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Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes procéde à des auditions sur la Géorgie, la Lituanie et le Swaziland

Comité pour l'élimination de la discrimination
  à l'égard des femmes

7 juillet 2014

APRÈS-MIDI

Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes a auditionné cet après-midi des organisations non gouvernementales et une institution nationale des droits de l'homme au sujet de la mise en œuvre de la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes dans trois des quatre pays dont les rapports doivent être examinés cette semaine: Géorgie, Lituanie et Swaziland.
 
En ce qui concerne la Géorgie, des préoccupations ont été exprimées au sujet de la situation de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenres, des questions relatives à l'avortement, de la discrimination et de la stigmatisation dont sont victimes les femmes toxicomanes, ou encore des châtiments corporels contre les enfants.  En dépit d'évolutions positives, d'importants problèmes demeurent qui entravent la pleine participation des femmes dans la vie publique et privée: violence à l'égard des femmes, participation politique, droit au travail et mariage précoce, a pour sa part indiqué le Médiateur adjoint de la Géorgie.
 
Des organisations non gouvernementales ont salué les efforts déployés par la Lituanie pour mettre en œuvre les recommandations qui lui avaient été adressées par le Comité.  Des problèmes subsistent néanmoins en ce qui concerne, entre autres, les mesures spéciales, la violence à l'égard des femmes ou encore les questions de santé génésique et la nécessité de prendre des mesures pour assurer qu'il n'y a pas de discrimination dans l'emploi, a-t-il été souligné.
 
L'attention a par ailleurs été attirée sur les problèmes qui se posent au Swaziland en matière de transposition de la Convention dans l'ordre juridique interne, de pratiques culturelles néfastes, de représentation politique des femmes, de droit foncier ou encore de questions de nationalité. 
 
Le Médiateur adjoint de la Géorgie et les représentants des organisations non gouvernementales suivantes ont fait des déclarations: s'agissant de la Géorgie, Union Sapari, Association Hera XXI, Réseau géorgien de réduction des risques et Centre d'information des femmes; s'agissant de la Lituanie, le Fonds pour l'innovation sociale et le Centre pour la promotion de l'égalité; et s'agissant du Swaziland: le Swaziland Young Women's Network et le Gender Consortium.
 
 
Le Comité pour l'élimination de la discrimination à l'égard des femmes examinera demain le rapport de la Géorgie (CEDAW/C/GEO/4-5).

Échange de vues avec les experts
 
S'agissant de la Géorgie
 
L'Union Sapari a attiré l'attention sur les droits des femmes au travail et la situation de la communauté lesbienne, gay, bisexuelle et transgenres en Géorgie.  Elle a aussi dénoncé une féminisation de la pauvreté dans ce pays.  Si le harcèlement sexuel est incriminé dans la loi, aucune sanction n'est prononcée en la matière, a-t-elle ajouté.  Les défenseurs des droits des LGBT en Géorgie travaillent dans un environnement hostile, a-t-elle en outre souligné.
 
L'Association Hera XXI a déploré le manque de programme éducatif concernant la santé génésique dans les écoles géorgiennes.  L'avortement est certes autorisé et légal dans le pays, mais des mesures ont été prises pour rendre l'accès à l'avortement plus difficile, a fait observer l'organisation, avant de dénoncer la pratique de l'avortement sélectif (en fonction du sexe de l'enfant à naître).
 
Le Réseau géorgien de réduction des risques a attiré l'attention sur la discrimination et la stigmatisation dont sont victimes les femmes toxicomanes en Géorgie, qui sont considérées comme des «pestiférées».  Nombre d'entre elles subissent des violences et ce, dans une proportion supérieure à la moyenne des femmes dans le pays.
 
Le Centre d'information des femmes a salué la volonté du Gouvernement de mettre en œuvre une politique sexospécifique; néanmoins, les fonctions de chacun dans ce contexte ne sont pas clairement définies, a fait observer l'organisation, avant de déplorer l'inexistence de toute réglementation pour des quotas de femmes sur les listes électorales ainsi que la faible participation de femmes aux négociations ou autres processus de paix en Géorgie.
 
Le Médiateur adjoint de la Géorgie, M. Paata Beltadze, a souligné que le Parlement géorgien avait adopté la loi sur l'élimination de toutes les formes de discrimination en mai 2014.  Le rôle clef que jouera le Médiateur s'agissant de cette loi facilitera la lutte contre la discrimination, a-t-il fait valoir.  En dépit de ces développements positifs, d'importants problèmes demeurent qui entravent la pleine participation des femmes dans la vie publique et privée: violence à l'égard des femmes, participation politique, droit au travail et mariages précoces et forcés, a indiqué le Médiateur adjoint, s'inquiétant notamment de la croissance alarmante des féminicides dans le pays.  Le Médiateur adjoint a attiré l'attention sur la faible participation des femmes à la vie politique géorgienne, faisant observer que la part des femmes n'est que de 11% au Parlement, 21% au Conseil des ministres et 10% dans les organes de gouvernance locale.
 
Un membre du Comité s'étant enquis des ressources dont disposera le Médiateur de la Géorgie, le Médiateur adjoint a indiqué que l'accord préliminaire avec le Ministère des finances du pays n'est pas encore finalisé.
 
En réponse à d'autres questions, une organisation non gouvernementale a souligné qu'outre les mariages précoces, beaucoup d'enfants mendient dans les rues en Géorgie; un autre problème dans ce pays a trait aux châtiments corporels, considérés comme traditionnels et acceptables, a ajouté cette ONG.
 
S'agissant de la Lituanie
 
Le Fonds pour l'innovation sociale a salué les efforts déployés par la Lituanie pour mettre en œuvre les recommandations qui lui avaient été adressées par le Comité.  Mais le pays se heurte encore à de nombreux problèmes pour assurer la parité de facto, a fait observer l'organisation, déplorant que le service chargé de la parité au sein du Gouvernement ait été dissout en 2010 avant d'être remis sur pied en 2012 grâce à de fortes pressions de la société civile en ce sens.  L'ONG a insisté sur la nécessité pour le pays d'amender la législation afin d'interdire spécifiquement toutes formes de discrimination dans l'emploi, tant dans le secteur public que dans le secteur privé.  Les questions de disparité semblent avoir disparu des politiques suivies en matière d'emploi, a regretté l'organisation.
 
Le Centre pour la promotion de l'égalité a lui aussi salué les efforts déployés par la Lituanie pour mettre en œuvre les recommandations qui lui avaient été adressées par le Comité.  Subsistent néanmoins des problèmes en ce qui concerne, entre autres, les mesures spéciales, la violence à l'égard des femmes ou encore les questions de santé génésique.  L'ONG a dénoncé la tendance dangereuse en Lituanie à considérer l'égalité entre hommes et femmes comme relevant du passé; il semble que le pays ne juge pas nécessaire de combattre les stéréotypes patriarcaux qui persistent dans le pays.  La violence sexuelle à l'égard des femmes reste alarmante, a poursuivi l'organisation, faisant observer que la Lituanie est l'un des six pays européens dont la législation ne répond pas aux normes minima dans ce domaine.  La Lituanie a-t-elle l'intention, dans ce contexte, d'intégrer la violence sexiste dans la législation nationale, a demandé l'ONG?
 
S'agissant du Swaziland
 
Le Swaziland Young Women's Network a notamment attiré l'attention sur les problèmes qui se posent au Swaziland en matière de transposition de la Convention dans l'ordre juridique interne, de pratiques culturelles néfastes, de représentation politique des femmes, ou encore de questions de nationalité.  En vertu du droit coutumier, les mineurs sont encore considérés comme nécessitant de recevoir des châtiments corporels, a fait observer l'organisation.
 
Le Gender Consortium a notamment dénoncé le manque de financements et de soutiens en faveur des femmes au Swaziland.  L'ONG a en outre déploré le manque de volonté politique constaté pour promouvoir la participation des femmes lors des dernières élections. 
 
En réponse à une question, une ONG a fait observer que si la législation du Swaziland tente d'établir l'égalité entre les sexes, des lacunes subsistent en la matière, notamment pour ce qui est du droit foncier.  Une autre ONG a répondu à une experte du Comité que la Commission nationale des droits de l'homme du Swaziland fonctionne mais ne bénéficie pas d'une législation habilitante qui définisse clairement son mandat.
 
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 Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel