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Syrie : Les violations et les abus sont répandus dans les zones contrôlées par des groupes armés affiliés à la Turquie – Bachelet

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GENÈVE (18 septembre 2020) - La situation des droits de l'homme est sombre dans certaines parties du nord, du nord-ouest et du nord-est de la Syrie qui sont sous le contrôle des forces turques et des groupes armés affiliés à la Turquie, la violence et la criminalité y étant répandues, a averti vendredi la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet. 

Tandis que les violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire contre les civils se poursuivent dans toute la Syrie, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a constaté ces derniers mois la répétition d’un schéma alarmant de graves violations dans ces régions, notamment à Afrin, Ras al-Ain et Tel Abyad, où une augmentation des meurtres, des enlèvements, des transferts illégaux de personnes, des confiscations de terres et de biens, et des expulsions forcées ont été documentées.

Parmi les victimes figurent des personnes supposées être alliées aux partis d'opposition ou critiques à l’égard des actions des groupes armés affiliés à la Turquie. D’autres sont considérées comme suffisamment prospères pour payer des rançons. Par ailleurs, l’intensification des conflits internes entre les différents groupes armés affiliés à la Turquie au sujet du partage du pouvoir, conduisant à peu d’égards pour la sécurité de la population locale, continue de faire des victimes civiles et d’endommager les infrastructures civiles.

Du 1er janvier au 14 septembre 2020, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a confirmé la mort d'au moins 116 civils due à des engins explosifs improvisés (EEI) utilisés par des auteurs non identifiés et à des restes explosifs de guerre (REG). Les personnes tuées comprenaient 15 femmes, 20 garçons et deux filles. Environ 463 civils ont été blessés.

Les groupes armés affiliés à la Turquie ont également confisqué et pillé des maisons, des terres et d'autres biens privés et commerciales sans nécessité militaire apparente, et ont occupé nombre d'entre elles avec leurs propres familles.

Parmi d'autres violations graves des droits de l'homme, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a également documenté l'enlèvement et la disparition de civils, y compris femmes et enfants. Le sort de certains de ces détenus et personnes enlevées reste inconnu.

"Je rappelle à toutes les parties au conflit en Syrie que la protection de la vie des civiles reste primordiale en toutes circonstances. Le mépris flagrant pour la sécurité des civils est contraire aux droits de l'homme et aux obligations découlant du droit humanitaire international que toutes les parties doivent respecter, y compris les groupes armés et ceux qui exercent un contrôle sur eux", a déclaré Bachelet.   

"J'appelle également les autorités turques à respecter le droit international et à s’assurer que les violations commises par les groupes armés sous le contrôle effectif de la Turquie cessent", a-t-elle déclaré. 

"Les personnes vivant dans ces régions dont les droits ont été violés ont droit à une protection et à un dédommagement. À cet égard, j'exhorte la Turquie à lancer immédiatement une enquête impartiale, transparente et indépendante sur les incidents que nous avons observés, à rendre compte du sort des personnes détenues et enlevées par les groupes armés affiliés et à poursuivre les auteurs de ce qui pourrait, dans certains cas, constituer des crimes au regard du droit international, notamment des crimes de guerre", a déclaré la Haute-Commissaire.  

Elle a ajouté : "Ceci est d'autant plus important que nous avons reçu des rapports inquiétants selon lesquels certains détenus et personnes enlevées auraient été transférés en Turquie suite à leur détention en Syrie par des groupes armés affiliés".

La Haute-Commissaire a également exprimé sa préoccupation persistante sur le fait que les parties au conflit en Syrie utilisent les services essentiels tels que l'eau et l'électricité comme une arme. Les groupes armés affiliés à la Turquie, qui contrôlent la station de pompage d’eau d'Alouk à Ras al-Ain, ont à plusieurs reprises interrompu l'approvisionnement en eau, affectant l'accès à l'eau pour près d'un million de personnes dans la ville d'al-Hassakeh et ses environs, dont des personnes déplacées extrêmement vulnérables.

Les Forces démocratiques syriennes (FDS), dirigées par les Kurdes, qui contrôlent al-Hassakeh, ont à leur tour été accusées d'entraver l'alimentation électrique de la station de pompage.

La Haute-Commissaire a rappelé que le droit international interdit de détruire, d'enlever ou de "rendre inutilisables" les objets - comme les installations d'eau - qui sont indispensables à la survie de la population civile. 

"Comme nous avons déjà averti, empêcher l'accès à l'eau, à l'assainissement et à l'électricité met en danger la vie d'un grand nombre de personnes, et ce danger est rendu encore plus grave dans le contexte de la pandémie ", a déclaré Bachelet.

"Je demande à toutes les parties de veiller à ce que les civils, et les biens et infrastructures civils, soient protégés des attaques et hostilités".

FIN

 

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