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Haïti: les droits des personnes déplacées par le séisme doivent être intégrés à la stratégie de rétablissement, selon un panel d’experts des Nations Unies

GENEVE (10 Mars 2010) – “Une solution durable basée sur les droits de l’Homme des personnes déplacées à l’intérieur pays est une composante essentielle du processus de rétablissement et de reconstruction”, a souligné le panel d’experts réunis aux Nations Unies à Genève ce lundi. Les experts ont débattu des éléments d’une feuille de route visant à proposer des solutions durables aux personnes déplacées suite au tremblement de terre dévastateur qui s’est produit en Haïti, le nombre des personnes concernées étant estimé à 1,9 millions.*

“Les droits de l’Homme de la population déplacée d’Haïti devraient servir d’indicateur pour l’ensemble des initiatives visant au rétablissement”, a déclaré le Représentant du Secrétaire General pour les Droits Humains des Personnes Déplacées, Walter Kalin. “Il doit y avoir une approche intégrée basée sur les droits de l’Homme dans le cadre des démarches d’aide et de reconstruction menées par la communauté internationale, des efforts particuliers étant requis afin de s’assurer que les personnes affectées sont en mesure de jouir de leurs droits économiques, sociaux et culturels”, a ajouté M. Forst, l’expert indépendant sur la situation des droits de l’Homme en Haïti. Il est essentiel, à la fois, que le gouvernement haïtien soit pleinement associé au processus de reconstruction, et que les besoins de la population locale soient traités”.

Une feuille de route doit également inclure des éléments visant à assurer la participation des personnes intéressées. “Il est important de garantir la participation des personnes déplacées dans la planification et la gestion des stratégies de rétablissement, et j’appelle à une consultation intense avec les personnes et les communautés affectées. Ce sera la un point crucial”, selon M. Kalin, “pour permettre aux personnes déplacées de faire un choix volontaire et éclairé sur l’endroit où ils souhaitent refaire leurs vies, que ce soit dans leur lieu de résidence d’origine ou ailleurs dans le pays.” Le Représentant du Secrétaire General a insisté sur le fait que les besoins des communautés hôtes dans les régions rurales qui ont accueilli des personnes déplacées, doivent également être pris en compte – un message relayé par tous les experts présents à cet événement tenu en marge du Conseil des droits de l’Homme.

Le représentant du gouvernement haïtien participant à l’événement a souligné les besoins vitaux en matière d’assistance humanitaire, et notamment de nourriture, d’abris à même de résister à la saison des ouragans, et d’eau potable. Egalement inscrit en priorité à l’agenda du gouvernement figure le besoin de rétablir les moyens de subsistance, de reconstruire les secteurs de l’agriculture, de la police et de la justice, ainsi que des infrastructures majeures telles qu’un système d’usage et de traitement des eaux, un système de santé, des écoles, des routes et un aéroport. “Tout cela sera vital pour la population, mais également pour attirer des investissements étrangers dans le pays”, a souligne le Chargé d’Affaires de la mission permanente d’Haïti auprès des Nations Unies à Genève, Mr. Jean-Claude Pierre.

“Répondre aux besoins complexes des personnes déplacées au sein du pays est une priorité critique à la fois pour les acteurs humanitaires et pour ceux du développement. A ce jour, l’assistance humanitaire et les premières interventions de rétablissement demeurent des priorités urgentes”, a déclaré Mr. Miguel Bermeo, Directeur adjoint du Bureau pour la prévention des conflits et le rétablissement, au sein du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

“Le PNUD travaille avec le gouvernement haïtien et d’autres partenaires sur la coordination du processus de rétablissement, l’évaluation des besoins, et la formalisation de programmes appropries. Parmi les éléments essentiels du rétablissement et de la reconstruction en Haïti figurent la pleine intégration des personnes déplacées au sein du tissu économique et social, une réaction coordonnée dirigée par les pouvoirs publics nationaux et locaux, et un juste équilibre entre les interventions humanitaires et les interventions visant au développement, de manière a assurer de la pérennité des programmes”, a ajouté M. Bermeo.

D’autres aspects essentiels d’une feuille de route visant à traiter le problème du déplacement de personnes en Haïti ont également été débattus au cours de cette réunion. Le panel a mis en évidence l’attention particulière qu’il convient de porter aux groupes vulnérables tels que les enfants, et tout spécialement les enfants orphelins, les personnes handicapées, ainsi que certaines catégories de femmes, ces personnes étant, en temps de crise, plus vulnérables à l’exploitation, aux abus sexuels, au trafic, au travail forcé et à d’autres violations de leurs droits. Les programmes d’insertion par le travail et autres programmes permettant aux individus de subvenir à leurs besoins doivent faire une place à ces personnes, dont les besoins particuliers doivent également être pris en compte dans les stratégies de rétablissement et de reconstruction.

“Il est important de souligner le rôle vital que jouent les femmes en aidant les communautés à se rétablir en temps de crise” a déclaré M. Forst, observant que le panel de discussion sur Haïti coïncidait avec la journée internationale de la femme. “Leur résistance et leurs capacités représentent en ce moment une contribution sur laquelle s’appuyer, mais nous devons donner plus de pouvoir aux femmes en s’assurant que leurs besoins sont satisfaits, que leurs droits et leur sécurité sont respectés, et en insistant sur le besoin de leur entière participation à tous les aspects du processus de rétablissement et de reconstruction en Haïti.”

“Les besoins sont nombreux, et les défis impressionnants, mais pas insurmontables. En répondant à tous ces besoins, souvenons nous cependant que, bien qu’il soit nécessaire et urgent de reconstruire des infrastructures ainsi que des logements, la tâche qui nous attend va bien plus loin que ce but immédiat. Ce que nous devons faire, c’est d’aider les gens à refaire leurs vies en garantissant leurs droits humains.”

(*) Chiffres sur personnes déplacés fournis par OCHA. Voir :
http://www.reliefweb.int/rw/rwb.nsf/db900sid/LPAA-83CC4Y?OpenDocument&RSS20&RSS20=FS