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Commission d’enquête de l’ONU sur le Burundi : Une spirale de violence et d’intolérance politique marque la campagne électorale

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14 mai 2020

GENÈVE, 14 MAI 2020 – Alarmée par les nombreux actes de violence et les violations des droits de l’homme lors de la campagne électorale pour les élections du 20 mai 2020, dont celle pour le Président de la République, la Commission d’enquête sur le Burundi appelle les autorités burundaises et tous les responsables des partis politiques à redoubler d’efforts pour résoudre pacifiquement les tensions liées aux élections.

La Commission a publié aujourd'hui une nouvelle déclaration dans laquelle elle s’inquiète du déroulement du processus électoral, marqué par des affrontements violents entre des membres des partis politiques en lice et de nombreuses arrestations d’opposants politiques, alors que des proches du parti au pouvoir continuent de bénéficier d’une impunité quasi totale pour leurs actes.

Ces élections sont la dernière étape de la mise en œuvre de la Constitution de 2018 et des pouvoirs présidentiels renforcés qu’elle prévoit. Par exemple, le mandat du Président est étendu à sept ans au lieu de cinq, il a de facto un droit de veto sur la promulgation des lois et le Service national de renseignement est désormais placé sous son autorité directe sans contrôle du Parlement.

« Cela fait pourtant des mois que notre Commission alerte les autorités burundaises et la communauté internationale sur les risques d’une telle aggravation de l’intolérance et de la violence politique à l’approche des élections » a relevé Doudou Diène, le Président de la Commission. « Nous avions notamment souligné que le rétrécissement de l’espace démocratique et les nombreuses violations des libertés publiques étaient des facteurs de risque importants, tout comme le manque d’indépendance de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), officiellement garante du bon déroulement de ces élections ».

La Commission est préoccupée que dans de telles conditions, le déroulement du scrutin ou la proclamation des résultats officiels des élections prévue le 4 juin 2020 puissent déclencher un nouveau cycle de violence politique encore plus grave.

« Nous appelons les Gouvernement du Burundi à enrayer immédiatement cette spirale de violence en prenant les mesures nécessaires pour garantir le respect et la protection des libertés publiques et mettre fin à l’impunité dont bénéficient les auteurs d’actes de violence, dont certains avec un haut niveau des responsabilité », a ajouté le Président. Il a par ailleurs noté que « les responsables des partis politiques de tout bord ont la responsabilité de prévenir les actes de violence. A défaut, ils doivent être conscients qu’ils peuvent être tenus pénalement responsables de leurs actions ainsi que dans certaines circonstances de celles de leurs militants ».

La Commission a invité toutes les juridictions compétentes, y compris en dehors du système judiciaire burundais, à considérer l’ouverture des poursuites pénales contre les principaux responsables de violations graves et massives des droits de l’homme qui pourraient être commises dans le cadre du processus électoral en cours. 

Se référant à sa déclaration récente au sujet de la pandémie de COVID-19, la Commission réitère sa préoccupation quant à « la décision des autorités burundaises de ne pas faire appliquer les recommandations de distanciation sociale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour empêcher la propagation du coronavirus lors de la campagne électorale ». La Commission regrette profondément la décision récente du Gouvernement burundais de déclarer persona non grata le Représentant de l’OMS dans le pays et trois de ses experts.

Pour finir, le Président de la Commission a relevé que « les élections du 20 mai 2020 ne pourront ouvrir une nouvelle ère de stabilité au Burundi que si le processus électoral est géré de manière pacifique et sécurisée, en toute transparence et indépendance afin que les résultats puissent être considérés comme crédibles et acceptés de tous. La communauté internationale doit rester vigilante à la situation des droits de l’homme dans le contexte électoral au Burundi».

FIN

Pour toutes informations complémentaires et des demandes des médias, veuillez prendre contact avec Rolando Gómez au +41 (0) 79 477 4411 / rgomez@ohchr.org
Information additionnelle: Wan-Hea Lee, wlee@ohchr.org, +41 (0) 76 691 0680
Plus d'informations sur la Commission d'enquête sur le Burundi.

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