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Attaques à Paris: « Un crime contre l’humanité, un crime contre la culture » dit l’experte des Nations Unies sur les droits culturels

GENEVE (17 novembre 2015) - La Rapporteuse spéciale dans le domaine des droits culturels, Karima Bennoune, a dénoncé de la manière la plus forte les attaques du 13 novembre à Paris. « Ces attaques pourraient être constitutives d’un crime contre l’humanité et ont certainement, de façon brutale et délibérée, ciblé des lieux d’art et de loisirs, où les personnes se rassemblent pour jouir de leurs droits culturels », a-t-elle affirmé.

« Le langage utilisé par le soi-disant Etat islamique lors de sa revendication rapportée des attaques du 13 novembre, qualifiant d’« idolâtres » les fans de rock et la ville de Paris de « capitale des abominations et de la perversion », démontre la vision du monde haineuse qui motive cette violence », a souligné Mme Bennoune.

Pour la Rapporteuse spéciale, crier « Allahu Akbar » (Dieu est grand) en commençant le massacre au Bataclan, comme cela a été rapporté, est « un abus grossier d’une déclaration religieuse, considérée comme sacrée par des centaines de millions de musulmans croyants de par le monde qui abhorrent de tels bains de sang, et augmente les risques de haine et de discriminations contre eux en retour. »

Mme Bennoune a aussi exprimé sa « compassion totale » pour les victimes et leurs familles, faisant écho aux mots du recteur de la Grande Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, et a noté son appel à « l’unité nationale devant cette terrible épreuve ». « Une unité internationale sera tout autant essentielle en réponse à de telles menaces contre la culture et contre ceux qui se rassemblent pour la créer et la partager », a-t-elle ajouté.

« J’exprime ma solidarité et mes condoléances à la population de Paris et j’espère qu’ils retrouveront bientôt un sentiment de sécurité et un environnement dans lequel ils pourront pleinement jouir de leurs droits et libertés », a dit Mme Bennoune. L’experte a également appelé la communauté internationale à prendre de façon urgente toutes les mesures nécessaires pour assister les autorités françaises à poursuivre en justice, conformément au droit international, les auteurs toujours en fuite de ces violations.

« Nous devons tous coopérer pour protéger ceux qui, partout sur la planète, font face à des attaques similaires de la part de ces gangs de la mort, simplement pour leur participation à la vie culturelle», a-t-elle ajouté.

Mme Bennoune appelle la société civile de par le monde à « s’unir pour exposer et s’opposer à l’idéologie fondamentaliste qui motive de telles atrocités, comme le font déjà, depuis des années, de nombreuses personnes dans des pays à majorité musulmane, et à soutenir ceux qui résistent à ces assauts fondamentalistes sur la vie culturelle et qui sont en première ligne, de l’Afrique de l’ouest à l’Asie du Sud et au-delà ».

Enfin, la Rapporteuse spéciale tient à exprimer sa préoccupation personnelle profonde à propos d’autres attaques terroristes récentes, telles que celle à Beyrouth du 12 novembre, ainsi que le crash de l’avion russe en Egypte le mois dernier, qui soulèvent des questions relatives aux droits de l’homme allant au-delà de son mandat.
« Je tiens à souligner l’égalité globale des victimes et la nature nécessairement internationale de la lutte contre ceux qui cherchent délibérément à tuer des civils et la culture elle-même, et surtout à diviser la famille humaine ».

Karima Bennoune a été nommée Rapporteuse spéciale des Nations Unies dans le domaine des droits culturels en octobre 2015. Elle a grandi en Algérie et aux Etats-Unis. Elle est professeure de droit et chercheuse pour le programme Martin Luther King, Jr. Hall à la faculté de droit Davis de l’Université de Californie, où elle enseigne les droits humains et le droit international. Mme Bennoune a plus de 20 ans d’expérience dans le domaine des droits humains. Pour des renseignements supplémentaires, veuillez consulter : http://www.ohchr.org/EN/Issues/CulturalRights/Pages/SRCulturalRightsIndex.aspx 

Les Rapporteurs spéciaux des Nations Unies font partie de ce qu’on appelle les « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales qui constituent le plus grand groupe d’experts indépendants dans le système des Nations Unies des droits de l’homme, sont les mécanismes indépendants d’enquête et de surveillance du Conseil qui traitent, soit de situations spécifiques de pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire; ils ne sont pas fonctionnaires de l’ONU et ne reçoivent pas un salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et siègent à titre individuel.

Pour de plus amples informations et des demandes des médias, veuillez contacter Johanne Bouchard (+41 22 917 9605/ jbouchard@ohchr.org ) ou Mylène Bidault (+41 22 917 9254 / mbidault@ohchr.org) ou écrire à srculturalrights@ohchr.org

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