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Navi Pillay salue le début du procès pour génocide au Guatemala

GENEVE (18 mars 2013) - La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, s’est félicitée lundi du procès sans précédent de l’ancien chef d’Etat et de l’ancien chef des renseignements du Guatemala qui devrait débuter le 19 mars. Elle a exhorté les autorités à « prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir que les juges, procureurs, avocats et autres personnes impliquées soient protégées contre les actes d’intimidation et les représailles. »

Le procès de l’ancien chef d’Etat guatémaltèque Efraín Ríos Montt et de l’ancien chef des renseignements José Mauricio Rodríguez Sánchez pour génocide et crimes contre l’humanité doit débuter mardi, après le rejet par la Cour constitutionnelle d’une requête (recurso de amparo) déposée par les avocats chargés de défendre Ríos Montt, sur la base de la loi d’amnistie de 1986.

« Je me félicite du début de ce procès historique. J’espère qu’il sera le signal de l’avènement d’une justice si longtemps attendue par les milliers de victimes des graves violations des droits de l’homme et des crimes contre l’humanité commis au cours des 36 années de conflit meurtrier au Guatemala », a déclaré Navi Pillay. « Je salue également la décision prise par la Cour constitutionnelle – le génocide et les crimes contre l’humanité ne devraient jamais être couverts par des amnisties. Avec les crimes de guerre, il s’agit des crimes les plus graves que connaisse l’humanité. »

« C’est la première fois dans le monde qu’un ancien chef d’Etat est jugé pour génocide par un tribunal national », a-t-elle dit. « Jusque tout récemment, personne ne pensait qu’un tel procès pourrait avoir lieu au Guatemala. Le fait que cela se produise, 30 ans après que les crimes reprochés aient été commis, devrait être un signe encourageant pour les victimes de violations des droits de l’homme partout dans le monde. »

La Haut-Commissaire a aussi rappelé aux autorités la responsabilité qui leur incombe de garantir un procès équitable et indépendant.

« Le principe de l’indépendance du judiciaire suppose que les juges soient protégés d’influences indues, d’incitations financières, de menaces ou d’interférences, afin de garantir le bon fonctionnement de la justice, dans une impartialité et une transparence totales et au terme d’une procédure équitable », a déclaré la Haut-Commissaire.

Constatant la vague récente d’actes d’intimidation et d’attaques contre des journalistes, des membres du personnel judiciaire et des défenseurs des droits de l’homme, et notamment le meurtre en février d’un avocat travaillant sur des affaires de corruption, la Haut-Commissaire a exhorté les autorités à « prendre toutes les mesures nécessaires pour s’assurer que les juges, les procureurs, les avocats et autres personnes impliquées puissent exercer leurs fonctions, sans craindre pour leur vie, leur intégrité, leur sécurité, ou celles de leurs familles. La protection de toutes les personnes impliquées dans cette affaire cruciale est essentielle pour que l’état de droit soit respecté et que la vérité et la justice prévalent au Guatemala. »

FIN

Pour toute information ou demande d’interview, prière de contacter Rupert Colville (+41 22 917 9767 / rcolville@ohchr.org) ou Cécile Pouilly (+ 41 22 917 9310 / cpouilly@ohchr.org)
Pour en savoir plus le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme : http://www.ohchr.org/FR/Pages/WelcomePage.aspx

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