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République centrafricaine : l’Experte de l’ONU exhorte tous les acteurs à saisir l’opportunité historique qui s’offre au pays

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BANGUI / GENEVE (8 février 2017) – L’Experte indépendante des Nations Unies sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita-Bocoum, exhorte tous les acteurs à saisir l’opportunité historique qui s’offre pour la justice, le développement et la réconciliation.

Au terme de sa huitième visite en République centrafricaine, Mme Keita-Bocoum s’est inquiétée de la dégradation de la situation sécuritaire, humanitaire et des droits de l’homme dans certaines préfectures et du peu d’avancées concrètes sur le terrain, en particulier la protection des civils, la lutte contre l’impunité et le désarmement, la démobilisation, la réinsertion et le rapatriement.

L’Experte indépendante a constaté  que le conflit centrafricain avait mué en une multiplication de conflits locaux et de groupes armés avec des alliances surprenantes.

« Les conflits qui, auparavant, semblaient opposer les communautés chrétiennes et musulmanes ont évolué vers des oppositions armées entre des groupes se disant  nationalistes et d’autres considérés comme  étrangers, avec parfois une connotation ethnique qui pourrait devenir dangereuse », a-t-elle déclaré.

Malgré l’élaboration d’un cadre législatif et institutionnel, les centrafricains  sont toujours en attente d’actions concrètes et significatives en matière de désarmement, de réforme du secteur de sécurité, de restauration de l’autorité de l’Etat, de lutte contre l’impunité et de réconciliation nationale.

« Force est de constater que peu de progrès ont été enregistrés en matière de restauration effective de l’autorité de l’Etat en dehors de Bangui, notamment en ce qui concerne les forces de sécurité et le personnel judiciaire et administratif en général », a-t-elle noté. « Les groupes armés règnent en maitre sur plus de 60% du territoire, bénéficiant d’une totale impunité . Ils se substituent à l’appareil judiciaire, terrifient la population et sont souvent accusés de se livrer à des abus sur des personnes soupçonnées de sorcellerie »

Mme Keita-Bocoum s’est dite encouragée par les messages reçus relayant la détermination des autorités politiques de lutter contre l’impunité, une détermination partagée par la population centrafricaine et en accord avec les recommandations du Forum de Bangui et la Constitution. Ces messages confortent les efforts et investissements des partenaires, pays voisins et amis de la République centrafricaine pour mettre en place des institutions et mécanismes de justice formelle et de justice transitionnelle ; cette dernière accordant une place significative aux autorités traditionnelles et aux femmes.

L’Experte indépendante a noté les développements dans la mise en place de la Cour Pénale Spéciale, notamment le processus de recrutement du Procureur, des magistrats et des officiers de police judiciaire. Elle a aussi salué la finalisation du projet « Mapping » de la MINUSCA, qui répertorie les violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire commises entre 2003 et 2015, et qui devrait aider à la définition d’une stratégie de poursuites et à l’identification des axes prioritaires d’enquête.

En matière de justice ordinaire, l’Experte a salué la tenue de la seconde session des audiences criminelles devant la Cour d’assises et exhorté les partenaires de la République centrafricaine à appuyer les juridictions nationales, en particulier la sécurisation des tribunaux, des juges, des témoins et des victimes, comme pour la Cour Pénale Spéciale.

« La Conférence des bailleurs de fonds à Bruxelles, en novembre 2016, a généré de très fortes attentes de la population pour une mise en œuvre effective et rapide du Plan national de relèvement et de consolidation de la paix», a déclaré l’Experte. 

« Les bailleurs de fonds et le Gouvernement doivent travailler de concert pour s’assurer que le pays saisisse l’opportunité historique qui se présente de se relever de plusieurs décennies de crises et de sous-développement », a souligné Mme Keita-Bocoum.

Au cours de sa visite , l’Experte a rencontré des représentants du gouvernement, des groupes armés, du corps diplomatique, de la société civile, des partis politiques, des organisations non gouvernementales et des Nations Unies, ainsi que des représentants de victimes et de personnes déplacées, à Bangui, Birao et Bambari.

Mme Keita Bocoum rendra compte de ses conclusions au Conseil des droits de l’homme de l’ONU le 21 mars 2017 et présentera son rapport final en septembre 2017.

Le mandat de l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine a été créé par le Conseil des droits de l’homme le 27 septembre 2013. Mme Marie-Thérèse Keita Bocoum, ancienne professeure à la Faculté des Lettres et Sciences Humaines de l’université d’Abidjan en Côte d’Ivoire, a occupé différents postes tant dans son pays qu’au sein de l’ONU. Elle a été Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme au Burundi, Représentante de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme auprès de l’UNOWA, mais également Directrice de la division droits de l’homme et Représentante de la Haut-Commissaire aux droits de l’homme au Darfour.

Les Experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des « procédures spéciales » du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du Système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.

Page du HCDH sur le pays : République centrafricaine

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