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Des experts des Nations Unies déclarent que les droits sexuels et reproductifs des femmes sont essentiels au changement des mentalités afin de lutter contre la discrimination fondée sur le genre aux Samoa

GENEVE / APIA (18 août 2017) – Les Samoa ont accompli d’immenses progrès dans la lutte contre le phénomène très répandu de violence fondée sur le genre, mais il reste encore beaucoup à faire pour venir à bout de la discrimination sexuelle profondément ancrée, a conclu un groupe d’experts des droits de l’homme des Nations Unies à l’issue de leur première visite officielle dans l’État du Pacifique

" Nous nous félicitons de l’adoption de lois qui respectent la constitution des Samoa et les obligations internationales relatives aux droits de l’homme concernant la discrimination à l’égard des femmes et la violence fondée sur le genre, en particulier la pénalisation des violences domestiques, la garantie juridique de l’égalité dans l’emploi et l’exigence constitutionnelle relative aux quotas minima de femmes au Parlement, " a déclaré Kamala Chandrakirana, qui dirige actuellement le Groupe de travail chargé de la question de la discrimination à l’égard des femmes.

" Néanmoins, ces lois ne seront pleinement efficaces que si les droits sexuels et reproductifs des femmes sont respectés et que celles-ci sont autonomes au plan économique. "
 
S’attaquer aux causes profondes de la violence faite aux femmes passe par une évolution majeure des perceptions culturelles relatives aux femmes et à leur place dans la société, ont indiqué les experts, précisant que de nombreux Samoans avaient été profondément choqués par un récent rapport du gouvernement révélant l’ampleur de la violence fondée sur le genre.

" D’importants efforts ont déjà été entrepris pour faire évoluer les perceptions culturelles, avec des résultats encourageants, mais des avancées majeures sont encore nécessaires. Il existe toujours le besoin criant d’un dialogue ouvert sur des sujets "tabous", sur la signification du "mode de vie traditionnel samoan" (fa’asamoa) et sur la nécessité de garantir le droit des femmes à l’égalité au sein de la famille, " a ajouté Mme Chandrakirana.
 
" Cela ne sera possible qu’avec l’autorité du gouvernement et d’autres acteurs locaux, y compris les chefs communautaires et religieux, aux côtés des femmes et des hommes à tous les échelons de la société. "
 
La délégation, qui comprenait également Eleonora Zielinska, experte des droits de l’homme, a visité Apia, la capitale, et les villages de Poutasi et Vavau, lors de sa mission de dix jours. Les experts ont pris part à des consultations avec des représentants des communautés de Salani, Sapoe, Utulaelae, Siuniu, Salesatele, Salelesi ainsi qu’avec des responsables gouvernementaux, des représentants des institutions d’État, des organisations de la société civile, des chefs religieux et des universitaires.

Selon Mme Chandrakirana, les Samoa n’en sont qu’au début d’un long processus. " Il y a un sentiment d’urgence à réformer les lois, les politiques et les institutions du pays pour faire face à ces évolutions, alors que les tensions et les contradictions dans les pratiques sociales, culturelles et politiques ne manquent pas, " a-t-elle déclaré.
Elle a ajouté que, avec une population jeune en pleine croissance, le moment était propice pour respecter pleinement les droits des femmes en mettant fin aux violences fondées sur le genre, tout en dissipant les malentendus relatifs aux droits de l’homme et en reconnaissant que la vie familiale était au cœur de la société samoane.

Les experts ont recommandé de nouvelles politiques dont un système de sécurité sociale public, un soutien sans réserve aux femmes et aux jeunes filles qui ont souffert de violences sexuelles et physiques et un meilleur financement des associations de la société civile qui apportent une immense contribution malgré des ressources limitées.

Le Groupe de travail présentera son rapport final au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies en juin 2018.

Le Groupe de travail des Nations Unies chargé de la question de la discrimination à l’égard des femmes dans la législation et dans la pratique a été créé par le Conseil des droits de l’homme en 2010 afin d’identifier, de promouvoir et d’échanger des points de vue, en consultation avec les États et d’autres acteurs, sur les bonnes pratiques relatives à la suppression des lois qui favorisent la discrimination des femmes. Le Groupe est également chargé d’établir un dialogue avec les États et avec d’autres acteurs sur les lois qui ont une incidence discriminatoire pour les femmes.

Le Groupe de travail est composé de cinq experts indépendants: l’actuelle Présidente/Rapporteuse Kamala Chandrakirana (Indonésie), Eleonora Zielinska (Pologne), Alda Facio (Costa Rica), Frances Raday (Israël/Royaume-Uni), et Emna Aouij (Tunisie).

Les groupes de travail font partie de ce que l’on nomme les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme " procédures spéciales ", qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme. Les titulaires de mandat au titre des procédures spéciales sont des experts des droits de l’homme indépendants nommés par le Conseil des droits de l’homme, qui s’occupent de la situation particulière d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation. Ils siègent à titre personnel et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail.

Droits de l’homme, Nations Unies, page d’accueil du pays: Samoa

Pour plus d’informations et les demandes des médias, veuillez contacter Hannah Wu (+41 22 917 9152 / hwu@ohchr.org), Bernadette Arditi (+41 22 917 9159 / barditi@ohchr.org) ou écrire à wgdiscriminationwomen@ohchr.org

Pour les requêtes des médias relatives à d’autres experts indépendants de l’ONU:
Xabier Celaya, Droits de l’homme, Nations Unies – Unité Médias (+ 41 22 917 9383 / xcelaya@ohchr.org)  

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