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Soudan du Sud : Impunité persistante après les graves violations des droits de l’homme en juillet 2016

GENÈVE/JUBA (16 janvier 2017) – Un rapport des Nations Unies, publié ce jour, détaille les graves exactions et violations des droits de l’homme – dont des meurtres et des viols collectifs – et du droit humanitaire international commises à Juba, pendant et après les combats qui se sont déroulés entre le 8 et le 12 juillet 2016. Six mois plus tard, l’impunité persiste alors que les exactions se poursuivent sans relâche.

Ce rapport de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) et du Haut-Commissariat aux droits de l’homme a constaté que, lors des affrontements entre l’Armée populaire de libération du Soudan (APLS) et l’Armée populaire de libération du Soudan en opposition (SPLM/A-IO), " les belligérants ont ignoré de manière flagrante le droit international des droits de l’homme et le droit humanitaire ".

Selon le rapport, les évènements de juillet 2016 à Juba ont démontré l’extrême fragilité de la situation politique et sécuritaire au Soudan du Sud et le mépris total des civils par l’APLS et la SPLM/A-IO, au vu des graves exactions et violations des droits de l’homme qui ont été commises, notamment le fait de prendre délibérément pour cible des civils sur la base de critères ethniques ainsi que l’extrême violence à l’égard des femmes et des enfants.

" Des informations documentées et vérifiées par la Division des droits de l’homme suggèrent que des centaines de personnes, y compris des civils, ont été tuées et beaucoup d’autres blessées pendant les combats dans diverses parties de Juba, " indique le rapport. " De plus, la MINUSS a documenté 217 victimes de viol, y compris des viols en réunion commis par l’APLS, la SPLM/A-IO et d’autres groupes armés pendant et après les combats, entre le 8 et le 25 juillet.

Selon les témoignages des victimes et des témoins, la plupart des cas de violence sexuelle ont été commis par des soldats de l’APLS, des policiers et des membres des services de sécurité nationale (NSS). "

Les témoignages des victimes interrogées par la Division des droits de l’homme brossent un tableau effrayant de la violence à laquelle étaient soumis les civils pendant les combats. Un jour, des femmes et des filles ont reçu l’ordre de faire la cuisine pour les soldats à des points de contrôle alors même que leurs amis ou des membres de leur famille se faisaient violer. Selon d’autres témoignages, des hommes et des femmes appartenant au peuple Nuer auraient été plus particulièrement visés par les attaques, notamment des meurtres et des arrestations, lors de perquisitions maison par maison, les Nuers portant des marques tribales sur leur front étant particulièrement vulnérables. On ignore où se trouvent certaines des personnes arrêtées.

" Les combats qui ont éclaté en juillet 2016 ont constitué un sérieux revers pour la paix au Soudan du Sud et ont montré combien la situation dans le pays est instable, les civils vivant sous la menace d’atrocités de masse, " selon Zeid Ra’ad Al Hussein, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme.

" Au total, ce sont 1 380 000 Sud-Soudanais – chiffre effarant – qui ont fui vers d’autres pays et 1,8 million sont déplacés dans leur propre pays. En l’absence de tout semblant de justice et de responsabilité pour les violations perpétrées – y compris les possibles crimes de guerre – ces explosions de violence incontrôlée pourraient rapidement s’intensifier. Les terribles souffrances que vivent les civils vont se poursuivre. Des mesures concrètes pour stopper cette escalade doivent être prises de toute urgence, en commençant par la justice et l’obligation de rendre compte. "

Le rapport insiste sur la nécessité d’instaurer la responsabilité et la justice pour toutes les violations des droits de l’homme. Il exhorte le gouvernement national de transition à prendre des mesures pour " briser le cycle de la violence et de l’impunité " et pour appuyer pleinement l’établissement et l’opérationnalisation rapide par l’Union africaine de la Cour hybride pour le Soudan du Sud. Le rapport recommande également à l’État de veiller à ce que toutes les victimes de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire aient accès à une réparation juste et équitable, notamment une indemnisation et une réhabilitation.

La situation des droits de l’homme reste grave au Soudan du Sud. Dans la région de Grand Équatoria, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a reçu des informations crédibles faisant état de violations graves des droits de l’homme commises par l’APLS et la SPLM/A-IO à Yei et aux alentours, notamment des meurtres, des actes de violence sexuelle, des enlèvements et la destruction de biens civils.  En conséquence, des milliers de civils ont fui Yei et les villes environnantes. Ils ont trouvé refuge dans d’autres régions et dans les pays voisins. Début janvier 2017, les combats à Yambio et aux alentours, dans l’État de l’Équatoria-Occidental, se sont traduits par le déplacement de 7 000 civils supplémentaires, principalement des femmes et des enfants.

Le Haut-Commissaire Zeid a rappelé au gouvernement son obligation de protéger les droits de tous les Sud-Soudanais et de mettre fin aux terribles souffrances du peuple.

FIN

Pour lire le rapport complet sur les violences de juillet: http://www.ohchr.org/Documents/Countries/SS/ReportJuba16Jan2017.pdf

Pour les demandes des médias, veuillez contacter:
À Genève: Rupert Colville (+41 22 917 9767 / rcolville@ohchr.org) ou Ravina Shamdasani (+41 22 917 9169 / rshamdasani@ohchr.org) ou Liz Throssell  (+41 22 917 9466 / ethrossell@ohchr.org )

À Juba: Eugene Nindorera (Tél.: +211 912 062 162 - Ext. 190-2162 / nindorera@un.org)

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