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Zeid appelle à l’arrêt immédiat des massacres en RDC

GENÈVE (20 février 2017)Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a appelé le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) à prendre des mesures immédiates pour mettre un terme aux violations généralisées des droits de l’homme, y compris les exécutions sommaires apparentes, perpétrées par les forces armées nationales.

«Il y a plusieurs allégations crédibles de violations massives des droits de l’homme dans les régions du Kasaï, du Kasaï central, du Kasaï oriental et de Lomami, dans le contexte d’une forte dégradation des conditions de sécurité, y compris des personnes visées par les soldats pour leur prétendue appartenance à une milice locale,» a déclaré M. Zeid.

«Il est temps de mettre fin à cette réaction militaire brutale qui ne s’attaque en rien aux causes profondes du conflit entre le gouvernement et les milices locales mais vise plutôt les civils sur la base de leurs liens présumés avec les milices,» a-t-il souligné.

«Conformément à ses obligations internationales en matière de droits de l’homme, le gouvernement de la RDC doit veiller à ce que ses forces de sécurité, y compris la police et l’armée, respectent et protègent les vies et ne recourent aux armes à feu qu’en dernier recours, face à une menace imminente pour la vie ou une menace de blessure grave,» a précisé Zeid.

Une milice locale liée à un chef coutumier, Kamuina Nsapu, tué par les forces armées de la RDC en août 2016, est de plus en plus active dans la province du Kasaï central, prenant principalement pour cibles les bâtiments gouvernementaux et les églises ainsi que les forces de sécurité nationales. La milice en question aurait également recruté et utilisé des enfants.

Des séquences vidéo horribles ont été diffusées le week-end dernier, montrant apparemment des soldats des Forces armées de RDC (FARDC) tirer à plusieurs reprises et sans prévenir sur des hommes et des femmes qui appartenaient prétendument à la milice Kamuina Nsapu, dans le village de Muenza Nsapu.  Les prétendus soldats ont tiré à bout portant sur des victimes non armées alors qu’elles gisaient en sang sur le sol.

La mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (MONUSCO), n’est pas en mesure de vérifier l’origine et l’authenticité de la vidéo. Cependant, le porte-parole du gouvernement de la RDC et ministre de la Communication, Lambert Mende, a déclaré que les officiers des FARDC font l’objet d’une enquête judiciaire en raison de leur comportement lors des récents combats dans le village.

«Les autorités de la RDC doivent mener une enquête indépendante, impartiale, rapide, efficace et transparente afin de faire la lumière sur ce qui s’est passé et de veiller à ce que les responsables rendent pleinement compte de ce qui semble constituer un recours à la force excessif et disproportionné et, dans certains cas, mortel,» a souligné M. Zeid.

Le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH) surveille de près la milice Kamuina Nsapu depuis plusieurs mois et a recensé une flambée récente des violences dans la province du Kasaï central. Il a appris qu’une cinquantaine de personnes auraient été tuées par des troupes entre le 6 et le 8 février, et 101 autres personnes auraient perdu la vie dans des affrontements avec des soldats entre le 9 et le 13 février.  Dans l’ensemble, le BCNUDH a recensé plus de 280 meurtres depuis juillet 2016 dans le contexte de cette violence.

Le BCNUDH assure une liaison étroite avec les autorités judiciaires, notamment en partageant les conclusions des différentes missions déployées dans la zone, afin de s’assurer que des enquêtes sont ouvertes au sujet des violations signalées commises par les FARDC et les milices.

«La RDC connaît depuis longtemps un climat de graves violences, mais face à l’escalade inquiétante de la violence dans des provinces considérées comme relativement calmes, j’appelle à nouveau le gouvernement à redoubler d’efforts pour lutter contre l’impunité qui ne fait qu’alimenter ce cycle de violences et de violations des droits de l’homme,» a déclaré le Haut-Commissaire.

«J’exhorte les autorités à mettre en place un plan de paix global fondé sur le dialogue, y compris la recherche de solutions durables aux conflits avec les chefs coutumiers,» a déclaré M. Zeid.

Le Haut-Commissaire a par ailleurs invité le Conseil des droits de l’homme et la communauté internationale à surveiller la situation en matière de sécurité en RDC, y compris les progrès réalisés par les autorités dans le cadre des enquêtes, des poursuites et des sanctions liées à ces crimes.

FIN

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Liz Throssell (+41 22 917 9466 / ethrossell@ohchr.org)

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