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Selon un expert des Nations Unies, " Le plan Vision 2030 de l’Arabie saoudite pourrait jouer un rôle de catalyseur en vue de concrétiser les droits des femmes "

RIYAD / GENÈVE (19 janvier 2017) – Les plans audacieux et ambitieux du gouvernement saoudien destinés à transformer son économie offrent une occasion unique d’améliorer les droits des femmes et des pauvres, selon un expert des Nations Unies.

" Malgré la pléthore de problèmes graves en matière de droits de l’homme en Arabie saoudite, l’approche radicalement nouvelle transcrite dans le plan Vision 2030, le Programme de transformation nationale 2020 et le Programme d’équilibre fiscal reconnaît la nécessité de promouvoir la pleine participation des femmes au marché du travail, ce qui induira les évolutions culturelles nécessaires pour que les femmes puissent devenir à la fois plus productives économiquement et plus indépendantes, " a déclaré Philip Alston, Rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme, à l’issue de sa visite officielle dans le pays.

Les Rapporteurs spéciaux sont des experts indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme afin d’effectuer des visites dans les États et formuler des recommandations conformes à leurs obligations internationales en matière de droits de l’homme. Ce n’était que la troisième fois au cours des trente dernières années qu’un Rapporteur spécial se rendait en Arabie saoudite, la dernière visite ayant eu lieu il y a plus de huit ans.

La majorité de la population saoudienne est convaincue que le pays est exempt de pauvreté, mais il existe en réalité des endroits très pauvres dans les grandes villes comme dans les régions rurales éloignées et le sort déplorable de nombreux résidents de longue durée non-saoudiens est notablement ignoré. Ce n’est qu’en 2002 que l’existence de la pauvreté dans le Royaume a été pour la première fois reconnue par Abdallah, alors Prince héritier.

Bien que les programmes gouvernementaux aient proliféré et que les organisations caritatives qui luttent contre la pauvreté se soient multipliées depuis lors, le Rapporteur spécial a qualifié l’actuel système de protection sociale pour les pauvres de " véritable saupoudrage de programmes, inefficace, intenable, mal coordonné et, avant tout, incapable d’offrir une protection sociale intégrale aux plus démunis. "

" Lors des réunions avec le gouvernement, ce dernier s’est montré très critique envers lui-même concernant les défaillances de son propre système de protection sociale et il semble réellement tenter de réformer ce système, " a déclaré l’expert des Nations Unies.

Au cours de l’année passée, le gouvernement a annoncé d’imposantes réductions des subventions accordées aux carburants, à l’électricité et à l’eau et il entend atténuer l’incidence de ces réformes en adoptant un programme de transfert monétaire baptisé Household Allowance – Allocations de foyer. Celui-ci s’inscrira dans un système global de comptabilité des citoyens qui sera accompagné d’une capacité de recueil des données considérablement étendue.

M. Alston a appelé le gouvernement à reconnaître la protection sociale comme composante des droits de l’homme, ce qui, selon lui, serait conforme au droit fondamental saoudien et aux principes et obligations islamiques. Il a également averti que l’actuel calendrier de la réforme était trop ambitieux pour être réaliste, notamment au vu de l’expérience des autres pays montrant les risques de réaction brutale face à la réforme radicale des subventions.

M. Alston a exhorté les autorités à s’appuyer sur le plan Vision 2030 pour renforcer l’égalité des sexes, notamment pour les femmes appartenant aux couches les plus pauvres de la société. L’Arabie saoudite a fait l’objet de nombreuses critiques par la communauté internationale en raison de son bilan en termes des droits des femmes et le Rapporteur spécial a souligné le préjudice profond et persistant lié à la survivance de nombreuses caractéristiques du système de tutelle ou au refus d’autoriser les femmes à conduire. Mais il a également indiqué que les impératifs économiques et les revendications croissantes des femmes saoudiennes ont abouti à de nombreuses améliorations au cours des dernières années.

" Vision 2030 reconnaît que les femmes saoudiennes représentent "un atout majeur" actuellement sous-exploité et la nécessité de prendre en compte les droits des femmes va dans le même sens. La décision de 2012 autorisant les femmes à travailler dans le secteur du commerce a transformé la vie de millions de femmes qui ont enfin pu occuper un emploi.  De même, la transformation économique actuelle devrait-elle lever les restrictions existantes en matière d’indépendance économique des femmes, entre autres, " a affirmé M. Alston.  " Il convient de lever l’interdiction de conduire et les femmes devraient pouvoir se passer de l’autorisation de leurs tuteurs masculins pour travailler ou se déplacer. "

Lors de sa visite d’une durée de douze jours en Arabie saoudite, l’expert des droits de l’homme a rencontré des ministres et d’autres hauts responsables ainsi que des experts du secteur non lucratif, des universitaires, des militants et des particuliers en situation de pauvreté à Riyad, Djeddah et Jizan.

Le Rapporteur spécial présentera un rapport détaillé avec ses conclusions et recommandations au Conseil des droits de l’homme, lors de sa 35ème session, en juin 2017.

M. Philip Alston (Australie) a pris ses fonctions en tant que Rapporteur spécial sur l’extrême pauvreté et les droits de l’homme en juin 2014. Les Rapporteurs spéciaux font partie de ce que l’on nomme les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme " procédures spéciales ", qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et siègent à titre personnel.

Droits de l’homme, Nations Unies, page d’accueil du pays: Arabie saoudite

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Mme Junko Tadaki (+41 917 9298 / jtadaki@ohchr.org) ou écrire à srextremepoverty@ohchr.org

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