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Point presse sur le Soudan du Sud et les Maldives

Porte-parole du Haut-Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies: Ravina Shamdasani
Lieu:   Genève
Date: 25 avril 2017

(1) Soudan du Sud

Nous déplorons les récentes flambées de violence dans plusieurs villes, notamment Pajok, en Équatoria occidentale et Wau, dans l’État du Bahr El Gazal occidental, qui ont fait de nombreuses victimes et causé le déplacement de plus de 22 000 personnes. Les visites effectuées sur ces sites par la division des droits de l’homme de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS) ont révélé de graves violations des droits de l’homme, y compris des meurtres ciblés et sans discernement de civils, des violences sexuelles ainsi que le pillage et la destruction de biens civils, et la large impunité pour les auteurs de ces violations.

À Pajok, le 3 avril, une embuscade tendue par des individus armés contre l’armée populaire de libération du Soudan (APLS) a provoqué une flambée de violence pendant deux jours, au cours de laquelle l’armée aurait attaqué des civils au motif de leur soutien supposé aux groupes armés de l’opposition, le mouvement de libération du Soudan/l’armée de l’opposition (MLS/A in Opposition). En conséquence de cette violence, environ 7 000 civils ont fui dans la forêt et vers l’Ouganda voisin pendant une semaine. Au cours de leur visite, les responsables des droits de l’homme ont pu prendre la mesure des meurtres et du pillage. De nombreux témoignages indiquent que des soldats de l’APLS ont tué des civils qui ne pouvaient pas fuir et visé des jeunes hommes en fonction de leur origine ethnique. La division des droits de l’homme a également reçu des informations concernant trois incidents de violence sexuelle impliquant six femmes. Les autorités locales, y compris l’APLS, ont déclaré que les hommes soupçonnés d’avoir participé à l’un des incidents avaient été arrêtés et étaient détenus par l’armée. Cependant, les autorités ont nié les allégations d’atrocités de masse à l’encontre de civils.

À Wau, après le prétendu meurtre de deux officiers supérieurs de l’APLS et de 17 soldats dans une embuscade tendue par des personnes soupçonnées d’appartenir au MLS/au mouvement A in Opposition le 9 avril, la violence a éclaté le 10 avril. Encore une fois, il y a eu de très nombreuses victimes dans la population civile: 28 civils ont été tués selon les chiffres du gouvernement. Plusieurs témoins ont indiqué que l’APLS et des Dinkas armés avaient fouillé les maisons les unes après les autres, et interrogé des civils au sujet de leur origine ethnique avant de les tuer. Environ 17 000 civils ont fui vers le site de protection des civils à proximité de la base de la MINUSS à Wau, et 5 000 autres ont trouvé refuge dans l’enceinte de l’église catholique de la ville.

Si le gouverneur de Wau a mis sur pied un comité en vue d’élaborer un rapport complet visant à déterminer le motif des attaques, identifier les auteurs de ces crimes et leur demander des comptes, nous sommes inquiets qu’à ce jour nos informations indiquent que personne n’a été arrêté dans le cadre de ces attaques perpétrées contre des civils.

Au Soudan du Sud, la large impunité pour des attaques aussi épouvantables à l’encontre de populations civiles ne peut qu’encourager une violence encore plus grande. Nous exhortons les autorités à faire en sorte que les responsables des violences commises à Pajok et Wau soient tenus de rendre des comptes, quels que soient leurs affiliations et leur rang.
Les missions de la division des droits de l’homme ont eu lieu à Pajok entre les 11 et 14 avril, et à Wau du 18 au 23 avril.

(2) Maldives

Le dimanche 23 avril, un blogueur et activiste sur les réseaux sociaux renommé aux Maldives, Yameen Rasheed, a été retrouvé dans la cage d’escalier de sa résidence avec de multiples coups de couteau à la tête, au cou et au corps. Il a succombé aux blessures qui lui ont été infligées.

Nous sommes profondément alarmés par le meurtre de M. Rasheed et nous exhortons les autorités à veiller à ce que l’enquête sur ce meurtre soit rapide et approfondie et que les auteurs soient traduits en justice conformément aux lois et aux normes internationales en matière de droits de l’homme. En décembre, M. Rasheed avait signalé à la police des Maldives qu’il recevait des menaces de mort ciblées depuis la publication de sa photo avec les photos d’autres personnes sur une page Facebook anonyme. Cependant, il s’est plaint qu’il avait dû effectuer un suivi sur trois jours simplement pour obtenir la confirmation que sa plainte avait bien été enregistrée. M. Rasheed était à la pointe d’une campagne pour que justice soit rendue dans l’affaire de la disparition, en 2014, du journaliste Ahmed Rilwan, qui aurait été enlevé par le crime organisé.

Le meurtre de M. Rasheed vient dans un contexte de ce qui semble être un regain d’arrestations et de poursuites judiciaires visant l’opposition politique. Nous appelons les autorités à prendre des mesures pour remédier à la réduction de l’espace d’exercice de la liberté d’expression. Nous rappelons à l’État qu’il a l’obligation de veiller à ce que les journalistes, les acteurs de la société civile et les défenseurs des droits de l’homme puissent exercer leurs droits à la liberté d’expression et d’opinion sans crainte pour leur sécurité. Lorsque ces personnes sont expressément menacées, le gouvernement devrait prendre des mesures urgentes pour assurer leur protection.

FIN

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Ravina Shamdasani (+41 22 917 9169 / rshamdasani@ohchr.org ) ou Liz Throssell (+41 22 917 94 66 / ethrossell@ohchr.org)

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