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Un groupe d’experts des droits de l’homme de l’ONU apporte son soutien aux écoles américaines concernant l’interdiction d’un manuel scolaire sur l’esclavage jugé " choquant "

GENÈVE (5 janvier 2017) – Une équipe d’experts des droits de l’homme des Nations Unies a apporté son soutien à une circonscription scolaire des États-Unis qui a décidé de retirer des programmes scolaires un manuel sur l’esclavage considéré comme «choquant».

Le Groupe de travail d’experts de l’ONU sur la personne d’ascendance africaine a déclaré que l’exemple donné par la circonscription scolaire de Norwalk dans le Connecticut devrait être suivi sur l’ensemble du territoire et dans d’autres pays.

Le manuel intitulé “The Connecticut Adventure” figurait au programme scolaire d’enfants âgés de neuf et dix ans jusqu’à ce que les autorités de la circonscription décident de le retirer au motif que sa représentation de l’esclavage était inexacte, simpliste et choquante. Le livre prétend que les esclaves étaient souvent considérés comme des membres de la famille dans le Connecticut et qu’on leur enseignait à être de bons chrétiens et parfois à lire et à écrire. 

«Le chapitre qui présente l’histoire de l’esclavage dans le Connecticut est une déformation de la réalité du phénomène esclavagiste,» a affirmé Ricardo Sunga, expert des droits de l’homme, qui dirige le groupe d’experts instauré par le Conseil des droits de l’homme en vue d’étudier les discriminations raciales dans l’ensemble du monde.

«Les personnes réduites en esclavage dans le Connecticut, au même titre que dans le Sud des États-Unis avant la guerre de Sécession, étaient victimes de la traite contre leur gré; elles étaient privées de leur droit fondamental à la vie, à la liberté et à la propriété, soumises au même niveau d’exploitation et assujetties au traitement le plus déshumanisant qui soit,» a ajouté M. Sunga.

Les étudiants en histoire doivent savoir que les personnes réduites en esclavage n’ont jamais été considérées comme des membres de la «famille», a-t-il précisé.

Le Groupe de travail invite les autres départements et ministères de l’Éducation ainsi que les circonscriptions scolaires des États-Unis comme des autres pays à examiner les manuels scolaires et autres documents pédagogiques afin de vérifier s’ils décrivent l’esclavage de manière fidèle et, le cas échéant, à les retirer des programmes scolaires.

«Ces textes particulièrement choquants doivent être remplacés par des évocations historiques fidèles et précises qui transmettent un message de dignité et d’égalité inhérentes à tous les êtres humains,» a insisté M. Sunga.

Et d’ajouter: «Il revient aux éducateurs et aux éditeurs de veiller à ce que les manuels scolaires et autres documents pédagogiques traduisent précisément les faits historiques relatifs aux tragédies et aux atrocités vécues, notamment l’esclavage, la traite négrière transatlantique et le colonialisme.»

«Ce qui permettra d’éviter les clichés et la déformation voire la falsification de ces réalités historiques, qui peuvent mener au racisme, à la discrimination raciale, la xénophobie, l’afrophobie et l’intolérance qui y est associée,» a conclu l’expert des droits de l’homme.

Le Groupe de travail des experts sur la personne d’ascendance africaine a été créé le 25 avril 2002 par ce qui était alors la Commission des droits de l’homme, à la suite de la Conférence mondiale contre le racisme tenue à Durban en 2001. Il est composé de cinq experts indépendants:  M. Ricardo A. Sunga III (Philippines), actuel Président-Rapporteur; M. Michal Balcerzak (Pologne); Mme Mireille Fanon Mendes-France (France); M. Sabelo Gumedze (Afrique du Sud) et M. Ahmed Reid (Jamaïque).

Le Groupe de travail relève de ce que l’on nomme les Procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies. Le terme «procédures spéciales», qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme. Les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales sont des experts des droits de l’homme indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme, qui s’occupent de la situation particulière d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation. Ils siègent à titre personnel et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail.

Droits de l’homme, Nations Unies, page d’accueil du pays: États-Unis http://www.ohchr.org/FR/countries/LACRegion/Pages/ECIndex.aspx

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