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Célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale et débat sur l’examen à mi-parcours de la Décennie internationale pour les personnes d’ascendance africaine

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13 mars 2020

Quarante-troisième session du Conseil des droits de l'homme

Déclaration de Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme

Genève, le 13 mars 2020

Madame la Présidente,
Chers participants,
Excellences,
Chers collègues et amis,

Je suis heureuse de célébrer avec vous la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale en prenant part à ce débat important et tourné vers l'avenir.

Le racisme est contraire à tout ce que nous représentons et tout ce que nous faisons.

Et nous avons tous pour responsabilité de le combattre.

En 2001, la Déclaration et le Programme d'action de Durban ont reconnu que les personnes d'ascendance africaine continuaient de souffrir des séquelles de la traite des esclaves africains et du colonialisme.

En effet, dans le monde entier, qu'ils soient des descendants de victimes de l'esclavage ou de récents migrants, les personnes d'ascendance africaine subissent une discrimination intolérable et font partie des groupes les plus pauvres et les plus marginalisés.

Compte tenu de cette situation, et afin d'encourager la reconnaissance, la justice et le développement, l'Assemblée générale a instauré la Décennie internationale pour les personnes d'ascendance africaine de 2015 à 2024. 

La Décennie est une plateforme unique qui met l'accent sur la contribution importante des personnes d'ascendance africaine dans chaque société et qui défend des mesures concrètes pour mettre un terme à la discrimination et favoriser leur pleine inclusion.

L'examen à mi-parcours, auquel l'Assemblée générale procédera cette année, permettra aux États Membres d'évaluer les progrès réalisés grâce à la Décennie, d'échanger leurs bonnes pratiques et de décider d'autres mesures pour aller de l'avant.

J'espère que les États établiront bientôt l'Instance permanente pour les personnes d'ascendance africaine, qui est tant attendue. L'Instance permanente devrait notamment être en mesure de favoriser le développement d'un projet de déclaration des Nations Unies sur la promotion du plein respect des droits de l'homme des personnes d'ascendance africaine.

Excellences,

Le Haut-Commissariat s'est entretenu avec des membres de la société civile et des organismes de l'ONU.  Je suis heureuse de constater que le HCDH, en tant que coordonnateur de la Décennie, a identifié plusieurs importantes initiatives et actions entreprises par différents acteurs.

Nous pouvons citer notamment des mesures législatives ; l'adoption de plans nationaux d'action contre la discrimination ; l'établissement de mécanismes nationaux de suivi et de plainte ; le renforcement des capacités ; la collecte de données et la recherche ; l'engagement communautaire et la sensibilisation ; et des activités pédagogiques et de sensibilisation pour promouvoir la Décennie internationale.

L'année dernière, l'Union africaine a lancé officiellement la Décennie internationale pour l'Afrique et a organisé, en collaboration avec le Haut-Commissariat, une réunion régionale sur sa mise en œuvre.

L'Organisation des États américains a approuvé un plan d'action pour la Décennie à l'échelle des Amériques. Le réseau interaméricain des hautes autorités sur les politiques concernant les populations d'ascendance africaine a également vu le jour, afin d'aider à coordonner et à promouvoir les actions menées par les autorités nationales.

Le Parlement européen a adopté une résolution sur les droits fondamentaux des personnes d'ascendance africaine. Elle appelle les États et les institutions de l'UE à reconnaître que les personnes d'ascendance africaine sont victimes du racisme, de la discrimination et de la xénophobie, et qu'ils ont le droit d'être protégés de ce traitement inégal, en tant qu'individus et en tant que groupe. La résolution demande également aux États d'élaborer des stratégies détaillées pour mettre fin à la discrimination dans les domaines de l'éducation, la santé, le logement, la police, la justice et la politique.

Ces avancées sont importantes.

Je félicite les mécanismes de suivi de la Déclaration et du Programme d'action de Durban pour leur rôle de premier plan afin de faire avancer le programme de la Décennie internationale, en particulier le Groupe de travail d'experts sur les personnes d'ascendance africaine pour ses visites et ses recommandations, qui aident les gouvernements à formuler des politiques en matière de droits de l'homme axées sur les personnes d'ascendance africaine.

Et bien entendu, dans le cadre de son travail en tant que coordonnateur de la Décennie, le HCDH continue d'organiser le programme de bourses annuelles pour les personnes d'ascendance africaine, qui à ce jour a aidé plus de 80 boursiers provenant de 32 pays.

Je reconnais tous ces progrès, mais beaucoup plus de travail doit être accompli pour honorer les engagements pris par les États pour soutenir et promouvoir l'égalité et la dignité de chaque être humain.

Nous devons opérer des changements en promouvant le programme d'activités pour cette Décennie vitale.

Nous devons nous attaquer à la violence policière excessive, au profilage racial, aux incarcérations massives et à la discrimination raciale structurelle dans les secteurs de la santé, de l'emploi, de l'éducation et du logement.

Excellences,

Comme la Covid-19, le racisme et la xénophobie sont contagieux et mortels. Dans le contexte actuel, nous tous présents à ce Conseil avons besoin de nous associer et de travailler ensemble pour le bien commun tout en gardant nos distances les uns les autres. Toutefois, notre conviction et notre détermination à faire avancer les droits de l'homme sont plus fortes que jamais.

Merci.

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