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Le conseil des droits de l'homme entame son débat de haut niveau en entendant notamment plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement

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22 février 2021

Conseil des droits de l'homme

22 février 2021

En ce début de journée, les défis pour les droits de l’homme que constituent les crises sanitaire et environnementale actuelles ont été au cœur des interventions prononcées devant le Conseil des droits de l’homme, qui ouvre ce matin son débat de haut niveau.

C’est précisément en se fondant sur les droits de l’homme que ces crises pourront être surmontées, a-t-il été souligné. Dans le contexte de la crise actuelle de COVID-19, l’accent a en particulier été mis sur la nécessité d’assurer à tous un accès équitable et sûr aux vaccins existants. Le virus, mais aussi le défi du changement climatique, mettent à l'épreuve notre coopération et notre solidarité, a-t-il été observé.

Nombre d’intervenants ont en outre salué le retour des Etats-Unis au sein du Conseil des droits de l’homme, en tant que pays observateur.

Vingt-et-un hauts dignitaires, dont près d’une dizaine de chefs d’Etat ou de gouvernement, sont intervenus durant cette séance.

Ont fait des déclarations les chefs d'Etat de l’Ouzbékistan, de la Colombie, de la Lituanie, de l’Afghanistan, de la Pologne et du Venezuela ; les chefs de gouvernement de la Finlande, des Fidji et de la République de Moldova ; les Ministres des affaires étrangères de la Géorgie, du Kazakhstan, du Viet Nam, de la Belgique, de l’Argentine, du Monténégro, de l’Allemagne, de Malte, du Liechtenstein et de Maurice ; ainsi que les Ministres des droits de l’homme de la Guinée équatoriale et du Maroc.

Le Conseil doit poursuivre son débat de haut niveau cet après-midi, avant de réunir un panel de haut niveau sur l’intégration des droits de l’homme.

Débat de haut niveau

M. SHAVKAT MIRZIYOYEV, Président de l’Ouzbékistan, a indiqué que son pays prenait part pour la première fois à ce débat de haut niveau, en tant que membre du Conseil des droits de l'homme. Pour cette raison, sa délégation est plus que jamais déterminée à travailler en étroite coopération avec les autres membres afin de réaliser l’initiative lancée par le Secrétaire général des Nations Unies sous le nom d’Appel à l’action en faveur des droits de l'homme. Il est à noter que ces dernières années, l’Ouzbékistan a consciencieusement poursuivi son chemin vers la démocratie, a poursuivi le Président ouzbèke. Les réformes ont été menées de manière irréversible et visent à établir un nouvel Ouzbékistan, a-t-il indiqué, avant d’ajouter que le travail doit se poursuivre, notamment pour renforcer les transformations démocratiques du pays.

Il faut veiller aux droits et libertés fondamentaux, avec l’objectif de ne laisser personne de côté, a souligné le chef de l’Etat, insistant sur la nécessité de veiller aux droits des plus vulnérables, y compris les jeunes. A cet égard, 2021 a été déclarée en Ouzbékistan « Année de la santé publique des jeunes », a rappelé M. Mirziyoyev, avant d’indiquer que le pays accueillerait, sous les auspices des Nations Unies, une conférence sur les droits des jeunes au cours de laquelle sera présenté le projet de convention sur les droits des jeunes et discutée l’opportunité de créer un mandat de rapporteur spécial sur les droits des jeunes.

M. IVÁN DUQUE MÁRQUEZ, Président de la Colombie, a indiqué que son pays avait, « dans un élan de fraternité et de solidarité », accueilli près de deux millions de migrants vénézuéliens ayant fui la « tragédie causée par la dictature de Maduro ». Preuve de cet engagement, les autorités colombiennes ont inauguré le 8 février dernier le Statut temporaire de protection des migrants vénézuéliens, qui à terme permettra leur régularisation et leur intégration dans le système productif colombien. Cette décision a été qualifiée par le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) de « geste humanitaire le plus important » fait sur ce continent depuis 1984, date de la signature de la Déclaration de Carthagène sur les réfugiés, s’est réjoui le chef de l’Etat colombien.

S’agissant de la pandémie de COVID-19, le Président colombien a affirmé que son pays l’affrontait de manière ouverte, avec une approche basée sur les droits de l'homme. Il a insisté sur la nécessité d’une plus grande solidarité internationale en ce qui concerne un accès « sûr et équitable » aux vaccins, notamment pour les plus vulnérables. Il a en outre affirmé « qu’un vent d’espoir soufflait en Colombie » avec la mise en œuvre du plan « Paix dans la légalité » - un plan qui a permis, avec l’appui de la communauté internationale, de réaliser en 2020 des progrès dans les territoires affectés par la violence, alors que la Colombie vient de connaître son plus faible taux d’homicides en 46 ans.

M. GITANAS NAUSEDA, Président de la Lituanie, a souligné que les droits de l’homme sont une condition nécessaire à la paix. La Lituanie considère que le Conseil revêt une importance essentielle pour promouvoir et protéger les droits de l’homme, identifier les vulnérabilités et y remédier, a-t-il ajouté.

S’agissant de la situation dans le voisinage de la Lituanie, plus de six mois se sont écoulés depuis « l’élection frauduleuse » dans « un pays voisin », a poursuivi le Président lituanien, ajoutant que les brutalités contre les journalistes et la société civile doivent être examinées par les organes de droits de l’homme des Nations Unies. Le chef de l’Etat lituanien a par ailleurs dénoncé la tentative d’empoisonnement de l’opposant russe Alexei Navalny, ainsi que les situations en « Crimée annexée illégalement », dans les zones de l’est de l’Ukraine non contrôlées par le Gouvernement ukrainien, ainsi que dans les « zones occupées de la Géorgie » que sont l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud. Il a appelé à mettre un terme aux violations systématiques du droit international et à la coopération avec les mécanismes des Nations Unies. Il faut faire en sorte que toutes les victimes obtiennent une réparation efficace et que tous les auteurs soient poursuivis en justice, a-t-il insisté.

Le chef de l’état lituanien s’est dit encouragé par le retour des Etats-Unis au sein du Conseil des droits de l’homme et a souligné que le plus grand défi est désormais de renforcer l’état de droit à l’échelle mondiale, faute de quoi le régime des droits de l’homme pourrait devenir la proie d’un phénomène dangereux de déstabilisation et d’érosion.

M. MOHAMMAD ASHRAF GHANI, Président de l’Afghanistan, a déclaré qu’après quarante ans de violence, le peuple et le Gouvernement afghans aspirent au droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne dans un pays souverain, démocratique et uni. Le prix de la guerre a été immense, a-t-il rappelé, indiquant que le Banque mondiale avait estimé à 240 milliards de dollars les pertes matérielles subies entre 1978 et 2001. Les pertes humaines sont généralement estimées à 1,5 million de morts, auxquels s’ajoutent deux millions de personnes déplacées à l'intérieur du pays et neuf millions d’autres qui sont devenues des réfugiés.

Atteindre la paix est notre quête nationale, a déclaré le Président afghan, affirmant qu’il existe un consensus national sur l’état final d’un Afghanistan souverain, démocratique et uni, en paix et capable de préserver et d’étendre les acquis des vingt dernières années. Nous sommes donc dans un moment historiquement rare et des choix difficiles devront être faits, a-t-il expliqué, indiquant que le peuple et le Gouvernement afghans placent leurs efforts de consolidation de la paix dans le cadre d’un partenariat international et régional.

M. ANDRZEJ DUDA, Président de la Pologne, a déclaré que la propagation de la COVID-19 et les tentatives pour contenir le virus constituaient le défi le plus pressant pour la communauté internationale. La pandémie a montré qu'aucune société ni aucun pays n’était à l'abri et elle a élevé la question des soins de santé, de la santé publique et de la sécurité sanitaire au niveau des droits humains fondamentaux, a-t-il fait observer. Mais la pandémie n’a pas fait disparaître les autres problèmes, a poursuivi M. Duda. Il a rappelé qu'à la suite des élections présidentielles au Bélarus, des milliers de Bélarussiens étaient descendus dans la rue pour exercer leurs droits démocratiques fondamentaux. L'ampleur de la répression qui a suivi de la part du « régime bélarussien » a été plus qu'alarmante, a souligné M. Duda, appelant les autorités bélarussiennes à passer d’une politique d’oppression à une politique de dialogue.

S’agissant de la Fédération de Russie, M. Duda a jugé naïf de poursuivre avec ce pays une approche de “ business-as-usual ”: un dialogue authentique suppose en effet que certaines normes doivent être respectées et « dans le cas de la Fédération de Russie, ces normes ne s’améliorent pas, elles se détériorent », a-t-il déclaré. Le Président polonais a appelé les autorités russes à respecter leurs obligations internationales et à libérer Alexei Navalny et ses partisans détenus.

M. Duda a aussi recommandé que la communauté internationale reste saisie de la situation dans les territoires de l'Ukraine « sous le contrôle des forces d'occupation russes ou des séparatistes soutenus par la Fédération de Russie ». Il a enfin appelé à protéger la liberté de religion ou de conviction partout dans le monde, de même que la liberté d’expression.

M. NICOLAS MADURO MOROS, Président de la République bolivarienne du Venezuela, a fait observer que la pandémie de COVID-19, avec ses 2,4 millions de personnes décédées dans le monde, avait mis en évidence la nécessité de considérer la santé comme un droit humain fondamental. Le Venezuela, pour sa part, a réussi à atténuer et contrôler la pandémie grâce à une politique sociale préexistante de santé publique gratuite et de qualité, ainsi que grâce à l'application de traitements scientifiques complémentaires et combinés, a affirmé le Président vénézuélien.

Mais cela n'a pas été facile, a poursuivi le chef de l’Etat, affirmant que son pays fait face, avec plus de 450 mesures coercitives unilatérales et « illégales », à « une guerre multidimensionnelle visant à mettre fin au modèle social inclusif construit par la révolution bolivarienne. » Ces sanctions privent le Venezuela d'au moins 30 milliards de dollars, autant de ressources qui devraient être utilisées pour la santé, l'alimentation et les droits complets du peuple vénézuélien. Le dernier rapport de la Rapporteuse spéciale sur l'impact négatif des mesures coercitives unilatérales sur la jouissance des droits de l'homme, Mme Alena Douhan, démontre que ces sanctions, appliquées par les États-Unis et l'Union européenne, en tant « qu'instrument délibéré pour parvenir à un changement de régime au Venezuela », violent le droit international. aussi, le Président vénézuélien a-t-il appelé à la levée desdites sanctions.

MME SANNA MARIN, Première Ministre de la Finlande, a déclaré que face à la pandémie de COVID-19, le besoin de solidarité et de résilience était redevenu très concret. « D'après notre expérience, les sociétés inclusives sont mieux à même de s'adapter au changement et de surmonter les crises », a-t-elle ajouté. Mme Marin a par ailleurs estimé que l’histoire de son pays était révélatrice: si le passage d'un pays agraire pauvre à une nation égale et prospère n'a pas été facile, « l'égalité des sexes et une éducation de qualité pour tous ont rendu notre succès possible », a-t-elle indiqué.

Mme Marin a ensuite dénoncé la violence sexuelle et sexiste utilisée comme une arme dans les conflits. Elle a par ailleurs regretté que la pandémie de COVID-19 aggrave la situation d'innombrables travailleurs sanitaires et sociaux, qui sont pour la plupart des femmes, et a également regretté que cette pandémie entraîne une augmentation de la violence domestique. En même temps, les femmes représentent une force puissante de changement et de redressement, tandis que le Conseil joue un rôle essentiel pour garantir les progrès en matière de droits des femmes et des filles, a observé Mme Marin.

Mme Marin a aussi souligné les conséquences graves du changement climatique sur la jouissance des droits de l'homme. La Première Ministre finlandaise a enfin plaidé pour que la numérisation devienne une force pour la promotion et la protection des droits de l'homme et des libertés fondamentales; elle a appelé la communauté internationale à réduire la fracture numérique.

M. JOSAIA VOREQE BAINIMARAMA, Premier Ministre et Ministre des affaires iTaukei, de l'industrie sucrière et des affaires étrangères des Fidji, a affirmé que son pays avait une perspective précieuse à offrir en tant que démocratie engagée et petit État insulaire en développement. Il s’est dit convaincu que le mandat de la présidence fidjienne du Conseil des droits de l’homme serait marqué par des efforts inlassables pour renforcer les droits de l’homme en ces temps difficiles.

S’agissant de la COVID-19, le Premier Ministre a expliqué que la pandémie avait coûté cher à l’économie des Fidji. Le pays a dû fermer ses frontières, suspendant l’industrie du tourisme qui génère près de 40% du PIB des Fidji. La pandémie n'est pas seulement une crise sanitaire ; c'est aussi une crise sociale et économique tout aussi pénible, et elle aura des conséquences sanitaires, sociales et économiques à long terme dans le monde entier, a-t-il insisté. La pandémie a déjà mis la communauté internationale au défi de faire respecter les principes des droits de l’homme fondés sur l’équité, la justice et la dignité de chaque être humain. Dans ce contexte, aucune nation ne gagne dans un monde où l’immunité (face au virus) est inégale et les Fidji travaillent sans relâche pour défendre le principe selon lequel les vaccins doivent être disponibles pour les plus pauvres tout comme pour les habitants des pays les plus riches ; il faut faire de ce principe une réalité, a insisté le Premier Ministre fidjien.

Dans le Pacifique, la crise climatique se poursuit, a-t­-il poursuivi, rappelant que la perte extrême de biodiversité, les événements météorologiques fréquents et intenses et l'élévation du niveau de la mer ont des conséquences graves qui touchent tous les aspects du développement socioéconomique. La souveraineté même des Fidji est menacée, a souligné le Premier Ministre. Il n'y a pas de choix entre lutter contre la pandémie et lutter contre la crise climatique : les Fidji et leurs voisins de la région du Pacifique se battent pour les deux simultanément, a-t-il déclaré. La crise climatique n’est pas une crise du futur, c'est une crise actuelle et le monde peut faire en sorte de l'empêcher de devenir une crise du futur, a conclu le Premier Ministre.

M. AURELIU CIOCOI, Premier Ministre par intérim et Ministre des affaires étrangères par intérim de la République de Moldova, a déclaré qu’un an après le début de la pandémie, il est clair que le virus a mis à l'épreuve notre ouverture, notre coopération et le concept même de solidarité. Mais maintenant que la communauté scientifique a réalisé l'exploit extraordinaire de développer si rapidement plusieurs vaccins, nous avons besoin de plus de coopération et d'actions plus concertées afin de garantir l'accès à des vaccins sûrs et efficaces pour tous, a-t-il insisté.

Après avoir présenté les avancées et les « changements indispensables » réalisés par son Gouvernement en matière de droits de l'homme, M. Ciocoi a attiré l’attention du Conseil sur une « question de la plus haute importance » pour la République de Moldova, à savoir le conflit prolongé dans la région de Transnistrie et la « grave » situation des droits de l’homme dans la région. Selon M. Ciocoi, « ceux qui détiennent de facto le contrôle [de cette région] ont imposé un soi-disant état d’urgence », sous le couvert de mesures visant à contrôler la propagation de la COVID-19. Ce n’est qu’après les demandes incessantes du Gouvernement de la République de Moldova, avec le soutien des partenaires internationaux, que Tiraspol a accepté de permettre au personnel médical de franchir la ligne administrative, a fait observer M. Ciocoi, appelant la communauté internationale à dénoncer les violations des droits de l’homme qui se produisent dans la région.

M. DAVID ZALKALIANI, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères de la Géorgie, a regretté que malgré l'appel du Secrétaire général à un cessez-le-feu mondial immédiat pendant la pandémie de COVID-19, « nous continu[i]ons à être les témoins de violations des droits de l'homme dans les régions de Géorgie occupées par la Fédération de Russie ainsi qu'en Ukraine, où la Fédération de Russie a illégalement occupé et annexé des territoires du pays souverain ». Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme n'a pas pu entrer dans les régions géorgiennes occupées par la Fédération de Russie, régions où les droits fondamentaux des “Géorgiens de souche” sont bafoués quotidiennement, y compris pendant la pandémie, a dénoncé M. Zalkaliani. Il a dénoncé l'intensification de la « guerre hybride menée quotidiennement par la Fédération de Russie par le biais de la désinformation et de cyberattaques à grande échelle », y compris la propagande contre le Centre Richard Lugar pour la recherche en santé publique, qui a joué un rôle important dans la lutte de la Géorgie contre la pandémie.

M. Zalkaliani a condamné le fait que malgré des appels répétés, justice n’a pas été rendue en ce qui concerne les cas de privation de la vie de citoyens géorgiens dans les régions occupées par la Fédération de Russie, ce qui alimente le sentiment d'impunité et entraîne de nouveaux cas de torture et de privation de la vie.

M. MUKHTAR TILEUBERDI, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Kazakhstan, a fait observer que la pandémie de COVID-19 a tenu en échec les systèmes de santé, affaiblit les économies et mis au défi les droits de l’homme. Le Kazakhstan fête cette année le trentième anniversaire de son indépendance, ce qui lui permet de rappeler à cette occasion son attachement à la protection et à la promotion des droits fondamentaux, a-t-il poursuivi, assurant que le pays continue à promouvoir des réformes politiques et économiques visant à construite un Etat démocratique avancé. Il a présenté une série de mesures prises pour renforcer les droits de l’homme au Kazakhstan, citant notamment la pénalisation du discours de haine ou encore le projet d’abolition de la peine de mort.

Le Programme de développement durable à l’horizon 2030 est menacé en raison de la pandémie, a ajouté M. Tileuberdi, plaidant pour des efforts renforcés afin de le remettre sur les rails. La pandémie a provoqué une perturbation du système éducatif, ce qui a pour conséquence un impact à long terme sur la situation des droits de l’homme, a-t-il souligné. La communauté internationale doit faire preuve d’unité et de coopération dans ce contexte, a-t-il conclu.

M. ALFONSO NSUE MOKUY, Troisième Vice-Premier Ministre, en charge des droits de l'homme, de la Guinée équatoriale, a déclaré que la pandémie de COVID-19 avait eu des conséquences sur la mise en œuvre [par son pays] des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU). Pour faire face à la pandémie, a-t-il indiqué, des mesures ont été prises, notamment dans le domaines de la santé où des campagnes d’information, de sensibilisation et de dépistage de la maladie ont été lancées. Le Gouvernement équato-guinéen a en outre commandé des doses de vaccins. Dans le domaine de l’éducation, les travaux de construction et de rénovation de campus, au niveau universitaire, se sont poursuivis, de même que la distributions de kits éducatifs.

Dans le domaine législatif, le nouveau Code pénal est en cours d’adoption au Parlement, a poursuivi le Troisième Vice-Premier Ministre. Ce nouveau Code prévoit notamment l’abolition de la peine de mort et la révision de la loi sur la nationalité, a-t-il précisé. Un avant-projet de loi sur l’homosexualité est également en cours d’étude, a-t-il ajouté, assurant de la détermination de son pays à promouvoir les droits de l'homme.

M. PHAM BINH MINH, Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères du Viet Nam, a déclaré que si 2020 a été l'année la plus difficile depuis de nombreuses décennies, la COVID-19 ayant coûté la vie à des millions de personnes, la pandémie avait également offert au monde une nouvelle voie pour « mieux construire l'avenir, fondée sur l'adaptabilité, l'innovation, la coopération et la solidarité aux niveaux local, national et mondial ». Grâce à l’approche pangouvernementale et au soutien du peuple, la COVID-19 a été largement contrôlée au Viêt Nam, a souligné le Vice-Premier Ministre et Ministre des affaires étrangères. Des mesures ont été prises afin de protéger la santé et la sécurité de la population, à titre de priorité absolue. Des efforts sont également déployés pour maintenir la croissance économique et le bien-être social ; l'économie a progressé de 3% en 2020, a-t-il indiqué.

Le Viet Nam est reconnaissant du précieux soutien de ses pays partenaires, des organisations internationales, des organisations non gouvernementales et des populations du monde entier, a-t-il poursuivi. Pour sa part, le Viet Nam a fourni des masques et des fournitures médicales pour aider plus de cinquante pays et partenaires internationaux dans leur riposte à la pandémie, a-t-il indiqué. Comme l'a proposé le Viet Nam, a-t-il en outre rappelé, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté par consensus une résolution proclamant le 27 décembre « Journée internationale de la préparation aux épidémies », afin de contribuer à sensibiliser à l'importance de la prévention et de la lutte contre les épidémies.

MME SOPHIE WILMES, Vice-Première Ministre et Ministre des affaires étrangères, des affaires européennes et du commerce extérieur, et des institutions culturelles fédérales du Royaume de Belgique, a fait observer que la pandémie qui a touché toute l’humanité est une douloureuse leçon d'humilité. Cette crise, qui accentue les inégalités, a rappelé au monde l’importance des droits humains, ainsi que leur universalité. La Vice-Première Ministre a dit souscrire à l’avis du Secrétaire général quant au fait que l’égalité des genres est peut-être le plus grand défi du monde en matière de droits humains. La crise de la COVID-19 pèse sur les droits des femmes et des filles dans tous les domaines, et les femmes sont souvent sous-représentées dans la prise de décision concernant la réponse à la crise, a regretté Mme Wilmes.

En cette année de vingtième anniversaire de la Conférence mondiale [de Durban] contre le racisme, trop de personnes sont encore victimes de discrimination sur la base de leur race, de leur origine ethnique, de leur couleur ou de leur religion, a poursuivi Mme Wilmes. Il faut unir les efforts pour vaincre le fléau du racisme, qui remet en question l’égalité fondamentale de tous les êtres humains, a-t-elle souligné. Rappelant en outre que le droit à la vie est le droit le plus fondamental, elle a indiqué que la Belgique, avec d’autres Etats, présenterait une nouvelle résolution sur la question de la peine de mort en septembre. Elle a enfin insisté sur l’importance primordiale du système des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme.

M. MUSTAFA AL RAMID, Ministre d’Etat chargé des droits de l’homme et des relations avec le Parlement du Maroc, a indiqué que son pays a adopté une approche « purement nationale » pour faire face à la pandémie de COVID-19. Le Royaume s'est efforcé de mobiliser toutes ses capacités et énergies afin de renforcer la protection du droit à la vie et du droit à la santé, et a également mobilisé toutes les ressources disponibles pour soutenir les groupes sociaux vulnérables et touchés, pour atténuer la crise des entreprises nationales et pour élaborer un plan de reprise économique. Depuis fin janvier, le Maroc cherche à sécuriser une campagne nationale de vaccination gratuite pour tous les Marocains et étrangers résidant au Maroc, a indiqué le Ministre. Adepte de la solidarité internationale et conformément à la résolution 2532 (2020), du Conseil de sécurité, le Maroc n'a par ailleurs ménagé aucun effort pour fournir soutien et assistance à quinze pays « africains amis », afin de les aider à faire face à la pandémie, a-t-il ajouté.

Le Ministre marocain chargé des droits de l’homme et des relations avec le Parlement a également souligné que son pays a continué de s'acquitter de ses obligations vis-à-vis des organes conventionnels et des procédures spéciales du Conseil des droits de l'homme. Pour renforcer cette dynamique, le Maroc a décidé de se porter candidat au Conseil pour la période 2023-2025, a-t-il indiqué, précisant que cette candidature bénéficie du soutien de l'Union africaine, de la Ligue des États arabes et de plusieurs autres groupes régionaux. Concluant son propos, il a qualifié de « pacifique et légitime », l'intervention de son pays pour rétablir en novembre dernier le « fonctionnement normal » du passage de Guerguerat, alors que celui-ci – a-t-il affirmé – était entravé par des « éléments armés affiliés au Polisario ».

M. FELIPE CARLOS SOLÁ Ministre des affaires étrangères, du commerce international et du culte de l'Argentine, a déclaré que face au « faux dilemme » entre sauver des vies ou sauver l'économie imposé par la pandémie de COVID-19, son pays a choisi une approche basée sur les droits de l'homme. L’Argentine a donc consenti un effort sans précédent en termes de santé et d'investissements social et productif, tout cela au milieu d'un processus complexe de restructuration de sa dette extérieure, a indiqué le Ministre. Il a appelé les États et les institutions financières privées et publiques, conformément aux résolutions de l’Assemblée générale et du Conseil des droits de l'homme, à veiller à ce que le respect des engagements découlant de la dette extérieure ne porte pas atteinte aux droits fondamentaux des populations.

A côté de cela, l’Argentine a réaffirmé en 2020 son engagement à garantir les droits des personnes LGBTI, a poursuivi le Ministre. L’Argentine vient en outre de lancer avec la France une nouvelle campagne pour promouvoir l’universalisation de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, a-t-il ajouté. L’Argentine est par ailleurs candidate à un mandat de membre du Conseil des droits de l'homme pour la période 2022-2024 et elle espère le soutien des États, a conclu le Ministre des affaires étrangères.

M. ĐORĐE RADULOVIĆ, Ministre des affaires étrangères du Monténégro, a affirmé que, dans les circonstances exceptionnelles actuelles, le Conseil était un mécanisme des droits de l'homme encore plus important au niveau mondial, capable de traiter toutes les crises majeures. C'est pourquoi le Monténégro plaide pour un renforcement de la visibilité, de l'efficacité et de la viabilité financière du Conseil dans le système des Nations Unies. Le Ministre s’est félicité de l'annonce faite par les États-Unis de rejoindre le Conseil en tant qu'observateur, réaffirmant ainsi leur engagement envers cet important organe des Nations Unies. Le Ministre a ajouté que son pays était candidat au Conseil pour la période 2022-2024.

M. Radulović a par ailleurs indiqué que son pays reconnaissait la contribution aux mécanismes des droits de l'homme des organisations non gouvernementales, des défenseurs des droits de l'homme et des autres acteurs de la société civile. Il a jugé particulièrement alarmant que la crise actuelle ait démontré, une fois de plus, la fragilité des droits de l'homme, en particulier pour ce qui concerne les groupes vulnérables, pour lesquels il est urgent de prendre des mesures supplémentaires de protection. « Notre succès face à toutes ces adversités dépend de notre volonté de travailler ensemble », a insisté M. Radulović. La solidarité et le sens de l'objectif commun devraient être le moteur de toutes nos actions dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 et ses conséquences, a-t-il indiqué.

M. HEIKO MAAS, Ministre fédéral des affaires étrangères de l’Allemagne, a déclaré que quand on ne bouge pas, on recule et a souligné que les droits de l’homme ne sont pas un acquis. De nombreux journalistes et défenseurs des droits de l’homme sont aujourd’hui arrêtés, a-t-il fait observer. Les membres du Conseil ont été élus pour lutter contre cette réalité, a-t-il rappelé, assurant que si le monde ne résiste pas, il perdra du terrain dans le domaine des droits de l’homme. Résister dans le domaine des droits de l’homme, c’est aussi faire face aux nouveaux défis, notamment ceux liés au changement climatique et aux nouvelles technologies, a-t-il poursuivi.

Le Ministre allemand s’est félicité de la décision des Etats-Unis de se réengager dans les travaux du Conseil. Il a ensuite affirmé que les différences culturelles ne sauraient être une excuse pour saper les travaux du Conseil. Tous les Etats ont le devoir de défendre leurs engagements dans le domaine des droits de l’homme et c’est pourquoi le Conseil a eu raison de s’exprimer sur les événements au Myanmar, a-t-il en outre souligné. Les victimes de violations doivent être au cœur des efforts et c’est pourquoi l’Allemagne a mis en œuvre un programme d’accueil de défenseurs des droits de l’homme et de militants de la société civile. L’Allemagne s’est engagée à faire entendre leurs voix au Conseil des droits de l’homme mais aussi au sein du Conseil de sécurité.

M. EVARIST BARTOLO, Ministre des affaires étrangères et européennes de la République de Malte, s’est réjoui du réengagement des États-Unis au Conseil des droits de l'homme. Il a ensuite jugé cruciale la mise en pratique du mandat et des prérogatives préventives du Conseil. Il a également estimé qu’il y avait beaucoup de travail à faire pour parvenir à une solidarité mondiale sur les migrations et prévenir davantage de tragédies et de pertes de vies humaines en Méditerranée. Aucun pays, quelle que soit sa taille, ne peut résoudre unilatéralement le problème de la migration irrégulière, a-t-il souligné.

M. Bartolo a plaidé pour une pleine mise en œuvre de la Déclaration universelle des droits de l’homme. Dans le même temps, il faut éviter la sélectivité, les deux poids, deux mesures, a-t-il souligné. Nous devons utiliser tous les outils disponibles pour remplir nos engagements en matière de droits de l'homme, y compris au Conseil, à l'Assemblée générale et au Conseil de sécurité, a insisté M. Bartolo, avant d’indiquer que Malte est candidat pour occuper un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2023-2024.

MME KATRIN EGGENBERGER, Ministre des affaires étrangères, de la justice et de la culture du Liechtenstein, a indiqué son pays présenterait une résolution lors de cette session afin de renouveler le mandat du Rapporteur spécial sur le droit à la vie privée à l'ère numérique. Le Liechtenstein est convaincu que les menaces induites par l'intelligence artificielle, la localisation et le profilage ne feront qu'accroître l'importance du traitement de cette question par le Conseil. Le Liechtenstein insistera en outre sur l'importance de la responsabilité en cas de violations graves des droits de l'homme et du droit international.

À cet égard, Mme Eggenberger a affirmé que les procédures de la Cour pénale internationale sont la voie la plus prometteuse vers la responsabilité pénale au Myanmar, parallèlement à une coopération totale [du pays] avec le Haut-Commissariat aux droits de l'homme ainsi qu’avec le Conseil des droits de l'homme et ses titulaires de mandat. S’agissant de la Syrie, la Ministre a estimé qu’il n'y aurait pas d'avenir durable sans justice pour les innombrables atrocités commises. Mme Eggenberger a par ailleurs appelé le Gouvernement du Bélarus à mettre immédiatement fin à la violence contre les manifestants pacifiques. La Ministre a ensuite indiqué que le Liechtenstein est préoccupé par la multiplication des attaques et représailles contre les défenseurs des droits de l'homme et contre les personnes qui coopèrent avec les Nations Unies, ainsi que par l'utilisation des mesures contre la COVID-19 pour faire taire les acteurs de la société civile.

M. ALAN GANOO, Ministre des affaires étrangères, de l'intégration régionale et du commerce international de la République de Maurice, a déclaré que bien que la pandémie de COVID-19 soit sans précédent, ce ne sera certainement pas la dernière. C'est la raison pour laquelle le monde doit se rassembler pour construire un système résilient qui donne la priorité à la dignité humaine, à la diversité et à l'égalité, a-t-il souligné, avant de plaider pour que soit garantie la vaccination de toutes les personnes dans le monde afin d’éviter le risque de nouvelles mutations du virus. À cet égard, Maurice soutient la proposition faite par l'Inde et l'Afrique du Sud à l'Organisation mondiale du commerce en faveur d’une dérogation temporaire à certaines obligations des Aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) en réponse à la COVID-19. Maurice estime qu’une telle dérogation garantira aux populations une meilleure accessibilité aux vaccins et autres produits thérapeutiques et un meilleur prix de ceux-ci. Les droits de l'homme ne peuvent être entravés par des considérations commerciales, en particulier en période de pandémie mondiale, a insisté le Ministre.

Les impacts du changement climatique sont durables, a par ailleurs souligné M. Ganoo, faisant observer que non seulement les petits Etats insulaires en développement comme Maurice, mais aussi toutes les économies, petites ou grandes, sont confrontés aux impacts du changement climatique. Maurice apprécie le réengagement des dirigeants mondiaux dans le dialogue sur le climat, a-t-il indiqué, se félicitant du retour des États-Unis d'Amérique à l'Accord de Paris.

Lien : https://www.ungeneva.org/fr/news-media/meeting-summary/2021/02/le-conseil-des-droits-de-lhomme-entame-son-debat-de-haut-niveau


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