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Conférence de presse sur la RDC

5 janvier 2018

Nous sommes profondément alarmés par les actions des forces de sécurité en République démocratique du Congo au cours des récentes manifestations à Kinshasa et dans d'autres villes du pays. D'après les dernières informations recueillies, au moins cinq personnes ont été tuées, 92 blessées, et 180 autres ont été arrêtées. La majorité des personnes arrêtées ont été libérées.

Les forces de sécurité auraient tiré à balles réelles, ainsi qu’avec des balles en caoutchouc et des grenades lacrymogènes, y compris à bout portant dans certains cas.

Cependant, nous pensons que les chiffres des victimes des manifestations du 31 décembre 2017 pourraient être plus élevés. Nos collègues sur le terrain se sont vus refuser l'accès aux morgues, aux hôpitaux et aux centres de détention et ont été chassés de certains sites par les forces de défense et de sécurité, les empêchant ainsi de mener à bien leurs activités pour rendre compte de la situation des droits de l’homme.

Les forces de sécurité auraient également tiré des gaz lacrymogènes à l’intérieur d’églises, empêché des personnes d'assister aux services religieux et racketté d’autres - des actions qui représentent un développement dangereux qui affecte également la liberté de religion ou de conviction.

Dans un environnement politique toujours tendu, les actions des forces de sécurité suggèrent une intention délibérée de réprimer les droits civils et politiques en recourant à la violence.

Nous appelons les autorités à veiller à ce que les forces de sécurité ne recourent pas à une force excessive lors de manifestations et que celles-ci soient gérées conformément aux normes internationales. La nécessité, la proportionnalité, la non-discrimination et la responsabilité des auteurs de violations sont des principes clés qui régissent l'utilisation de la force lors de la gestion des foules au cours de rassemblements pacifiques.

Le gouvernement devrait veiller à ce que tous, y compris les opposants politiques, les journalistes et les représentants de la société civile, puissent exercer pleinement leur droit à la liberté d'association, de réunion pacifique, d'opinion et d'expression.
Il devrait également y avoir des enquêtes crédibles et indépendantes sur le recours allégué à une force excessive, et que les personnes responsables de violations des droits de l'homme soient traduites en justice.

L'accord politique du 31 décembre 2016 en RDC a été signé il y a plus d'un an dans le cadre des efforts visant à créer un environnement propice à des élections libres, équitables et crédibles. Les mesures de décrispation font partie intégrante de cet accord et doivent être pleinement mis en œuvre. Comme l'a dit le Secrétaire général des Nations Unies, cet accord reste la seule voie viable pour la tenue d'élections, le transfert pacifique du pouvoir et la consolidation de la stabilité en RDC.

Nous exhortons encore une fois les autorités à engager un dialogue constructif avec l'opposition et à faire en sorte que le droit de tous les Congolais de participer aux affaires publiques de leur pays soit respecté.

FIN