dcsimg


Header image for news printout

Notes pour la presse sur le Myanmar et l’Ukraine

Porte-parole du Haut-Commissaire aux droits de l’homme des Nations Unies : Ravina Shamdasani, Elizabeth Throssell
Lieu : Genève
Date : 3 février 2017

(1) Myanmar

GENÈVE (3 février 2017) – Des viols collectifs, des meurtres – notamment de bébés et de jeunes enfants, des violences corporelles, des disparitions et d’autres graves violations des droits de l’homme commises par les forces de sécurité du Myanmar dans une zone bouclée au nord de Maungdaw, dans le nord de l’État de Rakhine, font l’objet d’un nouveau rapport détaillé des Nations Unies publié vendredi, à la suite d’entretiens avec des victimes réfugiées sur le sol bangladais.

Sur les 204 personnes interrogées individuellement par une équipe d’enquêteurs sur les droits de l’homme de l’ONU, la grande majorité a indiqué avoir assisté à des meurtres et près de la moitié ont signalé qu’un membre de leur famille avait été assassiné et que d’autres étaient portés disparus. Sur les 101 femmes interrogées, plus de la moitié ont déclaré avoir été victimes de viol ou d’autres formes de violence sexuelle. Retrouvez le communiqué complet ici.

(2) Ukraine

Nous sommes sérieusement préoccupés par la situation désastreuse, sur le plan humanitaire et des droits de l’homme, que connaissent les civils dans l’est de l’Ukraine en raison de l’escalade des hostilités le long de la ligne de contact.  Entre le 29 janvier et le 3 février à 9h00, au moins sept personnes ont été tuées et 41 autres blessées, selon le personnel du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Dans la seule nuit de jeudi, trois civils sont morts et 13 autres ont été blessés.  L’équipe du Haut-Commissariat en visite sur les différents sites vérifie les rapports de pertes civiles dans les deux villes de Donetsk et Avdiivka, qui auraient été pilonnées dans la nuit du 2 février.

L’intensification des hostilités à proximité de zones peuplées, y compris Avdiivka, Yasynuvata, Makiivka, Donetsk, ainsi que les villes et villages au sud de Donetsk, met en danger les civils, qui risquent de perdre tout accès aux services d’eau, d’électricité et de chauffage, alors que les températures sont glaciales.

Selon les rapports, deux hôpitaux, une polyclinique, une clinique dentaire, trois écoles et un jardin d’enfants auraient été endommagés par les tirs d’armes lourdes à Makiivka et Donetsk, des villes passées sous le contrôle de groupes armés.

L’équipe du Haut-Commissariat à Donetsk a entendu des explosions durant cinq jours, du 29 janvier à la nuit du 2 février, et elle a constaté dans la journée du 2 qu’une ambulance avait été touchée par des éclats d’obus dans les rues de Donetsk.

L’équipe s’est également rendue à Avdiivka le 1er février, ville contrôlée par le gouvernement, où elle a pu recueillir les témoignages de certains habitants déclarant que la ville était sous le feu constant de l’artillerie depuis trois jours, le jour comme la nuit. Ils ont indiqué que les personnes craignaient de rester seules chez elles, en particulier les personnes âgées.

Des infrastructures civiles essentielles ont été endommagées, y compris à proximité d’Avdiivka où des lignes électriques ont été détruites, perturbant la fourniture d’eau et d’électricité ainsi que le fonctionnement des systèmes de chauffage. Des installations de gaz et d’électricité auraient également été touchées à Makiivka et dans d’autres régions sous le contrôle de groupes armés, notamment à Irmino et dans certains quartiers de Donetsk.

Les forces gouvernementales et les groupes armés sont tenus de respecter en toutes circonstances les principes de distinction, de proportionnalité et de précautions dans le cadre des attaques lancées. Ils doivent prendre toutes les mesures possibles afin d’éviter tout dommage à la population civile et aux biens civils, en particulier lors d’attaques menées contre des objectifs situés dans des zones peuplées, et s’abstenir d’utiliser des engins explosifs ayant un large rayon d’action dans les zones densément peuplées, étant donné que le recours à ces armes en pareilles circonstances équivaudrait à des attaques aveugles. Il est interdit de positionner des soldats, des combattants et d’autres objectifs militaires dans des zones peuplées.

Un cessez-le-feu immédiat doit être instauré afin d’éviter toute nouvelle perte de vies humaines et permettre la remise en marche des services essentiels. Nous engageons instamment les autorités à permettre aux organisations humanitaires internationales et nationales de se rendre immédiatement et sans entrave auprès des populations touchées et appelons à nouveau à la mise en œuvre effective et immédiate des Accords de Minsk.

Les forces gouvernementales et les groupes armés doivent prendre toutes les mesures possibles en vue de protéger la population civile dans les zones sous leur contrôle. Nous leur rappelons que la protection des civils doit être considérée comme une priorité absolue et que les parties agissant en violation des droits de l’homme et du droit humanitaire international auront à répondre de leurs actes.

L’obligation de protéger la population civile contre les répercussions des hostilités comprend l’impact prévisible des combats sur l’environnement et nous sommes profondément préoccupés par le fait que la poursuite des hostilités puisse entraîner des désastres écologiques graves.

Voici quelques exemples de situations inquiétantes : les déchets chimiques d’une usine de phénol située près du village de Novhorodske sont pris entre les positions du gouvernement et des groupes armés. Des tirs d’obus ont également eu lieu à Donetsk et Verkhniokalmiuska, à proximité de deux stations de filtration d’eau contenant des réservoirs de chlore, et l’interruption de l’alimentation électrique à Avdiivka suite aux pilonnages rend impossible le pompage des eaux usées qui sont dès lors rejetées dans l’environnement.

FIN

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Rupert Colville (+41 22 917 9767 /rcolville@ohchr.org) ou Liz Throssell (+41 22 917 9466/ethrossell@ohchr.org ) ou Ravina Shamdasani (+41 22 917 9169 / rshamdasani@ohchr.org)

Taguer et partager - Twitter: @UNHumanRights et Facebook: unitednationshumanrights