époux, des filles, des fils et des amis qui attendent encore de connaître le sort de leurs proches et le lieux où ils se trouvent.

Cette journée spéciale est dédiée à toutes les victimes de disparition forcée et à ceux qui les soutiennent dans leur lutte pour la vérité et pour la justice. Aujourd’hui, nous renouvelons notre résolution commune de travailler pour l’élimination de cette pratique odieuse et soulignons notre engagement à unir nos forces pour aider les familles à accéder à la vérité. Nous appelons aussi clairement les Etats à s’engager, au cours de cette journée, à éradiquer ce crime et à ratifier la Convention afin d’atteindre sa ratification universelle et ainsi permettre que le droit de ne pas être soumis à la disparition forcée devienne une réalité ».