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Le Comité des droits de l’enfant examine le rapport du Botswana

Comité des droits de l'enfant 

24 mai 2019

Le Comité des droits de l’enfant a examiné, hier après-midi et ce matin, le rapport présenté par le Botswana au sujet de l’application par ce pays de la Convention relative aux droits de  l’enfant

Présentant ce rapport, M. Frans Solomon Van der Westhuizen, Ministre du gouvernement local et du développement rural du Botswana, a informé le Comité de la volonté du pays de se doter d’une stratégie globale en matière de promotion et de protection des droits des enfants.  Le pays va ratifier plusieurs instruments internationaux, comme la Convention de La Haye sur l’adoption ou la Convention de La Haye sur la responsabilité parentale, a-t-il en outre annoncé.  Le Botswana a accordé la plus grande importance à l’inclusion de toutes les questions relatives aux droits de l’enfant dans l’ensemble des politiques et programmes nationaux et souhaite identifier d’éventuelle lacunes pouvant encore exister dans le domaine des droits de l’enfant et qui seraient contraires aux dispositions de la Convention, a-t-il ajouté. 

Le Ministre a ensuite fait part des mesures prises par le pays pour lutter contre la traite de personnes, précisant qu’une loi avait à cette fin été adoptée en 2014.  Un projet de loi est en cours d’élaboration pour combattre les violences sexuelles; il interdira aux délinquants sexuels de travailler avec les enfants, a-t-il ensuite indiqué.  D’autre part, la nouvelle législation envisagée dans le pays devrait porter l’âge de consentement au mariage de 16 à 18 ans, a-t-il poursuivi.  D’autre part, la législation a été amendée pour permettre à toutes les personnes ne disposant pas d’une carte d’identité de s’enregistrer, a fait valoir le Ministre botswanais.  Le Gouvernement propose une éducation gratuite à tous les enfants, a-t-il en outre rappelé.  Les taux de mortalité infantile et maternelle ont sensiblement diminué ces dernières années, même si les chiffres en la matière sont toujours trop élevés, a également souligné le Ministre. 

La délégation botswanaise était également composée, entre autres, de Mme Athaliah Lesiba Molokomme, Représentante permanente du Botswana auprès des Nations Unies à Genève, ainsi que de représentants du Ministère des affaires présidentielles, de la gouvernance et de l’administration publique; du Ministère du gouvernement local et du développement rural; du Ministère de l’éducation de base; du Ministère de la nationalité, de l’immigration et des affaires de genre; du Ministère de la santé et du bien-être; du Ministère de la défense, de la justice et de la sécurité; du Ministère des affaires internationales et de la coopération; du Conseil national de l’enfance; et du Bureau du Président.

La délégation a répondu aux questions soulevées par les membres du Comité s’agissant, notamment, de la réserve que le pays maintient à l’égard de l’article premier de la Convention; de l’harmonisation des lois nationales avec les dispositions de la Convention; des questions budgétaires; de la lutte contre la corruption, le népotisme et les flux de financements illicites; des châtiments corporels; des enfants handicapés; de l’asile; des enfants en conflit avec la loi; du travail des enfants; ou encore des questions d’éducation et de santé.

M. Cephas Lumina, corapporteur du Comité pour l’examen du rapport du Botswana, a notamment déploré l’absence de connaissance de la Convention de la part des enfants.  Il a en outre dénoncé certains obstacles à l’enregistrement des naissances.  M. Lumina a également dénoncé certaines pratiques culturelles dommageables pour les enfants, en particulier pour les jeunes filles, et a regretté que le système judiciaire soit peu adapté aux enfants. 

Plusieurs autres experts se sont inquiétés de la persistance des châtiments corporels au Botswana.  Mme Ann Marie Skelton, également corapporteuse, a jugé peu inclusif le modèle appliqué par le Botswana s’agissant des personnes handicapées et plus particulièrement des enfants handicapés.  Elle s’est en outre inquiétée du phénomène de l’exploitation de jeunes filles par des hommes plus âgés appelés sugar daddies.

Le Comité adoptera ultérieurement, lors de séances à huis clos, ses observations finales sur le rapport du Botswana et les rendra publiques à l’issue de la session, qui doit clore ses travaux vendredi prochain, 31 mai, à 15 heures, date de la prochaine séance publique du Comité. 

Présentation du rapport

Le Comité est saisi du rapport combinant le deuxième et le troisième rapports périodiques du Botswana (CRC/C/BWA/2-3), ainsi que des réponses apportées par le pays à une liste de points à traiter que lui avait adressée le Comité.

M. FRANS Solomon Van DER Westhuizen, Ministre du gouvernement local et du développement rural du Botswana, a informé le Comité de la volonté du pays de se doter d’une stratégie globale en matière de promotion et de protection des droits des enfants.  Le Botswana réaffirme en outre son engagement envers les enfants, à l’occasion du 30e anniversaire de la Convention.  Le pays va ratifier plusieurs instruments internationaux, comme la Convention de La Haye sur l’adoption ou la Convention de La Haye sur la responsabilité parentale, a annoncé le Ministre.  Les rapports combinés aujourd’hui présentés devant le Comité sont le résultat de consultations exhaustives menées avec les différents ministères et la société civile ainsi qu’avec différentes organisations internationales, a-t-il souligné. 

Le Botswana a mis en œuvre le Plan 2011-2036, qui répond aux Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, a poursuivi le Ministre.  Il s’agit là d’un outil essentiel; ce Plan comprend un programme inclusif pour tous les laissés-pour-compte, a précisé le chef de la délégation botswanaise.  En outre, le pays a accordé la plus grande importance à l’inclusion de toutes les questions relatives aux droits de l’enfant dans l’ensemble des politiques et programmes nationaux, a-t-il indiqué.  Le Botswana souhaite identifier d’éventuelle lacunes pouvant encore exister dans le domaine des droits de l’enfant et qui seraient contraires aux dispositions de la Convention, a-t-il ajouté. 

Le Ministre a ensuite fait part des mesures prises par le pays pour lutter contre la traite de personnes, précisant qu’une loi avait à cette fin été adoptée en 2014.  Des mesures sont également prises en matière de protection des victimes.  En 2014 également, la législation relative à l’Ombudsman a été adoptée pour mettre en place une institution nationale des droits de l’homme. 

Un projet de loi est en cours d’élaboration pour combattre les violences sexuelles; il interdira aux délinquants sexuels de travailler avec les enfants, a ensuite indiqué le Ministre botswanais.  Des réunions ont été organisées avec des représentants de la société civile pour définir les contours de cette nouvelle loi, qui prévoit aussi la tenue d’un registre des délinquants sexuels, a-t-il précisé.  D’autre part, la nouvelle législation envisagée dans le pays devrait porter l’âge de consentement au mariage de 16 à 18 ans. 

Pour la période 2019-2020, un budget important a été alloué aux organisations non gouvernementales oeuvrant à la protection des droits de l’enfant, a poursuivi le Ministre, avant d’assurer que la collaboration avec la société civile avait permis de réaliser de nombreux progrès. 

D’autre part, la législation a été amendée pour permettre à toutes les personnes ne disposant pas d’une carte d’identité de s’enregistrer, a fait valoir le Ministre botswanais.  L’obtention des cartes d’identité et des certificats de naissances est une priorité, a-t-il insisté; tout a été mis en œuvre pour que les services publics s’améliorent dans ce domaine.  Par exemple, il est aujourd’hui possible de faire procéder à l’enregistrement d’une naissance par téléphone portable, a-t-il fait valoir. 

Des mesures ont par ailleurs été prises pour que les communautés rurales bénéficient du développement économique du pays, a indiqué le Ministre, ajoutant que certains étudiants de ces communautés ont obtenu une bourse pour avoir accès à l’université.  Par ailleurs, de nombreuses améliorations ont été apportées en matière de prestations sociales et un nouveau cadre va être adopté afin d’éradiquer la pauvreté chez les enfants et de les protéger contre tous risques.

Pour ce qui est des programmes et services à destination des enfants, les interventions reposent sur le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant, a assuré le Ministre.  Le Gouvernement propose une éducation gratuite à tous les enfants, a-t-il rappelé.  En outre, les pouvoirs publics ont mis en place des mécanismes visant à détecter les vulnérabilités chez les enfants.  Au total, 79% de la population éligible est scolarisée, a précisé le Ministre. 

Le Botswana se targue par ailleurs d’avoir mis en place un mécanisme de consultation des enfants sur toutes les questions qui les concernent.  La législation relative à l’adoption est en cours de réforme, afin de la rendre plus efficace.  Le Haut-Commissariat aux réfugiés continue, quant à lui, d’épauler le pays dans la reconnaissance des réfugiés au Botswana, a ajouté le chef de la délégation. 

Les taux de mortalité infantile et maternelle ont sensiblement diminué ces dernières années, même si les chiffres en la matière sont toujours trop élevés, raison pour laquelle une stratégie a été mise en œuvre afin d’améliorer la situation des jeunes enfants et des mères, a poursuivi le Ministre.  Le système de santé primaire a été décentralisé; l’ensemble de la population a accès à un service de santé, y compris dans les zones rurales, a fait valoir M. Van der Westhuizen. 

Les autorités botswanaises restent engagées à ce que la vie des enfants soit prospère au Botswana.  Le pays est conscient des efforts qu’il doit encore déployer, notamment en ce qui concerne la collecte de données et l’élaboration des rapports, a conclu le Ministre. 

Examen du rapport

Questions et observations des membres du Comité

M. CEPHAS LUMINA, corapporteur du Comité pour l’examen du rapport du Botswana, a demandé des informations sur la levée de la réserve que le pays a émise à l’égard de l’article premier de la Convention.  Il a souligné que diverses législations restaient à harmoniser avec les dispositions de la Convention, notamment dans le domaine du mariage.  Il a souhaité connaître les mesures qui ont été prises par le pays pour lutter contre le népotisme et la corruption – des phénomènes qui pourraient avoir des effets délétères sur les enfants, notamment pour ce qui a trait à la fourniture de nourriture dans les écoles.  Il s’est en outre enquis de la collecte de données dans tous les domaines couverts par la Convention. 

L’expert a ensuite demandé où en était la création d’un bureau des droits de l’homme au sein de l’institution de l’Ombudsman.  M. Lumina a par ailleurs regretté l’absence de connaissance de la Convention de la part des enfants.  Il a souhaité savoir si des mesures allaient être prises pour interdire tous les mariages pour les mineurs de moins de 18 ans. 

Le corapporteur s’est d’autre part enquis de la législation mise en œuvre pour lutter contre toutes les formes de discrimination parmi les enfants.  Il s’est également enquis des mesures prises pour lutter contre la mortalité infantile.  M. Lumina a dénoncé certains obstacles à l’enregistrement des naissances, s’agissant en particulier des coûts induits par un enregistrement tardif.  Il a en outre souhaité savoir ce que faisait le Botswana pour ne pas rendre les enfants migrants apatrides. 

L’expert a par ailleurs dénoncé certaines pratiques culturelles dommageables pour les enfants, et en particulier pour les jeunes filles.  Il a en outre regretté que le système judiciaire soit peu adapté aux enfants. 

Le Botswana a une définition quelque peu restrictive de la notion de corruption, a par la suite ajouté M. Lumina.

Une autre experte a demandé comment les autorités géraient les organisations de la société civile travaillant dans le domaine des droits des enfants. 

Un expert a souligné que selon certaines informations, il semblerait que les châtiments corporels perdurent au Botswana.  Il a rappelé que cette pratique s’apparente toujours à un traitement dégradant et remet en question l’intégrité des enfants.  Il a demandé à la délégation si le pays envisageait d’interdire les châtiments corporels dans tous les contextes.

Une experte a souhaité savoir comment était mis en œuvre, dans la pratique, l’intérêt supérieur de l’enfant, notamment dans le domaine judiciaire.  Plus particulièrement, elle a souhaité savoir comment ce principe était mis en œuvre dans les centres de détention pour migrants.  Elle a ensuite demandé s’il était prévu de créer des tribunaux pour enfants dans le pays. 

Il semblerait non seulement que les châtiments corporels soient autorisés mais, pire encore, que certaines sanctions (de ce type) considérées comme raisonnables puissent être pratiquées, à l’école notamment, s’est pour sa part inquiété un membre du Comité.

Il semblerait que le Forum des enfants et des jeunes ait été créé par le Gouvernement et non par les enfants eux-mêmes et que ce Forum entre en contact avec les enfants pour les rallier à sa cause et non l’inverse, a quant à elle fait observer une experte.

Une experte s’est étonnée de chiffres indiquant que 500 enfants étaient placés en institutions, alors que seulement quatre étaient placés en foyer familial.  La loi relative à l’adoption fait l’objet d’un examen depuis longtemps, a poursuivi l’experte, avant de s’étonner du très faible nombre d’adoptions dans le pays, qu’il s’agisse des adoptions à l’étranger ou des adoptions à l’échelle nationale.  Les autorités entendent-elles abolir les adoptions coutumières, a-t-elle demandé ?

MME ANN MARIE SKELTON, également corapporteuse pour l’examen du rapport botswanais, a jugé peu inclusif le modèle appliqué par le Botswana s’agissant des personnes handicapées et plus particulièrement des enfants handicapés.  Le Botswana fournit une bonne couverture en matière de vaccination, a-t-elle observé.  Elle s’est néanmoins enquise de l’universalité de l’accès à certains soins de santé, s’agissant notamment du VIH/sida et de la prévention de la maladie.  Qu’en est-il de la santé génésique gratuite, a-t-elle demandé ? 

Certains enfants se voient-ils refuser à l’école parce que leurs parents ne pourraient s’acquitter des frais de scolarité, a en outre demandé l’experte ?

Mme Skelton s’est ensuite inquiétée du phénomène de l’exploitation de jeunes filles par des hommes plus âgés appelés sugar daddies.

La corapporteuse a ajouté qu’elle souhaiterait de la part du Botswana une affirmation plus ferme assurant que les enfants âgés de moins de 14 ans n’ont pas de capacité (responsabilité) pénale.

Une experte s’est enquise de l’éventuelle existence d’un système de détection précoce du handicap, afin de permettre une prise en charge précoce pour les personnes concernées.  Qu’est-ce qui est prévu en matière de services de santé dans les prisons, notamment pour ce qui est de la lutte contre la tuberculose, a-t-elle en outre demandé ?  Tous les enfants ont-ils accès à la prise en charge pour ce qui est des traitements afférents au VIH/sida, a-t-elle également demandé ?

Des interrogations ont également été soulevées s’agissant du taux élevé de grossesses adolescentes dans le pays.

Réponses de la délégation

S’agissant de la réserve que le pays maintient encore, pour l’heure, à l’égard de l’article premier de la Convention, la délégation a expliqué que cette réserve est liée au fait que certaines dispositions de la législation nationale ne sont pas totalement conformes à la définition de l’enfant telle qu’énoncée dans cet article premier.  La définition de l’enfant au Botswana n’est pas uniforme et varie en fonction des dispositions législatives, a insisté la délégation.  Nous avons donc entamé un examen des dispositions législatives concernées, aux fins de leur harmonisation avec la Convention, et une fois cet examen terminé, nous devrions être en mesure de retirer cette réserve, a indiqué la délégation. 

Poursuivant sur la nécessaire harmonisation des lois nationales avec les dispositions de la Convention, la délégation a indiqué que les autorités botswanaises avaient décidé d’amender la loi sur le mariage et celle sur l’adoption; les procédures en la matière sont encore en cours, a-t-elle précisé.  Il ne faut pas oublier que lorsque l’on modifie une loi, cela implique toute une série d’acteurs et toute une méthodologie et cela ne peut donc se faire d’un seul coup, du jour au lendemain, a-t-elle souligné.  Les législations ici concernées sont assez anciennes et découlent en fait de la common law britannique, a précisé la délégation.  Il existe ainsi un grand nombre de lois qui n’ont effectivement pas été actualisées depuis cette époque, a-t-elle souligné.

La délégation a par la suite précisé que les autorités botswanaises n’avaient pas l’intention d’abolir les mariages coutumiers, mais seulement d’harmoniser la législation entourant ces pratiques.

S’agissant de l’intérêt supérieur de l’enfant, la délégation a souligné que les différents cabinets ministériels travaillent sur des mémorandums visant à ce que les enfants soient maintenus au cœur des priorités des dispositions législatives qui sont prises dans le pays.  Le principe de l’intérêt supérieur de l’enfant est au cœur des décisions prises par les tribunaux concernant les questions relatives à la garde d’enfants, a par la suite ajouté la délégation.

En ce qui concerne les allocations budgétaires, la délégation a fourni un certain nombre de chiffres, indiquant notamment que le budget alloué au programme de nutrition s’élevait à 108,9 millions de dollars et que celui alloué aux fournitures scolaires (y compris les manuels) atteignait 10,3 millions de dollars.

Le Botswana est particulièrement fier d’être, comme cela a été dit, le pays le moins corrompu du continent africain et il entend bien le rester, a ensuite déclaré la délégation.  Quant au népotisme, elle a affirmé qu’elle ne savait pas qu’il existât une préoccupation sérieuse à ce sujet au Botswana, comme certains l’ont laissé entendre.  Le pays s’est doté d’une politique visant à assurer la transparence des achats publics et des procédures y afférentes, a fait valoir la délégation.

En ce qui concerne les flux de financements illicites, il semble que nous ayons perdu de l’argent du fait de ces flux; mais ce problème est semble-t-il universel, a indiqué la délégation.  Il y a quelques années, a-t-elle fait valoir, le pays a mis en place un corpus de lois portant sur le renseignement financier, ainsi que contre le blanchiment d’argent et les crimes financiers graves.  Il est vrai que nous avons pris du retard pour ce qui est de la mise en place d’institutions visant à s’assurer du respect de ces lois, a reconnu la délégation.

S’agissant de la diffusion de la Convention et de la loi sur les enfants, la délégation a notamment indiqué que la Convention a été traduite en langue locale (tswana) et que les autorités ont l’intention d’en produire une version simplifiée.  Les autorités ont en outre signé des protocoles d’accord avec des organisations de la société civile pour qu’elles facilitent la diffusion de la Convention auprès des enfants, en fonction des mandats spécifiques de ces organisations.  Les protocoles d’accord signés avec la société civile sont renouvelables tous les quatre ans, a précisé la délégation.  Les organisations de la société civile doivent être affiliées à un organisme faîtier, afin d’assurer la bonne coordination de l’action globale menée dans le domaine visé; celles qui entendent travailler auprès des enfants doivent obtenir une licence les autorisant à fournir des services aux enfants, a en outre expliqué la délégation.

Pour ce qui est du travail des enfants, la délégation a souligné que l’extraction minière au Botswana est encadrée par tout un arsenal législatif et qu’il existe même un bureau chargé de veiller au respect de la réglementation en la matière.  En ce qui concerne l’agriculture, en revanche, il peut arriver que certains enfants passent, pour ainsi dire, entre les mailles du filet, car on considère que traditionnellement, les enfants peuvent mettre la main à la pâte pour aider leurs familles, a reconnu la délégation.

Pour ce qui est des châtiments corporels, la délégation a reconnu qu’ils sont encore en vigueur non seulement à l’école, mais aussi comme méthode de sanction au sein du système de justice.  Mais ce n’est pas un phénomène répandu au point qu’il causerait des préjudices physiques graves, a-t-elle assuré.  Quoi qu’il en soit, nous essayons de faire en sorte que les comportements changent et que cette pratique cesse, a déclaré la délégation.  L’idée est d’aller vers une incrimination des châtiments corporels, mais pour l’heure, nous n’en sommes qu’à la phase des consultations à ce sujet, a ensuite précisé la délégation.

La législation au Botswana n’est discriminatoire envers aucune personne, a d’autre part assuré la délégation.  S’agissant des personnes handicapées, elle a souligné que le pays s’est engagé à adhérer à la Convention relative aux droits des personnes handicapées.  Actuellement, des projets sont en cours qui visent à revoir le cadre de la politique nationale de 1996 en la matière et la législation y afférente; l’objectif est de veiller à l’intégration des personnes handicapées et à ce qu’elles ne soient pas victimes de discriminations. 

S’agissant des questions d’éducation, la délégation a fait part de la politique d’éducation inclusive mise en place dans le pays à compter de 2012 afin de prendre en compte les enfants désavantagés et vulnérables qui étaient auparavant exclus du système d’éducation.  Nous envisageons de poursuivre l’adaptation de nos infrastructures afin d’assurer la bonne application de cette politique d’éducation inclusive, a souligné la délégation.  Les enseignants ont également été dûment formés pour assurer l’application de cette politique, a-t-elle ajouté, avant de préciser que les autorités continuent néanmoins d’inciter l’ensemble des enseignants qui ne l’ont pas encore fait à poursuivre une telle formation.  Nous pensons que la priorité pour les enfants handicapés est de rester le plus près possible de leur village, a indiqué la délégation.  Les autorités ont à cœur d’aller vers l’inclusion totale, afin que tous les enfants handicapés soient intégrés dans les écoles ordinaires, a-t-elle insisté.  Au mois de janvier de cette année, le Botswana comptait 1652 enfants handicapés dans 44 unités spéciales et 498 enfants handicapés dans les écoles ordinaires, a précisé la délégation.

Au Botswana, le taux d’accès à l’éducation pour la petite enfance était de 20% avant que ne soit généralisée la mise en place de classes maternelles; désormais, le taux d’accès à la maternelle est de 75,9%, a ensuite indiqué la délégation.  Au total, ce sont quelque 521 930 élèves qui sont scolarisés aux niveaux du primaire et du secondaire, a-t-elle en outre précisé.  Les élèves qui n’ont pas payé les frais scolaires peuvent quand même toujours aller à l’école, a par ailleurs assuré la délégation.  Cela fait de nombreuses années qu’il n’y a pas eu de plainte pour non-accès d’un enfant à l’école, a-t-elle insisté.

En ce qui concerne les questions de santé, la délégation a notamment indiqué ne pas disposer d’informations actualisées concernant le problème du retard de croissance dû à la malnutrition.  Néanmoins, les autorités s’assurent que les enfants dans le pays ne soient pas mal nourris et promeuvent l’allaitement maternel.  Tous les enfants sont traités sur un pied d’égalité au Botswana, même s’ils ne disposent pas de certificats de naissance, a assuré la délégation.

Une proportion de 30% de la population botswanaise est touchée par l’obésité, a ensuite indiqué la délégation, précisant ne pas disposer de chiffres concernant l’ampleur du problème chez les enfants. 

Quant à la tuberculose, elle reste effectivement un grave problème de santé dans le pays et les autorités s’efforcent de veiller au bon dépistage de la maladie, a ajouté la délégation.  Les prisons sont dotées de cliniques, mais lorsque les services disponibles n’y sont pas suffisamment adéquats pour traiter un cas, elles utilisent les hôpitaux et autres établissements de santé disponibles localement, a en outre expliqué la délégation.

Les grossesses adolescentes sont effectivement un problème et cela renvoie aussi à la problématique du VIH/sida car cela signifie qu’il y a (chez les adolescents) des relations sexuelles non protégées, a déclaré la délégation.

Pour ce qui est de la Convention n°183 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur la protection de la maternité, la délégation a indiqué que si le Botswana n’a effectivement pas encore ratifié cet instrument, il n’en respecte pas moins globalement les prescriptions.  En effet, selon la législation en vigueur dans le pays, un employeur ne peut pas licencier une femme enceinte.  Le seul problème que nous ayons encore est que le congé de maternité n’est pas rémunéré à hauteur de 100% du salaire habituel, ce qui demanderait un effort que les petits employeurs ne peuvent pas assumer, a expliqué la délégation.

Les personnes réfugiées au Botswana sont logées en attendant la détermination de leur statut d’asile, mais dès l’an prochain le pays disposera de locaux permettant de ne pas séparer les familles, contrairement à ce qui est actuellement le cas dans le centre existant, a indiqué la délégation.  Les camps de réfugiés sont intégrés à des villages, a-t-elle souligné, faisant valoir que les jeunes réfugiés vont à l’école avec les élèves locaux et partagent les mêmes centres de santé que les habitants locaux.  Le Botswana est en train d’amender sa loi sur les réfugiés; dans le nouveau projet de loi, est envisagée l’institution d’un conseil qui sera chargé d’examiner les recours émanant des requérants d’asile, a en outre précisé la délégation. 

En ce qui concerne les enfants en conflit avec la loi, la délégation a fait savoir qu’à ce jour, il n’y a plus de filles en détention dans le pays.  Les autorités botswanaises entendent veiller à ce que la détention reste une mesure de dernier recours, a-t-elle ajouté. 

Le registre des délinquants sexuels va être assorti de garanties beaucoup plus solides que ce n’est actuellement le cas; les autorités souhaitent que les délinquants sexuels ne puissent absolument plus être en contact avec des enfants, a par ailleurs souligné la délégation. 

Pour ce qui est de la lutte contre les abus à l’égard des enfants, le Botswana dispose de comités de protection de l’enfance dans les villages, mais aussi d’autres structures communautaires qui s’efforcent d’identifier les enfants victimes d’abus, a ajouté la délégation.

Remarques de conclusion

MME SKELTON a remercié la délégation pour ce dialogue très fructueux, qui – a-t-elle souligné – aidera le Comité à rédiger des observations finales ciblées et utiles pour améliorer la situation des enfants dans le pays.  Nous sommes très encouragés par l’ouverture du pays aux changements, a indiqué la corapporteuse.

M. VAN DER WESTHUIZEN a, pour sa part, salué l’atmosphère positive et constructive qui a caractérisé ce dialogue.  Il a réitéré l’engagement de son pays en faveur de la promotion, de la protection et de la réalisation des droits de l'enfant tels que prévus dans la Convention.  Nous avons à cet égard réalisé des progrès dans de nombreux domaines, même si nous n’avons pas répondu à toutes les attentes qui étaient celles du Comité depuis notre précédente comparution devant cet organe, a déclaré le Ministre botswanais.  Nous aurons pour priorité de donner suite aux recommandations qui nous serons adressées, a-t-il conclu, précisant qu’un plan d’action serait adopté à cette fin.

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Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
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