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Zeid demande l’ouverture d’une enquête sur la mort de manifestants à Bahreïn

GENEVE (2 juin 2017) – Zeid Ra’ad Al Hussein, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, a demandé au gouvernement de Bahreïn d’ouvrir rapidement une enquête indépendante et efficace sur la mort de cinq manifestants lors d’une opération de sécurité, la semaine dernière.

Le 23 mai 2017, les forces de sécurité de Bahreïn ont mené une opération de sécurité dans la région d’Al-Diraz où des partisans du cheikh Issa Ahmed Qassim, le plus haut dignitaire chiite à Bahreïn, avaient organisé un sit-in depuis juin 2016.

Au moins cinq manifestants ont été tués et 286 arrêtés. Les bilans officiels indiquent que 19 membres du personnel de sécurité auraient été blessés. Il s’agissait de la troisième opération de sécurité dans la région depuis décembre 2016 et la plus meurtrière depuis mars 2011. L’opération a eu lieu deux jours après qu’un tribunal de Bahreïn avait prononcé une peine d’un an avec sursis à l’encontre du cheikh Issa Qassim pour financement illégal et blanchiment d’argent.

" J’invite instamment le gouvernement à enquêter sur les évènements du 23 mai, notamment sur les pertes en vies humaines, à veiller à ce que les conclusions soient rendues publiques et que les coupables soient appelés à répondre de leurs actes, " a déclaré le Haut-Commissaire Zeid en appelant toutes les parties à s’abstenir de toute violence. Les rapports indiquant que les victimes avaient été enterrées sans le consentement de leur famille étaient également choquants, a précisé le Haut-Commissaire, ajoutant que les proches doivent pouvoir organiser les obsèques conformément à leurs coutumes et traditions.
Le Haut-Commissaire a également appelé les autorités à libérer les personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et de réunion. Les personnes suspectées de crimes doivent être traitées en respectant pleinement leurs droits, notamment le droit à un procès équitable.

M. Zeid s’est déclaré particulièrement inquiet que les violences et les arrestations se soient déroulées dans le cadre de vastes mesures de répression envers la dissidence dans le pays. Mercredi, l’un des derniers groupes d’opposition du pays, la Société nationale pour l’action démocratique, connue sous le nom de Waad, a été dissoute par un tribunal de Manama. Les sources indiquent que, ces derniers jours, un certain nombre de militants et de défenseurs des droits de l’homme avaient également été convoqués pour des interrogatoires, sur lesquels pèsent des accusations de mauvais traitements. En avril, cette année, un amendement constitutionnel a accordé aux tribunaux militaires le droit de juger les civils.

" Les défenseurs des droits qui travaillent au Bahreïn continuent d’être confrontés à des restrictions, des manœuvres d’intimidation, des interrogatoires, des mesures de détention et des interdictions de voyager, " a ajouté M. Zeid. " J’invite Bahreïn à opter pour une voie différente – celle de l’engagement et du dialogue, de l’obligation de rendre des comptes pour faits de violence, qui que soient les auteurs. Le Haut-Commissariat se tient prêt à fournir une aide technique et des conseils en matière de promotion et de protection des droits de l’homme au Bahreïn. "

FIN

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