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Le Conseil des droits de l'homme entend plusieurs ministres dans le cadre de son débat de haut niveau

Conseil des droits de l'homme
APRES MIDI

3 mars 2015

Il entend les dignitaires de trente pays et organisations internationales, parmi lesquels 16 ministres

Le Conseil des droits de l'homme a repris, cet après-midi, son débat de haut niveau par lequel il entame les travaux de sa principale session de 2015.  Il a notamment entendu 16 ministres et plusieurs autres hauts dignitaires de pays et d'institutions intergouvernementales.

Le Conseil a ainsi entendu cet après-midi les Ministres des affaires étrangères de l'Allemagne, de l'Algérie, de l'Autriche, du Cameroun, de la République tchèque, de l'Arménie, de la Pologne, du Venezuela, de la République populaire démocratique de Corée, du Liban, de l'Afrique du Sud, du Népal, du Danemark et de l'Ouganda, ainsi que les Ministres de la justice du Nigéria et de la Namibie.  Ont également pris la parole une Ministre déléguée auprès du Ministre des affaires étrangères du Maroc, les Vice-Ministres des affaires étrangères d'El Salvador, du Viet Nam, de la République de Corée et de la Bolivie, des Secrétaires d'État aux affaires étrangères de l'Espagne, de la Finlande, de la Serbie et du Monténégro, des Sous-Secrétaires d'État aux affaires étrangères de la Pologne et de Bahreïn, la Commissaire aux droits de l'homme, à l'action humanitaire et à la société civile de la Mauritanie, la Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et les Secrétaires généraux de l'Organisation de la coopération islamique et du Commonwealth.

Des intervenants ont mis en avant les progrès réalisés par leur pays en matière de droits de l'homme et ont assuré le Conseil de leur volonté d'œuvrer avec lui pour défendre et promouvoir ces droits pour tous, quels que soient les défis, lesquels sont nombreux: extension du terrorisme ou de l'intolérance religieuse, augmentation des discours de haine, limitations à la liberté d'expression, déplacements forcés en raison du changement climatique, entre autres. 

De nombreux dignitaires ont abordé les atteintes aux droits de l'homme résultant du terrorisme.  Face à ce que le ministre danois a appelé «la brutalité insensée des attaques terroristes» les États membres du Conseil doivent demeurer fermes dans leur détermination à protéger et défendre les valeurs de sociétés ouvertes, a insisté le ministre autrichien.  Plusieurs intervenants ont ainsi appelé à lutter clairement et sans équivoque contre les groupes terroristes tels que l'«l'État islamique» ou Boko Haram, que le ministre allemand a accusé de n'avoir «aucune idée des concepts de base de la dignité humaine».  À cet égard, le ministre danois a estimé que les Nations Unies représentaient la meilleure chance de la communauté internationale de guider l'humanité vers un avenir meilleur, et que la force du Conseil résidait dans sa composition, qui reflète le «paysage politique mondial», y compris les désaccords qui le traversent, mais peut aussi être la scène où le monde entier se réunit pour trouver des solutions.

Le respect des droits de l'homme ne découle pas uniquement de l'engagement des États pour la dignité de l'être humain, mais constitue aussi une manière très directe et concrète de prévenir les conflits, a estimé le Ministre allemand des affaires étrangères, qui a par ailleurs estimé que le Conseil ne travaille pas seul puisque certains des problèmes qu'il traite concernent aussi le Conseil de sécurité ou la Cour pénale internationale.  Son homologue de l'Algérie a quant à lui estimé que l'une des manières d'assurer la protection des droits de l'homme, notamment ceux des populations civiles, consistait à contribuer au règlement pacifique des conflits.  Le Secrétaire d'État à l'intégration européenne du Monténégro, a dit n'avoir aucun doute quant au fait que toutes les nations se devaient de privilégier les efforts diplomatiques afin de mettre un terme aux conflits de par le monde. 

Plusieurs de ces conflits et crises ont été évoqués par les intervenants: outre le terrorisme, ils ont ainsi abordé les situations en Ukraine – notamment en Crimée -, en Syrie, en Palestine et en République populaire démocratique de Corée, autre autres.

Certains dignitaires ont accusé le Conseil de politisation, de sélectivité et de recourir à la pratique du «deux poids, deux mesures», au risque de voir les Nations Unies se transformer en un théâtre permettant à certains États de tourmenter les pays qui leur résistent.  Des appels ont donc été lancés pour que le Conseil exécute son mandat comme un arbitre crédible, instaure davantage de transparence et d'impartialité dans ses travaux afin d'y éviter la politisation et la confrontation qui dominent encore certains débats, et pour qu'il équilibre tous les droits de l'homme, tant civils et politiques qu'économiques et sociaux, y compris le droit au développement.

En fin de séance, les délégations de la Turquie, de la Fédération de Russie, du Japon, de l'Azerbaïdjan, de la République populaire démocratique de Corée, du Qatar, de la République de Corée, de Bahreïn et du Myanmar ont exercé leur droit de réponse s'agissant de déclarations faites au cours de la journée.

 

Le Conseil des droits de l'homme poursuivra son débat ministériel demain matin à 9 heures.

 

Suite du débat de haut niveau

M. FRANZ-WALTER STEINMEIER, Ministre des affaires étrangères de l'Allemagne, a souligné que, dans un contexte international marqué par un nombre sans précédent de conflits et les crises en Iraq, en Syrie, en Afrique ou en Ukraine – entre autres –, le respect des droits de l'homme ne découle pas uniquement de l'engagement des États pour la dignité de l'être humain, comme le réclame la Déclaration universelle des droits de l'homme: ce respect est aussi une manière très directe et concrète de prévenir les conflits.  Les régimes autoritaires insistent souvent sur la nécessité de stabilité, même au prix des droits de l'homme.  Mais la stabilité ne doit pas signifier immobilisme ni mépris des droits de l'homme, a souligné M. Steinmeier: les sociétés doivent en effet pouvoir s'adapter en permanente au changement, y compris dans leur gouvernance.  Et la stabilité sans les droits de l'homme est par nature très fragile, a observé le ministre allemand.  La paix, la sécurité et les droits de l'homme étant interdépendants, il faut continuer de renforcer le lien entre les différentes composantes des Nations Unies.  Le Conseil des droits de l'homme ne travaille pas seul: certains problèmes qu'il traite concernent aussi le Conseil de sécurité ou la Cour pénale internationale.  C'est pourquoi le ministre s'est félicité des efforts du Haut-Commissaire et du Président du Conseil pour approfondir leurs relations avec d'autres institutions des Nations Unies. 

Le Ministre allemand des affaires étrangères a affirmé que la lutte contre les groupes armés qui, tels Boko Haram ou Daech, n'ont aucune idée des concepts de base de la dignité humaine, exige des mesures claires et univoques, y compris militaires.  Mais l'existence même de ces mouvements en plein XXIe siècle doit aussi faire réfléchir la communauté internationale et la pousser à traiter les causes de l'extrémisme.  Le renforcement du respect des droits de l'homme de tout un chacun est au cœur de cette démarche, a dit M. Steinmeier.  Le ministre a enfin salué le rôle de la société civile dans la protection des droits de l'homme et dans la promotion de la paix.

M. RAMTANE LAMAMRA, Ministre de affaires étrangères de l'Algérie, a déclaré que l'une des manières d'assurer la protection des droits de l'homme, notamment ceux des populations civiles, est de contribuer au règlement pacifique des conflits.  Dans cette optique, l'Algérie s'est investie depuis juillet 2014 dans une médiation à la demande des parties maliennes.  Cette médiation vient de franchir une étape décisive avec le paraphe, le 1er mars dernier, d'un accord pour la paix et la réconciliation.  Il reste que les populations du Sahel sont la cible de violences armées à l'instigation de groupes terroristes et de bandes criminelles, notamment Boko Haram.  Face à la crise libyenne, l'Algérie s'emploie, avec le concours d'autres intervenants, à leur tête les Nations Unies, à rapprocher les points de vue entre les différentes parties dans la perspective d'une solution politique.

La question palestinienne reste au cœur de l'actualité internationale, a constaté M. Lamamra.  L'agression contre la population civile de Gaza, la destruction ciblée des installations des Nations Unies démontrent la triste actualité de cette crise.  Le peuple palestinien et ses dirigeants continuent de croire au triomphe du droit sur la force en vue de recouvrer leurs droits inaliénables et l'établissement de leur État avec Jérusalem-Est pour capitale.  Comme la négation du droit produit partout des effets similaires, a remarqué le ministre algérien, la situation dans le territoire du Sahara occidental, où le Front Polisario, qui s'est inscrit dans la dynamique du règlement pacifique parrainée par les Nations Unies, se heurte aussi au déni du droit à l'autodétermination d'un peuple dont la résistance dure depuis quarante ans.  Le ministre a demandé que le Haut-Commissariat aux droits de l'homme mette en place un mécanisme de surveillance indépendant de la situation des droits de l'homme au Sahara occidental.

M. SEBASTIAN KURZ, Ministre de l'intégration et des affaires européennes et internationales de l'Autriche, a assuré le Conseil des droits de l'homme et le Haut-Commissaire aux droits de l'homme du plein soutien de l'Autriche à leur action en tant qu'acteurs majeurs de la promotion et de la protection des droits de l'homme dans le monde.  Cette action est indispensable à la notion que nous avons tous que les droits de chaque femme, de chaque homme et de chaque enfant sont indivisibles et universels.  Mais cette notion est elle-même plus menacée que jamais, a mis en garde M. Kurz.  En témoignent les crimes brutaux commis par Daech en Syrie et en Iraq contre les civils et les membres de minorités religieuses et ethniques.  Il importe donc que les États membres du Conseil demeurent fermes dans leur détermination à protéger et défendre les valeurs de sociétés ouvertes, a insisté le ministre autrichien.  M. Kurz a constaté que les temps sont très durs pour les minorités du monde entier, et pas uniquement en Iraq ou Syrie.  L'Autriche est très préoccupée par les informations faisant état d'actes de discrimination contre les membres des minorités de la Crimée annexée illégalement par la Russie.  L'Autriche est donc très reconnaissante aux Nations Unies de la mission de surveillance qu'elles ont déployée dans cette région. 

Le ministre a ajouté que les femmes et les enfants paient toujours le prix fort dans les situations de conflit.  Les femmes et les enfants sont ainsi systématiquement victimes d'enlèvements, de violences sexuelles et d'esclavage, de l'Iraq au Nigéria en passant par la Syrie.  L'Autriche a organisé, dans l'esprit de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, un débat sur la manière d'améliorer la place des femmes dans la paix et la sécurité.  Enfin, M. Kurz a estimé que face aux attaques terroristes dans les villes européennes et contre des journalistes, une seule réponse s'impose: davantage de droits de l'homme, et non moins de droits de l'homme.

M. PIERRE MOUKOKO MBONJO, Ministre des relations extérieures du Cameroun, a rappelé que son pays est victime des attaques du «groupe terroriste djihadiste» Boko Haram, dont les agissements constituent des violations massives de droits de l'homme et une atteinte inqualifiable au droit international humanitaire.  Ces attaques sont allées crescendo, commençant par des incursions, suivies de prises d'otages, d'attaques espacées avant de s'intensifier.  Puis passant d'une guerre asymétrique à une guerre conventionnelle, impliquant des armements lourds et de plus en plus sophistiqués, notamment des chars, des lance-roquettes et des mines antipersonnel, mobilisant par ailleurs de milliers de jeunes fanatisés.  Cette situation fait passer le Cameroun de cible collatérale à cible prioritaire, a expliqué le ministre.  Les conséquences de cette situation sont aussi un afflux massif de réfugiés nigérians, estimés aujourd'hui à 50 000 personnes dans le camp de Minanao, ainsi que des déplacés de l'intérieur.

Pour répondre à cette menace, le Cameroun a déclaré la guerre à cette «nébuleuse», avec le déploiement de 6000 hommes dans la région concernée pour protéger les populations civiles.  Il a également pris des dispositions législatives pour prévenir et éradiquer le terrorisme.  Il a également lancé un appel à la mobilisation internationale pour lutter contre ce terrorisme transfrontalier.  Dans ce contexte, le ministre a remercié le Tchad, qui a déployé 2500 hommes pour soutenir le Cameroun dans le combat contre Boko Haram.  Il a également indiqué que son pays apprécie la décision de la 24ème réunion des Chefs d'États et de gouvernements de l'Union africaine qui a autorisé le déploiement, pour un mandat initial d'un an, d'une force militaire conjointe, avec un poste de commandement à Ndjamena, capitale du Tchad.  M. Moukoko Mbonjo a ensuite alerté le Conseil sur la situation humanitaire à l'est de son pays.  Cette région est victime de la crise qui sévit en République centrafricaine et a vu affluer 250 000 réfugiés centrafricains.

M. MOHAMMED BELLO ADOKE, Ministre de la justice du Nigéria, a déclaré que l'expérience de son pays dans la lutte contre le terrorisme ainsi que la rébellion de la secte Boko Haram dans le nord-est du Nigéria et par-delà la frontière attestaient de l'importance et de la puissance de la coopération et de la solidarité internationales contre ce fléau.  La crise a, depuis ses débuts, entraîné le déplacement forcé de près de 650 000 Nigérians à l'intérieur de leur pays et d'un million vers les pays voisins, le Cameroun, le Tchad et le Niger, a ajouté le ministre, qui a souligné que cette situation avait de graves répercussions humanitaires dans les zones concernées.  Le Nigéria prend note avec satisfaction des succès obtenus par les forces de sécurité et de la coopération renforcée au niveau régional et sous-régional en vue de mettre sur pied, sous la bannière de l'Union africaine, une force internationale forte de 8 700 hommes.  Le Nigéria pense que cette initiative est riche d'enseignements pour la communauté internationale et ne saurait insister assez sur l'importance de soutenir, financièrement et matériellement, cette force armée internationale ainsi que les personnes déplacées et réfugiées.

Alors qu'il se prépare aux élections générales du 28 mars prochain, le Nigéria est convaincu que l'ancrage de la gouvernance démocratique est la meilleure garantie de la paix et de la stabilité dans la région, a poursuivi M. Adoke.  Les autorités électorales ont changé la date du scrutin afin d'en garantir les conditions de sécurité et d'assurer l'émission de 24 millions de cartes d'électeurs aux personnes qui n'en avaient pas reçu, a-t-il précisé.

M. LUBOMIR ZAORÁLEK, Ministre des affaires étrangères de la République tchèque, a déploré les violations des droits de l'homme systématiques commises contre les civils pris dans les conflits actuels en Iraq, en Syrie et en Ukraine.  Quelle image ces crimes donnent-ils du genre humain, s'est demandé le ministre, quelles réparations et quels remèdes envisager?  Comment traduire en justice les auteurs de ces crimes?  En Ukraine, le lourd bilan humain du conflit s'accompagne de menaces qui pèsent sur la réconciliation et les progrès réalisés en Europe depuis soixante-dix ans, a ajouté le ministre.  M. Zaorálek a appelé toutes les parties à ce conflit à respecter les accords de Minsk et à mener des enquêtes en bonne et due forme sur toutes les allégations de violation des droits de l'homme. 

Le ministre tchèque a souligné que les conditions de vie des minorités et des groupes vulnérables sont le critère distinctif de l'humanité de nos sociétés.  Les minorités ne devraient jamais être contraintes de quitter un pays pour quelque hypothétique sanctuaire.  Citant le philosophe Locke, M. Zaorálek a demandé à tous les États de créer les conditions de leur vie dans de bonnes conditions afin de donner effet à leur «devoir de respecter les droits d'autrui».  Il a enfin insisté sur l'importance de protéger les défenseurs des droits de l'homme, dont il a salué l'action cruciale au cœur des sociétés véritablement démocratiques.

MME AICHETOU MINT M'HAIHAM, Commissaire aux droits de l'homme à l'action humanitaire et à la société civile de la Mauritanie, a déclaré que son pays avait connu une grande mutation ces dernières années en matière de droits de l'homme, suite aux mesures prises par les autorités.  Le Gouvernement a ainsi mis un accent particulier sur la réalisation des objectif du Millénaire pour le développement, avec l'édification d'infrastructures dans les domaines de la santé, de l'éducation, des soins maternels et infantiles ou encore pour la promotion de la femme et des jeunes.  La liberté d'expression et celle des médias ont également connu un essor.  Le monopole d'État a notamment été abandonné, libéralisant les médias et plaçant la Mauritanie au premier rang des pays arabes pour la liberté d'expression, et ce pour la quatrième année consécutive, a fait observer Mme Mint M'haiham. 

Le Gouvernement mauritanien a par ailleurs adopté en mars 2014 une feuille de route sur proposition de la Rapporteuse spéciale sur les formes contemporaine d'esclavage, a précisé la Commissaire aux droits de l'homme.  Ce document a donné lieu à la mise en place d'un comité interministériel présidé par le Premier ministre.  Un comité technique a ensuite été mis en place et un plan national a été mis en œuvre.  La Mauritanie a par ailleurs approuvé en février dernier un projet de loi créant un mécanisme national de prévention de la torture.  Enfin, un comité technique chargé de préparer les rapports aux organes de traités a été créé, a encore indiqué Mme Mint M'haiham .

M. EDWARD NALBANDIAN, Ministre des affaires étrangères de l'Arménie, a condamné le «crime contre la civilisation» commis par les militants de «l'État islamique», qui ont détruit des statues vieilles de 2 700 ans dans le musée de Mossoul.  Cet acte rappelle malheureusement la destruction des Bouddhas de Bamyan par les Talibans, des mausolées de Tombouctou et de milliers de croix de sépultures arméniennes médiévales dans le Nakhitchevan: la barbarie a déclaré la guerre au monde civilisé, a mis en garde le ministre arménien.  De même, l'Arménie estime que la destruction par des terroristes de l'église arménienne des Saints-Martyrs, dans la ville syrienne de Deir el Zor – qui est un sanctuaire aux yeux de nombreuses victimes du génocide des Arméniens – établit un lien triste mais symbolique entre les crimes contre l'humanité commis hier et aujourd'hui. 

L'Arménie commémore cette année le centenaire du génocide, a rappelé M. Nalbandian.  Le 24 mai 1915, les grandes puissances de l'époque – Russie, France et Royaume-Uni – faisaient entrer la notion de «crime contre l'humanité» dans le système juridique pour mettre en garde les auteurs d'atrocités telles que celles commises contre le peuple arménien. 

M. CARLOS ALFREDO CASTANEDA MAGAÑA, Vice-Ministre des relations extérieures d'El Salvador, qui a rappelé que son pays était membre du Conseil depuis cette année, a souligné que cette participation constituait une opportunité pour continuer de progresser dans la mise en œuvre de ses engagements et pour renforcer les espaces de dialogue, ainsi que les efforts collectifs de coopération internationale.  Depuis la signature des accords de paix en 1992 en El Salvador, la construction de la démocratie et d'un système des droits humains constituent des prémices fondamentales sur le chemin du développement du pays, a-t-il déclaré.  Ces six dernières années, la promotion et la protection des droits de l'homme se sont muée en une politique d'État.  Ainsi, le plan quinquennal de développement a été élaboré en mettant l'accent sur les droits fondamentaux de la personne, au travers d'une large consultation citoyenne qui a inclus les Salvadoriens émigrés.  Par ailleurs, El Salvador a ratifié plusieurs instruments internationaux, dont le deuxième Protocole facultatif au Pacte international des droits civils et politiques destiné à abolir la peine de mort.

Le Vice-Ministre a consacré une partie substantielle de son intervention aux mesures prises en faveur de la jeunesse, attirant l'attention sur la mise en place d'un système national de protection intégral de la jeunesse et de l'adolescence.  Il a toutefois reconnu que ces efforts étaient insuffisants en raison de disparités considérables entre les enfants des villes et ceux des campagnes et entre ceux des régions riches et des régions pauvres.  Ces disparités sont reflétées par l'existence du phénomène des mineurs migrants.  El Salvador estime que le monde doit y répondre collectivement de manière stratégique, solidaire et efficace.  M. Castaneda a enfin abordé la question du développement et de la culture de la paix.  À partir de sa propre expérience, il a appelé à ce que le dialogue et la négociation soient privilégiés en matière de prévention et de résolution des conflits. 

MME HENRYKA MOŚCICKA-DENDYS, Sous-Secrétaire d'État aux affaires étrangères de la Pologne, a demandé à la Russie de respecter l'intégrité territoriale de l'Ukraine et les accords de Minsk.  Ce qui se passe actuellement aurait semblé inimaginable il y a quelques mois à peine sur un continent européen marqué par le souvenir des horreurs de la deuxième guerre mondiale, a souligné la ministre.  La réponse à la question de savoir qui souffre le plus de ces situations est toujours la même: les civils innocents, a-t-elle ajouté.  Comme l'indique la commission d'enquête en Ukraine dans son rapport, les meurtres, exécutions sommaires et persécutions de personnes soupçonnées de soutenir l'Ukraine sont monnaie courante dans les territoires de l'est de l'Ukraine contrôlés par des groupes armés illégaux.  Mme Mościcka-Dendys a aussi fait part de la préoccupation de son pays devant la détérioration de la situation des droits de l'homme depuis l'annexion illégale de la Crimée.  Le changement de statut de la Crimée et l'introduction d'une législation russe ont entraîné des restrictions visant la société civile, l'indépendance des médias ainsi que les minorités religieuses et nationales, a déploré la ministre. 

La Pologne est aussi très préoccupée par la persécution et les mesures d'intimidation contre les Tatars de Crimée, dont les chefs politiques sont interdits d'accès en Crimée.  Elle demande en outre au Haut-Commissariat de renforcer la surveillance des deux régions séparatistes de l'Ossétie et de l'Abkhazie.  Mme Mościcka-Dendys a aussi dit la grande préoccupation de son pays s'agissant de la situation en Syrie et en Iraq et condamné les atrocités commises par l'«l'État islamique», appelant à ce qu'il soit mis fin sans délai à toutes les violations des droits de l'homme.  La dégradation constante de la situation en Syrie exige que la communauté internationale s'y intéresse sans discontinuer, a déclaré la ministre.  Elle a également condamné les atrocités commises par le groupe Boko Haram contre des civils, surtout des femmes et des enfants, de même que tous les actes de violence contre les chrétiens, partout dans le monde.

MME MBARKA BOUAIDA, Ministre déléguée auprès du Ministre des affaires étrangères du Maroc, a réaffirmé que son pays continuerait de déployer des efforts en faveur de la promotion et de la protection des droits de l'homme dans le monde, soulignant le rôle de premier plan du Conseil à cet égard.  Le Maroc a choisi une stratégie intégrale dans ce domaine, sans exclusive avec la prise en compte des enfants, des femmes et des personnes handicapées.  Elle a cité la Charte nationale pour la réforme de la justice, la réforme de la justice militaire, la régularisation de 18.000 migrants, la tenue d'un dialogue national avec la participation de la société civile, dialogue qui constitue une initiative unique dans la région, a-t-elle souligné.  Toutes ces réformes et réalisations sont importantes pour toutes les composantes du pays, y compris la région saharienne qui connaît un développement sans précédent, a déclaré Mme Bouaida, qui a lancé un appel pour que soit garantie la liberté des résidents des camps des réfugiés du Sahara, demandant au pays hôte de procéder à une évaluation de la situation dans ces camps.

Le Maroc entend consolider son état de droit sans qu'aucune région ne soit laissée pour compte, soulignant l'existence d'une institution nationale des droits de l'homme, a poursuivi Mme Bouaida, qui a rappelé que son pays élabore actuellement un mécanisme national de prévention.  Elle a mentionné les invitations faites aux titulaires de mandat, notant que le Haut-Commissaire aux droits de l'homme avait effectué une visite dans le pays l'an dernier.  Elle a rappelé qu'un Forum national des droits de l'homme s'était tenu à Marrakech.  Le Maroc n'épargne aucun effort en faveur du reste de l'Afrique, en matière de développement, de paix et de sécurité, a par ailleurs déclaré Mme Bouaida, qui a mentionné le partenariat de son pays avec les pays du sud du Sahara.  Elle a par ailleurs rappelé que le Maroc avait toujours milité en faveur de la reconnaissance des droits des Palestiniens, accordant une assistance particulière aux habitants de Jérusalem.  Elle a souligné en conclusion que la souveraineté et l'intégrité territoriale des États constituaient des principes incontournables que tout un chacun se devait de respecter. 

M. PETER STENLUND, Secrétaire d'État aux affaires étrangères de la Finlande, a fait part de la préoccupation de son pays devant la situation des droits de l'homme en Ukraine, notamment la mort de civils et le déplacement forcé d'une partie de la population.  La Finlande espère un engagement sincère pour l'application du cessez-le-feu négocié à Minsk et estime que la Russie doit assumer ses responsabilités à cet égard.  Les armes lourdes et les combattants étrangers doivent être retirés immédiatement.  En parallèle, l'Ukraine doit faire tout son possible pour réaliser ses réformes internes, a ajouté le Secrétaire d'État.  M. Stenlund a estimé aussi que le meurtre de l'opposant politique russe Boris Nemtsov, vendredi dernier à Moscou, est une perte pour la démocratie et devrait faire l'objet d'une enquête indépendante et transparente.

M. Stenlund a fait valoir, par ailleurs, l'engagement de son pays pour la protection de la liberté d'expression et de la presse, indiquant que la Finlande était classée en tête du classement mondial 2014 de la liberté de la presse.  Les agressions violentes contre les personnes exerçant leur droit d'expression ne sont jamais justifiées, ce droit devant être défini de manière aussi étendue que possible, a-t-il ajouté.  Dans le même temps, a précisé M. Stenlund, les discours racistes et appelant à la haine ne doivent pas être tolérés. 

MME ROKSANDA NINČIĆ, Secrétaire d'État au Ministère des affaires étrangères de Serbie, a constaté que le monde continuait de faire face à de nombreux défis dans le domaine de la protection des droits de l'homme.  Elle a cité l'extension du terrorisme, de l'intolérance religieuse, l'augmentation des discours de haine, des limitations à la liberté d'expression, des déplacements forcés en raison du changement climatique, tous phénomènes qui montrent la nécessité d'une coopération mondiale renforcée dans ce domaine.  Après avoir souligné le renforcement du cadre institutionnel serbe afin de permettre un plus grand respect des droits de l'homme, notamment en matière de respect des droits des minorités, la secrétaire d'État a déploré que la région des Balkans continue de porter le fardeau des personnes disparues. 

La Serbie a été le premier pays balkanique à présenter son rapport au Comité sur les disparitions forcées, en février de cette année, a rappelé Mme Ninčić.  La Serbie a aussi accueilli en juin le groupe de travail sur les disparitions forcées, une attention particulière étant portée au problème des personnes disparues au Kosovo-Metohija dans le cadre des allégations de trafic d'organes, mises en lumière par un rapport de M. Dick Marty, rapporteur de l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe.  Mme Ninčić s'est par ailleurs félicitée de pouvoir annoncer la mise en œuvre du Programme régional de relogement des réfugiés de la région, qui a démarré l'an dernier.  Elle a souligné que son pays était le pays comptant le plus grand nombre de réfugiés et déplacés internes, respectivement 44 000 et 200 000, ces derniers en provenance de la province du Kosovo-Metohija.  Elle a enfin brossé un sombre tableau de la situation des minorités dans la province, ce qui explique, selon elle, que moins de 5% des personnes déplacées y soient retournées, dont seulement 1,9% de manière durable.  Elle a enfin donné des indications sur les priorités de la présidence serbe en exercice de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, parmi lesquelles la protection des journalistes.

M. NGUYEN QUOC CUONG, Vice-Ministre des affaires étrangères du Viet Nam, a mis en avant la participation de son pays aux activités du Conseil des droits de l'homme ainsi que les efforts qu'il consent pour assurer la promotion et la protection des droits de l'homme de sa population.  S'agissant du Conseil des droits de l'homme, le Viet Nam espère que cette institution saura instaurer davantage de transparence et d'impartialité dans ses travaux afin d'y éviter la politisation et la confrontation qui dominent encore certains débats.  M. Cuong a ajouté que son pays souhaitait également que le Conseil s'intéresse davantage aux droits des groupes vulnérables, notamment les femmes, les enfants, les membres de minorités ethniques et les personnes handicapées.  Au plan national, le Viet Nam ne ménage aucun effort pour donner effet aux recommandations qui lui ont été faites dans le cadre de l'Examen périodique ainsi qu'aux engagements que le pays a pris en appui à sa candidature au Conseil. 

M. Cuong a indiqué en outre que le Viet Nam avait ratifié en 2014 la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants et la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  Le Viet Nam prend enfin une part active au processus d'élaboration du programme de développement pour l'après 2015, dont il estime qu'il devra prendre en compte tant le niveau de développement des pays que leurs circonstances et capacités internes. 

M. ALEKSANDAR ANDRIJA PEJOVIĆ, Secrétaire d'État à l'intégration européenne du Monténégro, a souligné que par son appartenance au Conseil son pays avait montré son engagement en faveur d'une institution importante en faveur de la promotion et de la protection des libertés et droits fondamentaux de la personne.  Il a dit n'avoir aucun doute quant au fait que toutes les nations se devaient de privilégier les efforts diplomatiques afin de mettre un terme aux conflits de par le monde.  Son représentant s'est félicité des accords de cessez-le-feu en Ukraine conclus à Minsk.  Seul un dialogue de bonne foi, estime-t-il, peut permettre de mettre un terme définitif à la crise et de faire émerger une solution pacifique dans le meilleur intérêt des citoyens ukrainiens.

Le représentant du Monténégro a souligné les initiatives de son pays en faveur de la promotion et la protection des droits de l'homme, soulignant en particulier la présentation devant les organes de traités de l'ONU de rapports nationaux sur les conventions auxquelles il a souscrit.  Alors que le Monténégro achève cette année son mandat au Conseil, son représentant a exprimé sa satisfaction face à l'excellente coopération entretenue avec de nombreuses délégations, avec les organisations internationales et avec les organisations non gouvernementales à Genève. 

M. IYAD AMIN MADANI, Secrétaire général de l'Organisation de la coopération islamique (OCI), a dénoncé la montée actuelle d'un extrémisme violent ayant pour but de mettre en cause le caractère multiculturel de l'ordre mondial.  Ce phénomène porte un discours extrémiste cherchant à semer la haine et la violence en attisant les tensions et la haine entre les religions et les races.  Pour répondre à ce phénomène, la communauté internationale doit comprendre son contexte et ses raisons profondes, a dit M. Madani, et elle serait particulièrement mal avisée de le plaquer sur une région ou sur une religion.  Pour le Secrétaire général, ces raisons sont à chercher dans l'expérience du XXe siècle: guerres mondiales, colonisation, emprise des idéologies, naissance de mouvements extrémistes aux mains des intermédiaires de la guerre contre l'Union soviétique en Afghanistan, ou encore malaise intellectuel au sein même du monde musulman, favorisant le ressassement au détriment de l'évolution de ses traditions et expressions culturelles.  Dans un monde où la violence engendre la violence, surtout après le 11 septembre 2011, l'Organisation de la coopération islamique s'engage en première ligne pour condamner tous les actes de terrorisme et dénoncer les discours qui instrumentalisent la religion pour légitimer des actes de violence.  «La terreur est un outil politique aussi vieux que l'humanité: elle doit donc être jugée comme telle et non soumise à un jugement moral infantile», a souligné M. Madani.  «Le fait d'accuser la religion d'être la source de la violence extrême et de la terreur est un gouffre qui nous engloutira tous», a mis en garde le Secrétaire général. 

L'OCI présente aux Nations Unies, depuis plus de dix, des projets de résolutions portant sur «la lutte contre la diffamation des religions», a ajouté le Secrétaire général.  Le soutien dont elles bénéficient s'effrite progressivement pour trois raisons: elles limiteraient trop la liberté d'expression, elles tenteraient de protéger des religions au lieu de personnes et seraient axées essentiellement sur l'islam et les musulmans, a-t-il constaté.  Les sociétés occidentales appliquent déjà de nombreuses normes de lutte contre le discours de haine, a constaté M. Madani.  Il importe donc de trouver une approche commune pour appliquer ces lois de manière universelle, afin d'assurer la protection de toutes les communautés.  C'est pourquoi, depuis 2010, l'OCI a décidé d'insuffler un nouvel élan dans la prise en compte du problème de l'intolérance religieuse, un élan qui a abouti notamment à l'adoption, en mars 2011, de la résolution 16/18 du Conseil des droits de l'homme sur «la lutte contre l'intolérance, les stéréotypes négatifs, la stigmatisation, la discrimination, l'incitation à la violence et la violence visant certaines personnes en raison de leur religion ou de leur conviction».  En juillet de la même année, l'OCI lançait le «processus d'Istanbul» sur la même question visant à assurer le suivi de ladite résolution par un dialogue approfondi et réguliers entre experts internationaux.  Ces travaux se poursuivent, a dit le Secrétaire général. 

MME DELCY ELOÍNA RODRÍGUEZ GÓMEZ, Ministre du pouvoir populaire aux affaires étrangères du Venezuela, a déclaré que les chiffres et les statistiques relatifs à son pays parlaient d'eux-mêmes quant au soutien populaire dont bénéficie son gouvernement.  Le Venezuela est aujourd'hui un pays de droits de l'homme qui cherche à surmonter les libertés et les inégalités.  Depuis 1999, a-t-elle ajouté, l'investissement social a été plus que doublé.  Le peuple est désormais acteur de son destin.  Un mécanisme institutionnel permet de limoger les personnes élues via un référendum de révocation.  Aujourd'hui, une personne issue du peuple tient les rênes du pouvoir présidentiel.  S'agissant de la santé et du travail, de l'éradication de la pauvreté, les efforts entrepris sont reconnus par des instances onusiennes, a poursuivi la ministre, pour qui cette situation explique peut-être les tentatives des «forces de l'ombre» pour renverser le pouvoir populaire.  Sous couvert d'une idée dévoyée de la démocratie, elles visent à condamner les citoyens à la pauvreté et à la faim, a encore affirmé Mme Rodríguez Gómez.

Si l'on veut réellement un monde plus sûr, il convient de rassembler toutes les énergies, afin de faire en sorte que les droits de l'homme soient réellement défendus, a souligné la ministre, rappelant le bilan négatif de l'ancienne Commission des droits de l'homme.  Ce Conseil doit réellement être l'égide sous laquelle on protège les citoyens.  Le Venezuela rejette le système «deux poids de deux mesures», raison pour laquelle il condamne la politique israélienne envers les Palestiniens, ou le blocus vieux d'un demi-siècle imposé à Cuba, a encore déclaré Mme Rodríguez Gómez.  La ministre a cité en conclusion le «président éternel Hugo Chavez», selon lequel «au-delà de la démocratie politique, le système démocratique doit s'étendre au social car ce sont les droits humains, les droits sociaux, les droits des peuples qui sont fondamentaux».

M. UTONI NUJOMA, Ministre de la justice de la Namibie, a assuré de la volonté de son pays, en tant que membre de ce Conseil, d'œuvrer pour les droits de l'homme pour tous.  Il faut rejeter tous les actes de violence et de brutalité à l'encontre des femmes et des enfants partout dans le monde.  C'est pour cette raison que la Namibie appelle toutes les parties en conflit en République démocratique du Congo à désarmer inconditionnellement.  Elle appelle aussi les parties en conflit au Soudan du sud à dialoguer pour sortir de la crise.  La Namibie condamne aussi tous les actes terroristes perpétrés par «l'État islamique en Iraq et au Levant» et d'autres groupes armés dans la région du Moyen-Orient.  La communauté internationale doit s'unir pour couper les moyens d'action de ces groupes, a déclaré M. Nujoma.

La Namibie apprécie en revanche les avancées à Sri Lanka, a poursuivi le ministre.  Elle soutient aussi que le droit du peuple palestinien à l'autodétermination et à l'indépendance, en tant que droits inscrits dans la Charte des Nations Unies.  C'est pour cela qu'elle continue d'appeler à la mise en œuvre de la solution des deux États sur la base des frontières de 1967.  Le droit à l'autodétermination du peuple sahraoui doit aussi être respecté et mis en œuvre a poursuivi M. Nujoma, appelant Israël et le Maroc, puissances occupantes, à se conformer à leurs obligations internationales.  La Namibie salue également la récente décision du Président Obama de renouer les relations diplomatiques entre les États-Unis et Cuba.  Il est à espérer que ce pas conduira à la levée du blocus économique, financier et commercial de l'île, a déclaré M. Nujoma.  Le ministre a par ailleurs appelé à ne pas perdre de vue la question des changements climatiques et de la pandémie Ebola.  Ces deux défis devraient galvaniser la communauté internationale et l'Afrique et faire en sorte qu'ils travaillent ensemble pour trouver des solutions à ces crises, a conclu M. Nujoma.

M. RI SU-YONG, Ministre des affaires étrangères de la République populaire démocratique de Corée, a déclaré que les «prétendues preuves» de violations des droits de l'homme dans son pays, recueillies par la commission d'enquête et qui se sont révélées fausses montrent une nouvelle fois à quel point le discours sur les droits de l'homme est instrumentalisé.  Le ministre a souligné qu'il est difficile de comprendre, pour des personnes vivant dans un autre système, le slogan du Gouvernement de la République populaire démocratique de Corée, qui est «tout pour le peuple».  M. Yong a fait valoir que des violations systématiques des droits de l'homme, telles qu'alléguées par certains, auraient eu tôt fait, si elles avaient été fondées, de priver le système coréen du soutien des masses populaires et l'auraient rendu incapable de traverser résolument une longue période d'adversité. 

M. Ri a critiqué la diabolisation de son pays à laquelle se livrent selon lui les États-Unis avec, pour objectif, de susciter un changement de régime en République populaire démocratique de Corée.  Devant l'échec de cette tentative, les États-Unis se sont finalement résolus, l'an dernier, à s'emparer de la soi-disant question des droits de l'homme, a dit le ministre.  M. Yong a assuré que son Gouvernement était prêt à discuter, de manière franche et dans le respect du principe de souveraineté des États, avec tous les partenaires réellement préoccupés par les droits de l'homme.  Le ministre a enfin mis en garde contre le risque de voir les Nations Unies se transformer en un théâtre permettant à certains États de tourmenter les pays qui leur résistent.

M. GEBRAN BASSIL, Ministre des affaires étrangères et des émigrants du Liban, a rappelé que son pays était un symbole unique de dialogue et de diversité et qu'il reposait sur des valeurs favorisant sa diversité.  Il fait toutefois face à des défis sans précédent à commencer par celui constitué par le monstre du terrorisme.  Le Liban se trouve au cœur d'une guerre mondiale, une guerre sans merci face à Daech et est confronté, selon le ministre, à un «Ebola takfiriste» (du nom du mouvement Takfir -Partisans de l'idéologie du Takfir Wal Hijra -, qui prône une rupture totale avec la société moderne), et le pays a saisi le bureau du procureur de la Cour pénale internationale, a précisé M. Bassil.  Le Liban fait également face à un afflux sans précédent de ressortissants syriens qui représentent désormais pratiquement 40% de la population du pays, a poursuivi le ministre.  Or, la capacité du Liban a ses limites, a-t-il averti.  Le Liban ne peut payer le prix de son engagement humanitaire, et c'est pourquoi il a décidé de faire face à ce défi en canalisant cet exode.  Le Liban doit recevoir pour ce faire une assistance internationale, a déclaré M. Bassil, qui a relevé que, dans le même temps, Israël violait quotidiennement la souveraineté libanaise et continuait d'occuper une partie de son territoire.

M. Bassil a annoncé son intention de créer un bureau chargé des droits de l'homme au sein de son ministère.  Le Proche-Orient fait face aux menées «d'organisations moyenâgeuses» telles que Daech et al-Nosra, qui portent atteinte au statut moderne de la femme et à la protection de l'enfant, faisant faire à la région un formidable bond en arrière, a poursuivi le ministre libanais.  On assiste à la destruction des églises, des mosquées, des lieux saints et jusqu'à celle du musée de Mossoul.  Nous sommes témoins de nettoyage ethnique, a-t-il dénoncé.  Comment comprendre qu'une alliance regroupant une soixantaine de pays soit incapable de mettre un terme aux exactions actuelles, a demandé le ministre.  Enfin, M. Bassil a appelé à la création d'un État palestinien qui permettrait à ce peuple de vivre enfin chez lui. 

MME MAITE NKOANA-MASHABANE, Ministre des relations internationales et de la coopération de l'Afrique du Sud, a estimé que la communauté internationale devait, avant de se lancer dans le processus du programme de développement pour l'après 2015, avoir en tête que les investissements en faveur des objectifs du Millénaire pour le développement doivent se poursuivre.  Il est donc primordial que le Conseil des droits de l'homme accorde la priorité à ces questions et assure l'équilibre de tous les droits de l'homme, tant civils et politiques, qu'économiques et sociaux, y compris le droit au développement.  Pour que cela advienne, il est important que ce Conseil ne se compromette pas.  Il doit donc chercher l'équilibre et exécuter son mandat comme un arbitre légitime, en conformité avec son mandat.

La ministre a également estimé que la Décennie internationale pour les personnes d'ascendance africaine, qui a commencé cette année, offre l'occasion de veiller à ce que tous les efforts répondent aux aspirations de ces peuples et créent un monde délivré du racisme.  L'Afrique du Sud, au nom du Groupe africain, continuera à soutenir tous les efforts en ce sens, a-t-elle poursuivi.  Par ailleurs, alors que l'on s'apprête à célébrer les 20 ans de la Déclaration et du Plan d'action de Beijing, il faut savoir reconnaître que beaucoup reste encore à faire pour assurer l'autonomisation et l'émancipation des femmes.  C'est pourquoi l'Union africaine a proclamé 2015 comme année de l'autonomisation de la femme et du développement dans le cadre de l'Agenda 2063, a indiqué Mme Nkoana-Mashabane. 

M. MAHENDRA BEHADUR PANDEY, Ministre des affaires étrangères du Népal, a indiqué que son pays ne ménageait aucun effort pour émerger de sa longue phase de transition, institutionnaliser les dividendes démocratiques que rendrait possibles l'adoption de la Constitution et mener à son terme définitif le processus de paix.  La tâche première des autorités élues est justement d'adopter au plus tôt une nouvelle charte fondamentale, conformément au mandat conféré par le peuple à son Assemblée constituante, a indiqué le ministre.  Les autorités estiment que le consensus peut encore être atteint sur les principaux éléments devant figurer dans la Constitution, moyennant un engagement résolu des partis politique à travailler ensemble dans l'intérêt du pays. 

Le Népal accorde également la priorité aux droits de l'homme, dont les principes sont d'ores et déjà inscrits dans les articles de la Constitution provisoire qui protègent les droits de tous les citoyens dans des conditions d'égalité, a poursuivi le ministre.  La loi et les règlements interdisent toute forme de discrimination, notamment sur la base de sexe, de l'origine ethnique, de la caste et de la religion.  Le Gouvernement veille également aux intérêts et aux droits des Népalais expatriés, dans l'intégralité du cycle migratoire.  M. Pandey a souligné que cette question nécessitait la coopération de toutes les parties concernées, notamment les pays de destination.  Enfin, le ministre a fait part de l'engagement de son gouvernement en faveur du rétablissement dans leurs droits des victimes de la période de conflit qu'a connu le Népal: les autorités ont à cet effet créé plusieurs mécanismes de reddition de comptes et d'indemnisation conformes à la jurisprudence internationale dans le domaine de la justice de transition. 

MME FEDERICA MOGHERINI, Haute Représentante de l'Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et Vice-Présidente de la Commission européenne, a rappelé l'engagement de l'Union européenne en faveur des droits de l'homme dans le monde, compte tenu de son histoire.  C'est pourquoi l'Union européenne appelle toute la communauté internationale à lutter contre les discriminations et les violences persistantes.  Observant que de nombreuses questions sont inscrites à l'ordre du jour du Conseil, Mme Mogherini a estimé qu'il fallait se saisir de toutes les violations des droits de l'homme documentées par le Haut-Commissariat, notamment en Ukraine et en Crimée.  L'Union européenne est également d'avis que le droit international humanitaire doit être respecté en tant que garant de la paix et de la sécurité.  C'est pourquoi elle continue d'appeler les parties israélienne et palestinienne à se garder de tout acte de nature à ruiner le processus de paix en cours.  Dans ce contexte, l'Union européenne reste préoccupée par la poursuite de la colonisation qui, au regard du droit international, est illégale, a rappelé la Haute Représentante.

Mme Mogherini a ensuite condamné les actes perpétrés par «l'État islamique»/Daech et les autres groupes affiliés, ajoutant que ces actes ne sauraient rester impunis, de même que ceux commis par le «régime Assad».  Il faut combattre l'extrémisme violent et mettre un terme à l'impunité.  Mais pour rompre le cercle vicieux de la violence, il faut aussi s'attaquer à ses causes profondes, en promouvant notamment la justice et l'équité, a encore plaidé la Haute Représentante.  Elle a aussi estimé que la société civile, en tant qu'acteur majeur pour la réalisation des droits de l'homme, ne devait pas être oubliée.  Il faut donc répondre fermement aux mesures de représailles et d'intimidation qui frappent ses membres.  Il faut pareillement lutter contre la corruption et promouvoir l'état de droit en tant qu'outils de stabilité et de sécurité. 

Mme Mogherini a par ailleurs reconnu que l'Union européenne connaissait elle aussi des défis majeurs.  Parmi ceux-ci les questions liées à la migration.  C'est pourquoi elle promeut la coopération entre ses États membres afin de trouver des solutions opérationnelles et politiques afin de prévenir des tragédies comme celles que l'on voit régulièrement en Méditerranée.  L'Union européenne travaille par ailleurs avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies afin de répondre aux besoins de tous les réfugiés et demandeurs d'asile.  En outre.  L'Union européenne est d'avis qu'une approche basée sur les droits de l'homme doit être intégrée au programme de développement pour l'après 2015.  Enfin, le vingtième anniversaire de la Déclaration et du plan d'action de Beijing offre l'occasion d'avancer sur l'autonomisation des femmes et l'égalité de genre, a-t-elle conclu. 

M. MARTIN LIDEGAARD, Ministre des affaires étrangères du Danemark, a observé que la brutalité insensée des attaques terroristes «met nos valeurs à l'épreuve» et nous inspire un premier sentiment de revanche.  «Mais la grande différence entre les terroristes et nous, c'est que nous ne nous laissons pas guider par nos instincts primaires», a souligné le ministre danois.  En janvier dernier, nous étions tous «Charlie»; un mois plus tard, le monde témoignait au Danemark sa solidarité envers les victimes d'une attaque similaire à Copenhague, a rappelé M. Lidegaard.  Dans le même esprit le Conseil devra travailler, ces prochaines semaines, en solidarité avec les victimes des violations des droits de l'homme partout dans le monde, a demandé le ministre. 

Pourtant, en ce début de session du Conseil des droits de l'homme, «je ne suis pas seulement Charlie», a poursuivi M. Lidegaard, mais aussi toute personne dont les droits fondamentaux sont bafoués, un prisonnier torturé en Syrie, une fille enlevée par Boko Haram, un Tatar de Crimée persécuté par les autorités russes, une personne lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre ou intersexuelle attendant la pendaison en Iran.  Malheureusement, je pourrais poursuivre cette liste de situations auxquelles le Conseil devrait prêter attention», a déploré M. Lidegaard, estimant cependant que les Nations Unies représentent la meilleure chance de la communauté internationale de guider l'humanité vers un avenir meilleur.  Le ministre a souligné à cet égard que la force du Conseil est que sa composition reflète le paysage politique mondial, y compris les désaccords qui le traversent.  Mais cette composition est aussi la force du Conseil, scène où le monde entier se réunit pour trouver des solutions.

M. HENRY OKELLO ORYEM, Ministre des affaires étrangères de l'Ouganda, a plaidé pour une approche beaucoup plus globale lorsque l'on évoque les droits de l'homme.  En raison de leur interdépendance, il faudra les aborder de manière non sélective, a-t-il plaidé.  Le Ministre a aussi observé la multiplicité des lieux de conflits, alimentés notamment par les groupes armés, que ce soit dans son pays et sa sous-région avec les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), l'Armée de libération du Seigneur (LRA) ou ailleurs en Afrique et dans le monde avec Boko Haram, les milices Al Shabab ou «l'État islamique».  Ces situations exigent des réponses fortes de la part de la communauté internationale, a-t-il dit.

L'Ouganda, qui préside la soixante-neuvième session de l'Assemblée générale, a dressé une liste des priorités, a expliqué le ministre.  Celle-ci inclut l'éradication de la pauvreté dans le cadre du programme de développement pour l'après 2015, les changements climatiques, le développement socio-économique ou la résolution pacifique des conflits et l'autonomisation de la femme.  S'entendre sur les mesures à prendre afin de parvenir à ces objectifs exige que les discussions entre États intègrent une approche basée sur les droits de l'homme, a plaidé M. Oryem.  Le ministre a ensuite informé le Conseil sur les progrès faits par son pays dans le cadre de la mise en œuvre des recommandations issues de son Examen périodique universel, expliquant que l'Ouganda s'était engagé dans une série de réformes institutionnelles pour améliorer la situation des droits de l'homme dans le pays.

M. IGNACIO YBÁÑEZ, Secrétaire d'État aux affaires étrangères de l'Espagne, a indiqué que la politique étrangère de son pays était orientée sur six axes prioritaires: la lutte contre la peine de mort et contre la discrimination pour motif d'orientation sexuelle, le droit à l'eau potable et à l'assainissement, les droits de l'homme et les entreprises, la protection des défenseurs des droits de l'homme et les droits des personnes handicapées.  Le ministère des affaires étrangères applique cette politique en mettant les droits de l'homme au centre de toute son action.  C'est pourquoi l'Espagne accorde une grande importance aux forums internationaux tels que le Conseil, estimant que seule la coopération internationale permettra de répondre aux nombreux problèmes que les États rencontrent en défendant les droits de l'homme. 

En bonne place de ces problèmes figurent la concrétisation du principe d'universalité des droits de l'homme alors que persistent des comportements hérités du passé qui cautionnent certaines violations des droits de l'homme, comme par exemple la discrimination des personnes handicapées en Espagne, a constaté M. Ybáñez.  C'est également dans le contexte de ce principe d'universalité qu'il faut mentionner l'horreur terroriste, à laquelle l'Espagne a été confrontée directement.  Cette horreur inspire, à son tour, des tentations auxquelles l'Espagne s'enorgueillit d'avoir su résister, elle qui a extirpé le terrorisme sans enfreindre les droits de l'homme, a fait valoir M. Ybáñez.  Seules des sociétés libres, capables d'exprimer de manière pacifique et ordonnée leurs difficultés et leurs frustrations, pourront vaincre le terrorisme, a-t-il conclu. 

M. CHO TAE-YUL, Vice-Ministre des affaires étrangères de la République de Corée, a déclaré que les Nations Unies sont aujourd'hui loin de ce que ses fondateurs avaient imaginé.  On le voit avec le nombre de conflits et menaces qui pèsent sur le monde.  C'est pourquoi il faut entièrement réaliser les buts et objectifs de la Charte des Nations Unies.  Cela passe par un renforcement des engagements nationaux, de la reddition des comptes ou encore de la prévention en matière des droits de l'homme.  Compte tenu de la nécessité de rendre ce changement universel au sein du système des Nations Unies, on ne saurait insister davantage sur le rôle du Conseil des droits de l'homme, a dit le Vice-Ministre. 

M. Cho a ensuite rappelé que la communauté internationale avait exigé des comptes à la République populaire démocratique de Corée.  Ce pays doit répondre à ses demandes, a-t-il dit, affirmant que l'on ne peut cacher le ciel avec une seule main.  Combien de temps encore ce pays va-t-il cacher au monde l'état de son peuple, s'est-il interrogé, appelant à nouveau la République populaire démocratique de Corée à répondre aux attentes qui lui sont adressées.  M. Cho est également revenu sur la question des personnes disparues ou enlevées par la République populaire démocratique de Corée.  Combien de temps encore les familles devront attendre de savoir si leurs membres sont vivants ou morts, a-t-il encore demandé.  Il a aussi évoqué la question des «femmes de confort» utilisées à des fins sexuelles par l'armée impériale japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale.  Combien de temps encore devront-elles attendre des excuses pour qu'elles puissent mourir dans la dignité, a-t-il demandé.  De nombreux appels ont été lancés en ce sens, a-t-il observé, avant d'émettre le vœu de voir le Japon y répondre de manière sincère.  Une solution issue du dialogue est possible, a-t-il ajouté. 

M. ABDULLAH ABDULLATIF ABDULLA, Sous-secrétaire au Ministère des affaires étrangères de Bahreïn, a observé que la région du Golfe persique est également confrontée au problème de la violence terroriste, dont l'intensité augmente et suscite l'inquiétude de la population.  Les autorités répondent à ce regain de violence avec la mesure qui s'impose dans une société pluraliste et ouverte, a-t-il ajouté.  Elles coopèrent avec le Haut-Commissariat des droits de l'homme pour y établir un bilan des besoins du pays en matière de coopération technique, suivi d'un accord de coopération bilatérale.  La coopération portera sur la formation des fonctionnaires d'État et s'étendra aux organisations de la société civile de Bahreïn.  Le Gouvernement prépare en ce moment même des rapports qu'il présentera aux comités chargés de contrôler l'application des instruments internationaux de droits de l'homme ratifiés par Bahreïn, a expliqué M. Abdulla, qui a également fait état de la coopération fructueuse de son pays avec les procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme, de même qu'avec les organisations non gouvernementales bahreïnies. 

M. JUAN CARLOS ALURRALDE, Vice-Ministre des relations extérieures de la Bolivie, a déclaré que son pays a beaucoup d'expérience à partager avec la communauté internationale en matière de «bien vivre», y compris avec la «mère Terre».  Pour M. Alurralde, la principale menace à la vie sur terre est le changement climatique.  C'est pour cette raison que la future conférence de Paris représente une étape importante, notamment dans le cadre de la négociation d'un instrument international contraignant. 

Le Vice-Ministre a ensuite affirmé que depuis une dizaine d'années, le capital prime sur la vie humaine.  C'est pourquoi la Bolivie soutient l'initiative équatorienne visant à la mise en place d'un groupe de travail chargé d'élaborer un instrument juridiquement contraignant pour défendre les droits de l'homme face aux multinationales.  La Bolivie appuie également la proposition de l'Argentine de confier au Comité consultatif le mandat d'étudier les conséquences des fonds rapaces sur les droits de l'homme.  Le dignitaire a également déclaré ne pas comprendre «pourquoi un peuple qui a souffert de a Deuxième Guerre mondiale opprime un autre peuple et que la communauté internationale ne fasse pas cesser les atrocités qui ont cours dans la bande de Gaza».  Il ne comprend pas non plus pourquoi les droits de l'homme sont utilisés à des fins politiques pour servir des intérêts particuliers et attaquer ou déstabiliser d'autres pays ou des gouvernements élus.  Il ne faut pas permettre cela, a encore déclaré M. Alurralde. 

M. KAMALESH SHARMA, Secrétaire général du Commonwealth, a présenté les activités du Commonwealth en appui aux travaux du Conseil des droits de l'homme et de ses mécanismes.  Le Commonwealth aide en particulier les parlementaires des États membres à adopter des pratiques optimales pour la promotion et la protection des droits de l'homme.  Il aide également ses membres à créer des institutions nationales de droits de l'homme respectant les Principes de Paris.  Les chefs de gouvernements membres sont convenus, en 2013, de faire une priorité de la lutte contre le mariage forcé des enfants.  En 2011, le Secrétariat du Commonwealth a préparé, à la demande du Conseil et du Haut-Commissariat, un rapport sur les lois et pratiques discriminatoires contre certaines personnes du fait de leur orientation sexuelle.  Le Secrétaire général a précisé enfin que la composition actuelle du Conseil des droits de l'homme comprend douze États Membres du Commonwealth.

Droit de réponse

La Turquie a rejeté le terme de «génocide» utilisé par la délégation de l'Arménie pour qualifier les «évènements de 2015».  C'est un terme grave et un concept juridique clairement définis qui ne peut souffrir d'approximations historiques, a dit le représentant, ajoutant que tous les peuples de la région avaient souffert de cet «événement».  Il faut parvenir à une mémoire commune, a encore déclaré le représentant, indiquant que la proposition turque de créer une commission historique commune était jusqu'à présent restée sans réponse.

La Fédération de Russie a déploré que des délégations de l'Union européenne aient une vision erronée de ce qui se passe en Ukraine.  C'est la Fédération de Russie qui a lancé les négociations ayant abouti à l'accord de Minsk.  Il est de l'intérêt de tous que les termes de cet accord soient respectés afin de résoudre un conflit interne à l'Ukraine.  La crise en Ukraine est le résultat d'un coup d'État anticonstitutionnel que tous ces États ont appuyé.  S'agissant de la Crimée, la Fédération de Russie souligne que la situation est en revanche le fruit d'un référendum populaire qui a exprimé le souhait des habitants de la Crimée d'être rattachés à la Fédération de Russie.  Par ailleurs les droits du peuple tatare sont respectés, y compris leurs droits culturels.  Il ne faut pas se servir du terme «minorité tatare» à des fins de politisation, a déclaré le représentant. 

Le Japon, répondant à la déclaration du ministre de la République de Corée, a assuré qu'il avait agi avec la plus grande sincérité pour dédommager les «femmes de confort» coréennes, sur la base d'une étude historique qu'il avait commandée.  Le Premier ministre a écrit personnellement à chacune des survivantes.

L'Azerbaïdjan, répondant à la déclaration du ministre de l'Arménie, a rappelé que ce pays avait lui-même commis un génocide contre des populations civiles à Khojali, dans le Haut Karabakh.  L'Azerbaïdjan a cité les noms de plusieurs responsables arméniens de ce génocide et accusé l'Arménie d'avoir procédé à la destruction du patrimoine culturel du Haut Karabakh.

La République populaire démocratique de Corée a «rejeté en bloc la déclaration provocante de la République de Corée».  Elle a demandé que le rapport des Nations Unies sur la situation des droits de l'homme en République populaire démocratique de Corée soit déclaré nul, vu les erreurs qu'il contient.  La délégation a dénoncé la répression de citoyens et l'interdiction d'un parti d'opposition en République de Corée.

Le Qatar a assuré le dignitaire du Danemark que les étrangers qui travaillent au Qatar font partie intégrante du processus de développement national.

La République de Corée a constaté que les plus de trois cents témoins qui ont fait part de leur expérience à la commission d'enquête sur la République populaire démocratique de Corée ont tous corroboré la persistance des violations des droits de l'homme dans ce pays.  Par ailleurs, la République de Corée a fait observer au Japon que les compensations financières offertes aux anciennes femmes de confort avaient été financées par des donateurs privés, et non par les autorités: ces dernières doivent assumer leurs responsabilité juridique, a demandé la délégation coréenne.

Bahreïn, en réponse au Danemark, à la Norvège et à la Belgique, a rappelé l'engagement de son pays devant l'Examen périodique universel et devant la commission d'enquête internationale.  Les arrestations relayées par les médias sociaux ont été motivées par des activités «terroristes.  Ces personnes ont été arrêtées car elles menaient des activités «contraires à la loi et à la constitution».  Prétendre qu'elles l'ont été pour des raisons religieuses est totalement faux.  Au contraire la liberté religieuse est garantie à Bahreïn.

Le Myanmar, répondant aussi au Danemark, a indiqué que la citoyenneté du pays est accessible à toute personne souhaitant l'acquérir.  Les allégations rapportées par cette délégation concernent des personnes interdites de voyage car leur nationalité n'a pas pu être clairement établie.  Celles dont la nationalité était claire ont pu voyager.  Le représentant a également rejeté l'usage du terme «Rohingya», expliquant que, du point de vue de l'histoire du pays, ce terme n'existe pas. 

La République populaire démocratique de Corée, dans un deuxième droit de réponse, a demandé à la République de Corée de faire preuve de plus de retenue et de s'abstenir de mettre en scène la division du pays.

Le Japon, répondant à la République de Corée, a rappelé que le Premier ministre Abe avait dit que le Japon ne s'opposerait pas aux conclusions de la commission d'enquête sur les «femmes de confort».  La lettre d'excuses du Premier ministre vise précisément à demander le pardon et contient une offre de dédommagement.  Cette preuve de bonne volonté engage tant le Gouvernement que le peuple japonais, a assuré le Japon. 

La République de Corée a dit que le moment était venu pour la République populaire démocratique de Corée de répondre aux préoccupations de la communauté internationale s'agissant de sa situation des droits de l'homme et de coopérer avec le Rapporteur spécial du Conseil des droits de l'homme.  La République de Corée a rappelé par ailleurs au Japon que les accords internationaux antérieurs ne donnent pas de réponse au problème des «femmes de confort».

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