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Selon des expertes des Nations Unies, les enfants migrants sont exposés à la traite et à l’exploitation en raison de l’échec des systèmes de protection actuels

Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains - Dimanche 30 juillet 2017

GENEVE (27 juillet 2017) – Deux expertes des droits de l’homme des Nations Unies ont averti que les systèmes actuels destinés à protéger les enfants migrants sont défaillants, au risque de les exposer à la traite, à la vente et à d’autres formes d’exploitation.

" Les mécanismes destinés à protéger les enfants aux prises avec des conflits ou des crises humanitaires sont en grande partie inefficaces et ne sont guère utiles pour prévenir les situations précaires que vivent ces enfants, " ont déclaré les Rapporteuses spéciales Maria Grazia Giammarinaro et Maud de Boer-Buquicchio, qui s’exprimaient en amont de la Journée mondiale de la dignité des victimes de la traite d’êtres humains, le dimanche 30 juillet.

" Tant d’enfants ont trouvé la mort dans des zones de conflit ou au cours de leur dangereux périple, " ont-elles ajouté.

Les expertes ont indiqué que tous les enfants qui fuient les conflits, notamment ceux qui voyagent seuls, sont vulnérables à différentes formes d’abus: exploitation sexuelle et économique, y compris liée à la traite, vente et mariage forcé, dans leur foyer, communauté, société ou sur les lieux de stationnement des migrants et/ou de réfugiés – par exemple, dans les centres d’accueil, les camps de réfugiés, les installations de fortune dans les pays d’origine, de transit et de destination.

" Nous appelons l’ensemble des États à intensifier leurs efforts destinés à protéger les enfants migrants de la traite, de la vente et d’autres formes d’exploitation, " ont-elles insisté. " Les enfants sont touchés par les conflits et les catastrophes de façon disproportionnée et ceux qui ont été séparés de leur famille sont particulièrement vulnérables. "

Les garçons comme les filles sont exposés à l’exploitation sexuelle, bien que les risques soient plus élevés pour les filles, ont constaté les experts.

" Les efforts actuellement entrepris pour protéger les enfants sont entravés, entre autres par les imprécisions dans l’identification des enfants victimes de la traite, vendus ou exploités de toute autre manière, par la formation insuffisante des intervenants de première ligne et par la difficulté à déterminer l’âge et la filiation des enfants, " ont-elles précisé.

" Il faut y ajouter la capacité limitée des camps à accueillir les enfants dans des installations spécialisées et distinctes et le manque de coordination entre les différents acteurs qui s’en occupent, " ont affirmé les expertes en s’appuyant sur les premiers résultats de l’étude qu’elles présenteront à l’Assemblée Générale des Nations Unies en octobre 2017.

Les deux expertes ont observé que, malgré un certain nombre de pratiques prometteuses, les systèmes actuellement mis en œuvre ne prennent pas en compte les besoins particuliers ni l’intérêt supérieur des enfants de manière systématique, notamment des enfants séparés ou non accompagnés qui, par moments, partagent leurs lieux de vie avec des adultes dans des zones ou des camps dépourvus des commodités de base.

" Bon nombre de ces enfants sont exploités sexuellement, confirmant l’échec du système de protection actuel. La pauvreté contraint également les enfants à recourir à des moyens risqués pour survivre, ont-elles dit.

" Quand les enfants qui ont peu ou pas d’argent vivent dans l’incertitude pendant de longues périodes, ils cherchent des moyens de gagner de l’argent, pour continuer à survivre là où ils se trouvent ou pour leur permettre de poursuivre leur périple. "

" La recherche de moyens de subsistance les expose davantage à la traite, à la vente ou à d’autres formes d’exploitation. "

Les expertes ont critiqué les États qui continuent d’enfermer les enfants migrants, privilégiant des politiques d’immigration sévères au détriment des politiques de protection des enfants. " La détention des enfants migrants en situation irrégulière ne peut jamais servir leur intérêt supérieur, car elle constitue une violation de leurs droits et est particulièrement préjudiciable à leur bien-être, " ont-elles indiqué.

Quel que soit le contexte, ont-elles insisté, les États sont juridiquement responsables de l’identification, de la protection et de l’aide apportée en milieu familial ou sous la forme de structure familiale aux enfants victimes de la traite, de la vente et de toute autre forme d’exploitation ou à ceux qui sont exposés à l’exploitation en toutes circonstances – notamment lors de conflits ou de crises humanitaires.

" Les mesures d’assistance et de protection doivent tenir compte de l’enfant et du genre, " ont expliqué les expertes des droits de l’homme.

" La coopération entre les pays d’accueil, les organisations internationales et de la société civile doit également être améliorée afin de permettre l’identification et la protection des enfants victimes et des enfants exposés à l’exploitation, " ont conclu les Rapporteuses spéciales.

Mme Maria Grazia Giammarinaro (Italie) a été nommée rapporteuse spéciale sur la traite des êtres humains, notamment les femmes et les enfants, par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en juin 2014.

Mme Maud de Boer-Buquicchio (Pays-Bas) a été nommée Rapporteuse spéciale sur la vente et l’exploitation sexuelle des enfants par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en mai 2014.

Les Rapporteurs spéciaux font partie de ce que l’on nomme les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme " procédures spéciales ", qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et siègent à titre personnel.

Pour de plus amples informations et les demandes des médias, veuillez contacter Selma Vadala (+41 22 917 91 08 / svadala@ohchr.org) ou écrire à srtrafficking@ohchr.org)

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Xabier Celaya – Unité Médias, HCDH (+ 41 22 917 9383 / xcelaya@ohchr.org

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