Santé mentale et droits de l’homme

Selon les estimations actuelles, une personne sur quatre souffre de problèmes de santé mentale au cours de sa vie. Pourtant, près des deux tiers d’entre elles ne se font pas soigner. Une mauvaise santé mentale est un facteur prédisposant à des problèmes de santé physique et à une espérance de vie beaucoup plus courte. Dans de nombreuses régions du monde, l’absence de structures sanitaires de proximité cantonne les soins de santé mentale dans les établissements psychiatriques – situation qui donne lieu à de graves violations des droits de l’homme, notamment à des conditions de vie et à des traitements inhumains et dégradants.

La vie des personnes souffrant de problèmes de santé mentale est marquée par la place marginale qu’occupe la santé mentale dans les politiques publiques. Cette marginalisation est notamment visible dans la vie sociale, dans l’inégalité des chances et dans la surreprésentation de ces personnes dans les populations pauvres.

Il existe ainsi une forte corrélation entre la santé mentale et la pauvreté, et entre les troubles mentaux et les difficultés économiques résultant d’une réalisation insuffisante des droits à l’éducation, au travail, à l’alimentation et à l’eau, et bien d’autres droits de l’homme.

Rapport et consultation

Rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme sur la santé mentale et les droits de l’homme (2017) (A/HRC/34/32)

Ce rapport, demandé par le Conseil des droits de l’homme dans sa résolution 32/18, recense quelques-uns des principaux défis rencontrés par les personnes faisant appel aux services de santé mentale et celles souffrant de problèmes de santé mentale ou d’un handicap psychosocial, notamment :

  • la stigmatisation et la discrimination ;
  • la violation des droits économiques, sociaux et autres ;
  • le déni d’autonomie et la privation de la capacité juridique.

Le rapport conclut que pour soutenir la pleine réalisation des droits de l’homme des personnes souffrant de problèmes de santé mentale, les États doivent modifier leurs politiques. Selon les recommandations figurant dans le rapport, les États doivent notamment :

  • créer un environnement juridique propice à la réalisation des droits de l’homme des personnes souffrant de problèmes de santé mentale ;
  • inclure systématiquement les droits de l’homme dans les cadres politiques et juridiques ;
  • reconnaître l’autonomie, la capacité d’agir et la dignité de chaque individu ;
  • adopter des mesures pour améliorer la qualité de la prestation des services de santé mentale et mettre fin aux pratiques préjudiciables comme le traitement sans consentement et le placement en institution ;
  • échanger des compétences techniques et de bonnes pratiques.

Pour en savoir plus, veuillez lire le rapport complet (A/HRC/34/32), qui est disponible dans les six langues officielles de l’ONU.

Consultation : déterminer des stratégies pour promouvoir les droits de l’homme dans le domaine de la santé mentale (A/HRC/39/36)

Dans sa résolution 36/13, le Conseil des droits de l’homme a reconnu que les personnes souffrant de problèmes de santé mentale sont victimes de formes généralisées de discrimination, de stigmatisation, de préjudice, de violence, d’abus, d’exclusion sociale et de ségrégation. Ils sont également victimes de mesures illégales ou arbitraires de placement en institution, de médicalisation excessive et de pratiques thérapeutiques non respectueuses de leur autonomie, de leur volonté et de leurs préférences.

Pour lutter contre ces violations, le Conseil a tenu en 2017 une consultation visant à déterminer des stratégies pour promouvoir les droits de l’homme dans le domaine de la santé mentale.

Lire davantage d’informations sur la consultation, y compris les biographies et présentations des intervenants*