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Message vidéo de Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, à la réunion plénière de haut-niveau de l’Assemblée générale consacrée à la célébration du 10è anniversaire de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées

Le 17 février 2017

Chères participantes, chers participants,

Il y a 10 ans, un document historique fut adopté dans cette pièce même. Il cristallisait le principe selon lequel personne ne devrait être victime de disparition forcée ni retenu en détention secrète. Il interdisait l’expulsion, le refoulement, la remise et l’extradition de personnes menacées de disparition forcée.

La forte pertinence de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, et les procédures d’urgence et d’enquête qu’elle prévoit, en ont fait un outil puissant et polyvalent en vue d’interdire, de prévenir et de combattre cet horrible crime.

Nous sommes nombreux dans cette salle à avoir rencontré les membres de famille de personnes qui ont disparu. Nous n’ignorons rien de la terrible souffrance que vivent ceux et celles qui sont laissé(e)s dans l’ignorance quant à la date de l’éventuel retour de leurs proches; de leur lieu de détention – s’ils sont effectivement détenus – et la raison de cette détention.

Au cours de la dernière décennie, 55 États ont ratifié ou adhéré à la Convention et bon nombre d’entre eux ont adopté des lois qui criminalisent la disparition forcée. Vingt ont reconnu l’autorité du Comité des disparitions forcées pour recevoir les plaintes individuelles et les demandes d’action urgente et le nombre de ces demandes a augmenté de manière exponentielle. Par son action, le Comité a aidé des centaines de membres et de représentants de famille des disparus à avoir accès aux informations.

Certaines personnes disparues ont été localisées: actuellement, deux sont en détention et huit ont été libérées. D’autres sont décédées. Bien d’autres sont, sans aucun doute, emprisonnées dans des lieux secrets où elles souffrent et sont désespérées.

Je crois fermement que le travail du Comité a également eu un effet préventif important. Mais la pratique de la disparition forcée ne diminue pas – elle se métamorphose. Dans le contexte des migrations, des conflits internes, de la criminalité transnationale organisée, des crises humanitaires et de la lutte contre l’extrémisme violent, nous observons avec inquiétude l’émergence de nouveaux modes de disparition forcée.

Dans ce contexte, alors que la Convention entre dans sa deuxième décennie, j’appelle tous les États à reconnaître les principes fondamentaux de la dignité humaine qui sont à la base de cet instrument juridique essentiel.

Fixons-nous aujourd’hui l’ambitieux objectif de doubler le nombre de ratifications de la Convention au cours des cinq prochaines années. Je suis convaincu que, tous ensemble, nous avons le pouvoir d’y parvenir.

Merci