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Les États sont appelés par des experts des Nations Unies à agir dès maintenant contre le profilage racial et l’incitation à la haine

​Genève (21 mars 2017) – Des experts des droits de l'homme des Nations Unies appellent les gouvernements du monde entier à prendre sans délais des mesures visant à dissiper les peurs et mettre fin à la désinformation sur les minorités et les migrants, qui alimentent de manière grandissante l'incitation à la haine raciale et au profilage racial.

Dans une déclaration prononcée à l'occasion de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale (21 mars), les experts sur la discrimination raciale affirment qu'un certain nombre de mesures doivent être prises immédiatement, notamment une formation contre le racisme pour les services judiciaires et de police et des dispositions pour éliminer le racisme institutionnel. 

«Les dirigeants politiques et les voix médiatiques qui stigmatisent certains groupes ethniques, les migrants et les réfugiés en les accusant d'être enclins à la criminalité et au terrorisme ou d'être responsables du malaise économique, encouragent le mépris racial qui peut susciter les préjugés, la discrimination voire la violence physique et verbale,» ont déclaré les experts.

«Ce lien de cause à effet n'est que trop évident, au vu de l'incidence croissante des crimes racistes et haineux dans les pays où les minorités et les migrants sont de plus en plus souvent confrontés à une rhétorique hostile,» ont-ils insisté.

Les experts avertissent également que les différences de traitement des populations d'ascendance africaine et d'autres minorités par les services de maintien de l'ordre et les systèmes de justice pénale sont non seulement inefficaces mais pernicieuses. Ils affirment que le profilage racial viole les droits fondamentaux des personnes ciblées en leur refusant la protection égale de la loi et exhortent les États membres à se saisir sérieusement de la question du racisme structurel dont ces personnes sont déjà victimes en raison de leur origine ethnique ou de leur statut minoritaire.

 «Quand la discrimination se banalise, elle se paie d'un tribut de plus en plus lourd, car les personnes visées risquent d'intérioriser un sentiment de stigmatisation et de marginalisation. Plus généralement, les taux de condamnations criminelles et de sanctions anormalement élevés infligées aux minorités sapent leur confiance dans les institutions gouvernementales et renforcent la discrimination qu'ils subissent,» ont ajouté les experts.
 
«Ces dernières années, les mesures de lutte contre le terrorisme et contre la drogue se sont soldées par un recours accru au profilage racial.  Les crises économiques qui touchent de nombreux pays n'ont fait qu'exacerber la discrimination actuelle et les migrants comme les groupes minoritaires sont pénalisés par l'hostilité, la discrimination voire par la violence,» ont insisté les experts des droits de l'homme.

Ils souhaitent que les gouvernements mettent en place une formation aux droits de l'homme et à la lutte contre le racisme au profit des forces de maintien de l'ordre et des autorités de justice pénale, notamment les fonctionnaires de police, le personnel pénitentiaire, les agents des services d'immigration et du droit d'asile et les magistrats. Ils appellent donc instamment à la collecte et à la notification de données ventilées sur les minorités dans les services de police et de justice pénale.

Les experts veulent aussi que soient adoptées et mises en œuvre des lois assorties de sanctions appropriées pour les infractions pénales motivées par la discrimination raciale; l'élimination des préjugés raciaux des institutions par des garanties du système judiciaire et par des mécanismes de mise en œuvre et des voies de recours.

Ils insistent sur  la nécessité d'appliquer des programmes de base pour lutter contre la désinformation et le racisme, favoriser le dialogue entre différentes cultures et bâtir des sociétés basées sur la confiance mutuelle et le respect.

«Les gouvernements doivent garantir que les minorités, en particulier les migrants et les réfugiés, sont traitées d'égal à égal et pleinement intégrées dans la société grâce à l'accès au logement, aux soins de santé, à l'éducation et aux services sociaux,» ont conclu les experts.

(*) Les experts dans cette déclaration: Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale; le Groupe de travail d'experts sur les personnes d'ascendance africaine; M. Mutuma Ruteere, Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée.

FIN

Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale est un organe d'experts indépendants qui contrôle l'application de la Convention internationale sur l'élimination de toutes les formes de discrimination raciale par les États parties.

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Gabriella Habtom (+41 22 917 9193 / ghabtom@ohchr.org) ou écrire à cerd@ohchr.org

Le Groupe de travail d'experts sur les personnes d'ascendance africaine a été créé en 2002 par ce qui était alors la Commission des droits de l'homme, à la suite de la Conférence mondiale contre le racisme tenue à Durban en 2001.

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Christina Saunders (+41 22 928 9197 / csaunders@ohchr.org), Niraj Dawadi (+41 22 928 9151 / ndawadi@ohchr.org) ou écrire à africandescent@ohchr.org.

M. Mutuma Ruteere (Kenya) a été nommé par le Conseil des droits de l'homme comme Rapporteur spécial sur les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance qui y est associée, en novembre 2011.

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter: Thierry del Prado (+41 22 917 92 32 / tdelprado@ohchr.org) Karin Hechenleitner Schacht (+41 22 917 9232 / 9408 / khechenleitner@ohchr.org)

Pour les requêtes des médias relatives à d'autres experts indépendants de l'ONU:
Bryan Wilson – Unité Média (+41 22 917 9826 / mediaconsultant1@ohchr.org)

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