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Dans l’est de Mossoul, l’État islamique vise " délibérément " des civils


Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme reçoit des rapports indiquant que l’État islamique continue de mener des attaques directes, y compris des tirs d’artillerie, sur les civils dans certains quartiers de Mossoul repris par le gouvernement irakien, a déclaré une porte-parole du HCDH, Ravina Shamdasani, lors d’un point de presse à Genève. Elle a également fait part de préoccupations quant à des rapports indiquant que des membres des Forces de sécurité irakiennes auraient tué trois terroristes présumés dans l’est de Mossoul.

Au cours des dernières semaines, de nombreux rapports nous sont parvenus faisant état de civils tués par des tirs d’artillerie ou des engins explosifs improvisés (EEI) de l’EI, dans certains quartiers de Mossoul repris par le gouvernement irakien. Dans les quartiers du sud-est de la ville, comme Soumer et Palestine, et à l’est à al-Quds, al-Dubat et al-Zohour, notamment, des civils ont été tués et blessés, victimes des attentats-suicides, des tireurs embusqués et des bombardements de Daech, qui semble viser directement les civils et leurs habitations, ainsi que des EEI laissés par l’organisation terroriste avant de se retirer de ces zones – dont un a d’ailleurs arraché un bras à un enfant mardi dernier.

En outre, l’EI continue de s’en prendre à ceux qui fuient ou tentent de fuir les zones contrôlées par l’organisation. Les rapports émanant des zones sous le joug de Daech, que nous avons pu vérifier, sont incomplets mais plusieurs font état de personnes tuées par balle alors qu’elles tentaient de fuir les zones de la ville contrôlées par l’EI. Le 13 janvier par exemple, une femme et son fils ont été abattus par des membres de l’EI alors qu’ils fuyaient leur maison dans le quartier de Al-Jazair, à l’est de Mossoul. Des rapports similaires émanent de la province de Salah al-Din, où deux engins explosifs ont fait des victimes plus tôt ce mois-ci alors que des familles fuyaient le district de Hawija, occupé par Daech.

Les frappes aériennes sur Mossoul continueraient également de causer des pertes civiles, bien qu’il soit difficile de vérifier le nombre de personnes effectivement tuées ou blessées, en particulier en raison de la présence de membres de Daech, selon nos informations, dans des habitations ou des infrastructures civiles, utilisant ces individus comme boucliers humains. Nous sommes profondément préoccupés par les conditions de sécurité et de vie des personnes qui demeurent dans la partie ouest de la ville occupée de Mossoul, dont le nombre est estimé à 750 000. Les rapports suggèrent que les combattants de Daech ont fait main basse sur les hôpitaux dans l’ouest de Mossoul, qu’ils utilisent comme bases militaires et dont ils détournent les ressources en présence, y compris la nourriture, l’eau et les médicaments, au profit de leurs combattants.

Nous rappelons à toutes les parties au conflit qu’elles sont tenues de respecter les principes d’humanité, de distinction, de proportionnalité et de précaution dans le cadre de l’exécution des opérations militaires. Il convient de prendre toutes les précautions possibles afin de minimiser absolument l’impact du conflit sur les civils.

Par ailleurs, nous avons été profondément troublés par les informations, y compris les séquences vidéo, représentant des membres des forces de sécurité irakiennes frappant brutalement quatre présumés terroristes, avant d’en abattre trois d’entre eux dans une zone située entre les quartiers d’Intisar et de Karma à l’est de Mossoul. Nous nous félicitons de la déclaration faite hier par le Premier ministre, qui a ordonné une enquête sur cet incident et appelé les commandants, sur le terrain, à veiller à ce que plus aucune violation des droits de l’homme ne soit commise. Comme l’a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, face aux violations flagrantes du droit par l’EI, il est encore plus crucial que les forces gouvernementales et leurs alliés assurent le respect scrupuleux du droit international relatif aux droits de l’homme et du droit international humanitaire – et veillent à ce que les auteurs de violations rendent compte de leurs actes. Les combattants de l’EI capturés et ceux soupçonnés d’avoir soutenu ces derniers doivent être traités en pleine conformité avec le droit international et rendre compte de leurs crimes devant des tribunaux constitués.

FIN

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24 janvier 2017

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