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L’effet “Malala” Déclaration de la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, à l’occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes (25 novembre)

« La garantie des droits des femmes et des filles, l’élimination des discriminations et la réalisation de l’égalité entre les genres se situent au cœur du système international des droits de l’homme, à commencer par l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l'homme qui stipule clairement que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits...»

Le 9 octobre dernier, 64 ans après que ces célèbres mots aient été écrits, Malala Yousufzai, une jeune fille de 14 ans, était abattue d’une balle dans la tête et dans le cou en rentrant de l’école dans la ville de Mingora, au Pakistan. Cette attaque odieuse par un groupe communément désigné sous le nom de Talibans pakistanais fut suivie d’une déclaration publique dans laquelle ils menacèrent de tuer toute personne ayant une opinion divergente de la leur, femmes et enfants y compris.

« Malala a été prise pour cible en raison de son rôle majeur dans la promotion du droit fondamental des filles à l’éducation et pour avoir critiqué les Talibans pour leurs actions, y compris la destruction d’écoles de filles et les menaces de mort perpétrées contre celles qui les fréquentent. Le fait qu’ils aient justement tenté de la tuer met clairement en évidence l’intolérance extrême et le danger physique auxquels sont confrontées de nombreuses filles qui tentent d’exercer leur droit humain fondamental à l’éducation dans beaucoup d’autres pays.

« La triste réalité est que le cas de Malala n’a rien d’exceptionnel. Si elle n’avait pas été si connue, la tentative d’assassinat à son encontre serait passée plus ou moins inaperçue. En dépit des avancées sur les droits des femmes dans le monde, la violence contre les filles et les femmes demeure l’un des abus des droits de l’homme les plus fréquents – et les atteintes portées à leur droit fondamental à l’éducation persistent dans de nombreux pays. Bien souvent, comme dans le cas de Malala, les deux phénomènes sont étroitement liés.

« En Afghanistan, pays voisin du Pakistan, par exemple, la situation persiste de manière chronique pendant la majeure partie des trente dernières années. Au cours des conflits en constante évolution qui ont touché le pays – conflits se chevauchant souvent les uns les autres -, l’éducation des jeunes filles a été presque totalement interrompue. Depuis que les Talibans ont été chassés du pouvoir en 2001, ils sont repris leur tactique de guérilla qui incluent – par principe – des attaques contre des filles et des femmes, tout particulièrement en relation avec leurs tentatives de recevoir une éducation.

« Au cours des six premiers mois de l’année, la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (UNAMA) a comptabilisé 34 attaques contre des écoles, dont des cas d’incendies de bâtiments scolaires, de meurtres ciblés et d’intimidations d’enseignants et de représentants d’écoles, d’attaques armées contre des écoles, d’occupations d’écoles et de fermetures d’écoles de filles en particulier. Chose incroyable, il y a eu au moins trois tentatives séparées d’empoisonner des filles dans leurs écoles cette année en Afghanistan, plus d’une centaine d’entre elles ayant été affectées à chaque reprise.

« Le risque de violence contre les filles sur le chemin de l’école dissuade bon nombre d’entre elles de s’y rendre – et cela pas uniquement en Afghanistan et au Pakistan. Des enquêtes réalisées auprès des ménages identifient la distance comme l’un des facteurs essentiels intervenant dans la décision des parents de ne pas envoyer leurs filles à l’école, les préoccupations sécuritaires figurant parmi les principales raisons.

« On estime que l’éducation – en particulier mais pas exclusivement celle des filles – a été l’objet d’attaques délibérées dans plus de 30 pays pour des raisons religieuses, sectaires, politiques ou idéologiques.

« Aucun continent n’est à l’abri de telles pratiques. Malheureusement les attaques contre l’éducation ont lieu partout dans le monde, en Afrique, au Moyen-Orient, en Europe et en Amérique latine, et les filles sont souvent touchées de manière disproportionnée, soit directement, soit parce que leurs parents craignent pour leur sécurité, s’inquiètent des violences sexuelles ou simplement parce que – du fait de valeurs traditionnelles ou du manque d’éducation lui-même -, ils accordent moins de valeur à l’éducation de leur filles qu’à celle de leurs garçons.

« Le courage dont Malala a fait preuve en se confrontant à de telles pratiques a touché une corde sensible à travers le monde entier. Son attaque a suscité un élan de colère et d’importantes protestations en faveur de l’éducation des filles, au Pakistan et dans un certain nombre de pays de la région. Présidents, hommes politiques, célébrités et autres faiseurs d’opinion, ainsi que tant d’autres citoyens ordinaires à travers le globe, ont été profondément touchés par cette attaque grotesque et par le spectre de cette courageuse petite fille luttant pour reste en vie à l’hôpital. D’importantes initiatives au Pakistan et dans le monde ont été lancées en son nom.

« Mais, si l’on veut véritablement rendre justice à Malala et à sa cause, nous devrions faire plus encore. Son sacrifice ne doit pas être le centre d’une attention éphémère qui s’évanouira après six semaines ou six mois. Nous devons maintenir et renforcer l’élan qu’elle a suscité et défendre le droit de chaque fille à l’éducation.

« Malala a été attaquée parce qu’elle est une fille et elle a été attaquée pas simplement parce qu’elle souhaitait recevoir une éducation, mais parce qu’elle militait pour que toutes les filles puissent exercer leur droit à l’éducation, comme énoncé dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Malala et toutes les filles méritent de mener une vie à l’abri de la violence et je lui souhaite un prompt et complet rétablissement. »

FIN

* La Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes est célébrée chaque année le 25 novembre, marquant ainsi le lancement des 16 jours d'activisme sur ce sujet pour mener à la Journée des droits de l'homme le 10 décembre, jour de l’adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme en 1948. Cette année, le thème de la Journée des droits de l'homme est « Inclusion et le droit de participer à la vie publique ».

Pour plus d’informations:
Rupert Colville: +41 79 506 1088 / rcolville@ohchr.org
Cécile Pouilly: +41 22 917 9310 / cpouilly@ohchr.org

Pour en savoir plus le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme : http://www.ohchr.org/FR/Pages/WelcomePage.aspx

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