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Mettre fin à la violence et à la discrimination contre les personnes LGBTI - Réunion ministérielle du groupe de base LGBTI

22 septembre 2017

Premier Ministre Muscat,
Vice-Présidente Chacón,
Vice-Premier ministre De Croo,
Excellences,
Collègues, amis,

L'année prochaine, la Déclaration universelle des droits de l'homme fêtera ses 70 ans et il y a beaucoup à célébrer. La Déclaration a servi de tremplin à sept décennies de progrès qui ont fait avancer et ont renforcé les droits humains dans le monde entier.

Mais à mesure que nous nous approchons de cet anniversaire historique, beaucoup de ces progrès semblent de plus en plus fragiles. Les forces populistes sont encore parmi nous et la société civile subit une pression croissante. Les cadres juridiques que nous avons mis des décennies à garantir sont affaiblis par des politiciens opportunistes qui placent les gens devant une fausse alternative - un choix fatal - entre sécurité et liberté.

Comme toujours, lorsque les droits sont bafoués, ce sont les minorités qui sont les plus exposées : les immigrants, minorités religieuses, minorités raciales et, bien sûr, les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexuées. Invariablement, ceux qui perdent le plus sont ceux qui ont le moins : le moins de pouvoir, d'argent et de soutien public.

Au cours des vingt dernières années, d'énormes progrès ont été accomplis en faveur des personnes gays et lesbiennes - et dans une moindre mesure des personnes transgenres – mais il nous faut reconnaître que ces progrès sont très inégaux, sur le plan géographique et au sein de la communauté LGBTI.

Nous sommes honorés d'avoir parmi nous aujourd'hui le Premier ministre de Malte, un pays qui est devenu un pionnier mondial en introduisant une série de mesures pour protéger les droits des personnes LGBT et - une première pour l'Europe - des personnes intersexuées. Nous comptons également parmi nous, des dirigeants d'Argentine, de Belgique, du Canada, du Costa Rica, de la France, de l'Islande, des Pays-Bas, de la Norvège, de l'Espagne et du Royaume-Uni, qui peuvent tous citer des avancées historiques.

Cependant, tandis que de nombreux gouvernements vont dans la bonne direction, beaucoup n'en font pas assez. Certains même ne font rien. Les rapports de mon bureau révèlent souvent un contexte de violence brutale et de discrimination généralisée, alimentées par des attitudes négatives du grand public et recevant dans de nombreux cas le soutien actif de l'Etat.

Je soutiens sans réserve l'appel au dialogue lancé par le groupe de base. Nous avons besoin de davantage de dialogue au sein des pays et entre eux. Mais le fondement du dialogue doit être clair : il ne s'agit pas de savoir s'il faut mettre fin à ces violences, mais comment y remédier. Les personnes LGBTI sont des membres à part entière de la famille humaine. Elles ne sont pas inférieures au reste d'entre nous ; elles sont égales et, en tant que telles, elles ont le droit de jouir des mêmes droits que tout le monde.

Je comprends que dans de nombreuses régions du monde, c'est un sujet difficile à aborder. Lorsqu'ils sont interrogés, les hauts fonctionnaires me disent parfois qu'ils ont les mains liées car l'opinion publique n'acceptera jamais l'égalité pour les personnes LGBTI. Mais c’est en fait l’inverse. Si l'opinion publique est hostile aux personnes LGBTI, il est d'autant plus urgent que les gouvernements agissent pour les protéger.

Les recherches suggèrent que le facteur le plus important pour déterminer le niveau d'acceptation des personnes gays et transgenre par une personne n'est pas lié à son niveau d'éducation ou ses revenus, mais au fait que cette personne connaisse personnellement quelqu'un ouvertement gay ou transgenre. À mesure que de plus en plus de LGBTI révèlent leur orientation sexuelle, s'expriment et racontent leur histoire, elles changeront le monde qui les entoure, c'est imparable. Notre mission est de protéger ces personnes lorsqu'elles s'expriment et de les soutenir lorsqu'elles revendiquent leurs droits.

Nous attendons des gouvernements qu'ils mettent en place les garanties nécessaires pour protéger les personnes LGBTI. Nous demandons à tous les gouvernements de permettre aux personnes d'aimer qui elles veulent, d'interdire la discrimination, de lutter contre les crimes haineux et l'intimidation si fréquente à l'école, et de protéger les enfants intersexués, en interdisant notamment les opérations chirurgicales médicalement injustifiées des nourrissons intersexués. Il incombe aux gouvernements de protéger et de respecter les droits – et d'expliquer au public pourquoi ces mesures sont nécessaires.

Toutefois, nous savons par expérience que les gouvernements ne peuvent pas mettre fin à la discrimination seuls. Nous devons tous participer : médias, écoles, leaders religieux et fondamentalement le monde de l’entreprise.

La semaine prochaine, je lancerai une nouvelle série de normes mondiales, élaborées par mon bureau, qui soulignent les actions que les entreprises peuvent et devraient réaliser pour mettre fin à la discrimination contre les personnes LGBTI, sur le lieu de travail et ailleurs.

Aucun de nos travaux ne serait possible sans les vrais héros de cette cause : les militants LGBTI et leurs alliés qui défendent leurs droits, même lorsqu’ils s'exposent aux foudres de la loi, de leurs gouvernements et de l’opinion publique. Ils méritent notre reconnaissance et notre soutien. Je rends hommage à leur travail crucial.

Nous pouvons tous suivre leur exemple. Nous devons aller de l'avant et surmonter les obstacles à l'égalité – sur les lieux de travail, dans les écoles, dans les tribunaux et dans les rues. Il est temps que justice soit rendue.

Merci.