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" Communier avec la nature avant qu’il ne soit trop tard " – Un expert des Nations Unies exhorte tous les gouvernements à sauver la biodiversité

Journée mondiale de l’environnement – Lundi 5 Juin

GENÈVE (1er juin 2016) – S’exprimant en amont de la Journée mondiale de l’environnement, le lundi 5 juin, le Rapporteur spécial des Nations Unies sur les droits de l’homme et l’environnement, John H. Knox, exhorte tous les États à en faire davantage pour remplir leurs obligations actuelles et protéger la diversité biologique de l’extinction.

" Nous devrions nous inquiéter de la disparition accélérée de la biodiversité dont dépendent les écosystèmes en bonne santé. Nous devrions également avoir pleinement conscience du fait que nous ne pouvons profiter de nos droits fondamentaux sans un environnement sain.

Alors que les yeux de la communauté internationale sont, à juste titre, tournés vers l’avenir de l’accord de Paris sur le changement climatique, cette année, la Journée mondiale de l’environnement nous donne l’occasion de célébrer notre relation intime avec la nature.

À cet égard, nous dépendons d’écosystèmes naturels en bonne santé – alimentation, logement, vêtements, l’eau que nous buvons et l’air que nous respirons. Et pourtant, les zones forestières naturelles continuent de dépérir, les écosystèmes marins sont soumis à rude épreuve et on estime que les populations d’animaux vertébrés ont diminué de plus de moitié depuis 1970.

De nombreux scientifiques craignent que ce ne soit le début de la sixième grande extinction des espèces dans le monde, la première depuis plus de 60 millions d’années.

Les États ont signé des accords afin de combattre les causes de la perte de biodiversité, notamment la destruction de l’habitat, la surexploitation, le braconnage, la pollution et le changement climatique. Toutefois, ces mêmes États échouent lamentablement à respecter les engagements qu’ils ont pris afin d’inverser ces tendances inquiétantes.

Près d’un tiers des sites naturels et mixtes du Patrimoine mondial souffrirait d’exploitation forestière, de braconnage et de pêche illégale, qui ont conduit les espèces menacées au bord de l’extinction et mis en danger les moyens d’existence et le bien-être des communautés qui en vivent. 

L’extinction des espèces et la perte de diversité microbienne fragilisent nos droits à la vie et à la santé en détruisant les sources potentielles de nouveaux médicaments et en affaiblissant l’immunité humaine. La réduction des variétés, les rendements et la sécurité des pêcheries et de l’agriculture compromettent notre droit à l’alimentation. L’affaiblissement de la capacité de la nature à filtrer, réguler et stocker l’eau menace le droit d’accès à l’eau propre et potable.

Sans des écosystèmes en bonne santé, les gouvernements auront de grandes difficultés à respecter leurs engagements en matière de développement durable. La biodiversité et les droits de l’homme sont liés et interdépendants et les États se doivent de respecter les deux. Dans ce contexte, ils doivent tenir leurs engagements en vue d’instaurer des cadres juridiques et institutionnels pour la protection de la biodiversité.

Les gouvernements doivent veiller à l’information du public et à son implication dans les décisions relatives à la biodiversité et garantir l’accès à des solutions efficaces pour remédier à sa perte et à sa dégradation.

Les gardes-forestiers, les peuples autochtones et les autres personnes qui risquent leur vie pour préserver les écosystèmes naturels doivent être reconnus comme défenseurs des droits de l’homme et, à ce titre, protégés.

La Journée mondiale de l’environnement donne l’occasion d’apprécier la beauté de la nature et son importance pour l’humanité. Pour véritablement communier avec elle, nous devons collectivement encourager nos gouvernements à remplir leurs obligations légales afin de protéger la terre, sa biodiversité et ceux qui la préservent des dommages. "

NOTE AUX ÉDITEURS:

Le dernier rapport du Rapporteur spécial au Conseil des droits de l’homme, en mars 2017, portait sur la relation entre les droits de l’homme et la biodiversité, illustrant ses nombreux liens avec une vie humaine saine et soulignant la dépendance du développement durable du monde à l’égard d’écosystèmes en bonne santé.

Le Professeur John H. Knox (USA) a été nommé expert indépendant en 2012 par le Conseil des droits de l’homme, et son mandat a été renouvelé en 2015 en tant que rapporteur spécial sur la question des obligations relatives aux droits de l’homme se rapportant aux moyens de bénéficier d’un environnement sûr, propre, sain et durable. En sa qualité de professeur de droit international à l’Université Wake Forest aux États-Unis, le Conseil l’a mandaté afin de clarifier la question de l’application des normes relatives aux droits de l’homme dans le domaine de la protection de l’environnement ainsi que d’identifier les pratiques exemplaires de prise en compte des obligations relatives aux droits de l’homme dans la formulation des politiques environnementales.

Les Rapporteurs spéciaux et experts indépendants font partie de ce que l’on nomme les Procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme " procédures spéciales ", qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et siègent à titre personnel.

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Jamshid Gaziyev (+41 22 91 79183 / srenvironment@ohchr.org)

Pour les requêtes des médias relatives à d’autres experts indépendants de l’ONU:
Xabier Celaya, Droits de l’homme, Nations Unies – Unité Médias (+ 41 22 917 9383 / xcelaya@ohchr.org)  

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