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Les femmes de Casamance s’unissent pour la paix

Ndeye Marie Diédhiou, veuve Thiam, est la coordinatrice de la plate-forme des femmes pour la paix en Casamance, au sud du Sénégal. A côté de sa fonction d’enseignante qu’elle exerce depuis 32 ans, Mme Diédhiou s’est engagée dans des activités citoyennes avec un penchant très fort sur les questions de genre.

Les femmes de Casamance, sud du Sénégal, manifestant pour la paix © PFPC« L’environnement dans lequel je vis a malheureusement été marqué par trente années de conflit. Comme cela est souvent le cas ailleurs dans le monde, les conflits armés ont un impact négatif sur la vie des femmes et des enfants. C’est ce contexte qui a très tôt déterminé mon engagement à m’impliquer dans un mouvement de consolidation de la paix ici dans ma région », explique Mme Diédhiou.

La plate-forme des femmes pour la paix en Casamance (PFPC) réunit aujourd'hui un grand nombre d’associations de femmes actives pour le retour de la paix dans la région. Elle est devenue une organisation incontournable tant par sa composition (environ 170 associations membres) que par son implantation en Casamance. Son objectif est simple: rassembler les énergies, les compétences et l'expertise de chacune de ses membres afin de pouvoir proposer des solutions concrètes et pertinentes pour mettre fin à la crise en Casamance.

«Nous avons pris conscience de la nécessité d'unir nos forces pour imposer la voix des femmes dans le processus de recherche de paix. Plusieurs groupes socioculturels de la Casamance confèrent traditionnellement à la femme le pouvoir de prévenir, de gérer et de résoudre les conflits. Elles ont le pouvoir et le devoir de s’interposer dans les conflits familiaux, mais également d’intervenir en cas de conflit armé entre communautés ou villages. Devant les excès qu’a apporté cette crise, il est donc normal que nous montions au créneau pour dire « Assez de cette guerre », ajoute Mme Diédhiou.

L’idée de cette plate-forme a été lancée à l'occasion du 10e anniversaire de la résolution 1325 des Nations Unies célébré à Dakar. La résolution 1325 réaffirme le rôle important des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, les négociations de paix, la consolidation et le maintien de la paix, la réponse humanitaire et la reconstruction post-conflit et souligne l'importance de leur participation égale et pleine à tous les efforts pour le maintien de la paix et de la sécurité.

Les activités de la plateforme comprennent une assistance aux victimes de conflits armés, l'organisation de rencontres et de dialogue avec les différentes parties prenantes, des campagnes pour la signature des carnets de pétition demandant l’implication des populations dans la recherche de la paix. La plate-forme a également joué un rôle important au cours des dernières élections présidentielles en 2012 en interpellant les différents candidats sur leurs propositions pour résoudre la crise en Casamance.

«Nous sommes en train de préparer de grandes journées régionales et nationales de la paix à Ziguinchor, Kolda, Sédhiou et Dakar. Ces journées ont pour objectifs de permettre aux femmes de la Casamance, mais aussi d’ailleurs au Sénégal de faire entendre leurs voix et leurs désirs de retrouver la paix », conclut Mme Diédhiou.

L'initiative de Mme Diédhiou Marie permet une prise de conscience croissante de la nécessité d'associer les mouvements de femmes dans la résolution de la crise en Casamance. Cette expérience est un exemple concret de la mise en œuvre de la résolution 1325 dans la sous-région, une mise en œuvre qui est soutenue par le Bureau régional pour l’Afrique de l'Ouest du Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

31 décembre 2012

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