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Navi Pillay: 20 ans après une avancée historique en matière de droits de l’homme, il reste beaucoup à faire

VIENNE (27 juin 2013) – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay, a déclaré jeudi que des avancées significatives avaient eu lieu depuis l’adoption d’un document historique en matière de droits de l’homme il y a 20 ans, mais que de nombreux revers étaient aussi survenus. « Le magnifique édifice n’est encore qu’à moitié érigé », a-t-elle ajouté.

Navi Pillay, qui ouvrait la « Conférence Vienne +20 » prévue pendant deux jours dans la capitale autrichienne, a déclaré que la Déclaration et le Programme d’action de Vienne (DPAV), adoptés par consensus lors de la Conférence mondiale sur les droits de l’homme en juin 1993, était « le plus important document en matière de droits de l’homme du dernier quart de siècle et l’un des plus puissants documents en matière de droits de l’homme des cent dernières années. »

Elle a souligné que la DPAV « avait cristallisé le principe en vertu duquel les droits de l‘homme sont universels, indivisibles, interdépendants et liés entre eux, et avait fermement ancré la notion d’universalité en engageant les Etats, “quel qu'en soit le système politique, économique et culturel”, à promouvoir et protéger tous les droits de l’homme de toutes les personnes. »

La Conférence de Vienne de 1993 a conduit à des « avancées historiques dans de nombreux domaines cruciaux », a indiqué Navi Pillay. Cette conférence a aussi créé le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme que Mme Pillay dirige aujourd’hui (et dont le vingtième anniversaire sera célébré à partir du mois de septembre).

« De nombreux progrès ont été accomplis au cours des deux dernières décennies, grâce à la voie tracée par Vienne », a déclaré la Haut-Commissaire devant plus de 500 diplomates, membres de la société civile, universitaires et experts des droits de l’homme réunis pour participer aux célébrations du vingtième anniversaire organisées par le Gouvernement autrichien.

« Nous pouvons vraiment célébrer plusieurs accords importants et historiques, notamment sur la première Cour pénale internationale de l’histoire – dont l’établissement reçut une impulsion considérable à Vienne – et sur de nouveaux mécanismes destinés à promouvoir et protéger les droits des femmes, des minorités, des travailleurs migrants et de leurs familles, et d’autres groupes encore. Vienne a ouvert la porte à des mécanismes onusiens de défense de droits de l’homme plus forts, y compris à l’augmentation du nombre de procédures spéciales. » A ce jour, 48 procédures spéciales couvrent l’ensemble des droits de l’homme, a-t-elle remarqué. Vienne a aussi grandement renforcé le système de comités d’experts, aussi connus sous le nom d’organes de traités. Ces derniers sont chargés d’aider les Etats à remplir les obligations internationales qui leur incombent en vertu des traités internationaux relatifs aux droits de l’homme. Vienne a aussi beaucoup renforcé l’important système d’institutions nationales des droits de l’homme qui existe aujourd’hui dans 103 pays.

La Haut-Commissaire a toutefois prévenu que la tâche était loin d’être achevée. « Nous devons admettre que, dans de nombreux domaines, nous avons échoué à continuer à construire sur les fondations établies par la DPAV. La promesse et source d’inspiration qui ouvre la Déclaration universelle – que tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits – n’est encore qu’un rêve pour de trop nombreuses personnes », a-t-elle déclaré.

« Il y a vingt ans de cela, des tireurs embusqués tiraient sur des enfants dans les rues de Sarajevo », a déclaré la Haut-Commissaire, tout en soulignant que la guerre en Bosnie-Herzégovine avait eu lieu à « moins d’une journée de route des salles de réunion où se déroulait la conférence mondiale. »

« Aujourd’hui, à une distance à peine plus grande, des enfants, des femmes et des hommes syriens hurlent de douleur et nous supplient de leur venir en aide », a poursuivi la Haut-Commissaire. « Une fois encore, nous ne sommes pas à la hauteur – comme cela a déjà été le cas lors d’une succession d’autres terribles conflits comme l’Afghanistan, la Somalie, le Rwanda, la République démocratique du Congo et l’Iraq – pour n’en citer que quelques-uns. »

« A maintes reprises, la communauté internationale a promis de protéger les civils des massacres et des violations massives des droits de l’homme. Pourtant, au moment même où je vous parle, des femmes sont en train de se faire enlever et violer, des hôpitaux d’être pris pour cible tandis que des bombardements indiscriminés et des massacres délibérés entachent le sol du sang d’innocents », a déclaré Navi Pillay.

« Tout ceci est intolérable, mais continue pourtant à se produire. Les progrès réalisés sur la voir tracée à Vienne il y a 20 ans ont été marqués à la fois par des revers constants et par de nombreux accomplissements. Certaines promesses n’ont été qu’à moitié remplies – par exemple dans le domaine de la justice internationale, où nous avons une cour internationale, qui est certes saisie de certaines situations nécessitant son attention mais pas d’autres situations, comme la Syrie. Il y a 20 ans, il n’y avait eu aucune cour internationale depuis Nuremberg. »

« Nous ne sommes pas ici pour célébrer l’histoire », a dit la Haut-Commissaire. « Nous sommes ici pour parler du plan d’un magnifique édifice qui n’est encore qu’à moitié érigé. Il est essentiel que nous percevions la DPAV comme un document vivant qui peut et doit continuer à guider nos actions et nos buts. Les droits de l’homme ne sont toujours pas universellement disponibles ni considérés comme indivisibles et liés entre eux, en dépit de notre promesse que cela soit le cas. Les Etats continuent à avancer des arguments sur la relativité culturelle. Les femmes, les minorités, les migrants sont toujours victimes de discriminations et d’abus. Le droit au développement n’est toujours pas accepté par tous. Le pouvoir continue à corrompre et les dirigeants sont toujours prêts à sacrifier leurs peuples pour le conserver. »

Navi Pillay a déclaré qu’une autre réalisation majeure de Vienne avait été de donner une forte impulsion aux organisations de la société civile et aux défenseurs de droits de l’homme (elle représentait elle-même une ONG de défense du droit des femmes lors de la conférence de 1993). Ces organisations « se sont développées à un point difficilement imaginable à l’époque, en particulier à l’échelon national », a-t-elle déclaré. « Elles sont toutefois aussi confrontées, en 2013, à des défis sans précédent, notamment à des lois restrictives et à des représailles. »

« Nous devons faire tout notre possible pour ranimer l’esprit de la Déclaration de Vienne et ré-apprendre ses enseignements », a conclu la Haut-Commissaire. « Nous devons à nouveau nous recentrer sur son objectif, qui est étonnamment limpide, mais que nous avions à peine osé espérer atteindre. La Déclaration a réaffirmé la dignité et les droits de tous, et elle nous a montré comment y parvenir. Elle a cristallisé les concepts d’universalité et d’impartialité en matière de justice. Elle nous a montré le chemin à prendre et, dans une certaine mesure, nous l’avons suivi. Malheureusement, et de manière répréhensible, nous continuons trop souvent à nous en éloigner. »

FIN

Pour accéder au discours de la Haut-Commissaire, prière de cliquer ici (en anglais):http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=13488&LangID=E

La Déclaration et le Programme d’action de Vienne de 1993 sont disponibles ici (en anglais): http://www.ohchr.org/EN/ProfessionalInterest/Pages/Vienna.aspx

Pour en savoir plus sur la Conférence de 1993 et le vingtième anniversaire, prière de cliquer ici (en anglais): http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/OHCHR20/Pages/20AnniversaryOHCHR.aspx

Pour plus d’informations, veuillez contacter Rupert Colville: +41 79 506 1088 / rcolville@ohchr.org; Liz Throssell (+ 41 22 917 9434 / ethrossell@ohchr.org) ou Cécile Pouilly: +41 22 917 9310 / cpouilly@ohchr.org

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