Mariages d’enfants et mariages forcés, y compris dans les situations de crise humanitaire

Les mariages d’enfants et les mariages forcés constituent une forme de violation des droits de l’homme et une pratique préjudiciable qui affecte particulièrement les femmes et les filles du monde entier, les empêchant de vivre à l’abri de toute forme de violence.

Les mariages d’enfants et les mariages forcés menacent la vie et l’avenir de nombreuses filles et femmes à travers le monde. Ces pratiques les privent de leur capacité à prendre des décisions concernant leur vie, portent atteinte à leur éducation, les rendent plus vulnérables à la violence, à la discrimination et aux abus, et les empêchent de participer pleinement aux sphères économiques, politiques et sociales.

Les mariages d’enfants s’accompagnent souvent de grossesses et d’accouchements précoces et fréquents, ce qui entraîne des taux de morbidité et de mortalité maternelle plus élevés que la moyenne.

Les mariages d’enfants et les mariages forcés poussent souvent les femmes et les filles à tenter de fuir leur communauté ou à se suicider pour éviter cette union ou s’en échapper.

Définitions du mariage d’enfants et du mariage forcé

On entend par mariage d’enfants tout mariage dans lequel au moins l’un des conjoints a moins de 18 ans.

On entend par mariage forcé tout mariage dans lequel l’un des conjoints au moins n’a pas personnellement donné son consentement plein, libre et éclairé à l’union. Un mariage d’enfants est considéré comme une forme de mariage forcé car au moins l’un des conjoints n’a pas librement exprimé son consentement plein, libre et éclairé.

Une fille sur cinq est mariée

Plus de 650 millions de femmes vivant aujourd’hui dans le monde ont été mariées lorsqu’elles étaient enfants. Chaque année, au moins 12 millions de filles dans le monde sont mariées avant l’âge de 18 ans. Cela représente 28 filles par minute. Une fille sur cinq est mariée ou vit maritalement avant l’âge de 18 ans. Dans les pays les moins avancés, ce chiffre est multiplié par deux : 40 % des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans et 12 % avant l’âge de 15 ans. Ces pratiques sont particulièrement répandues dans les pays affectés par un conflit et dans les situations de crise humanitaire (source : UNICEF*).

Des progrès mais des pratiques qui demeurent répandues

Les entités et instruments internationaux relatifs aux droits de l’homme soulignent la nécessité de prendre des mesures pour lutter contre les mariages d’enfants et les mariages forcés. Ces dernières années, les actions visant à mettre fin à ces pratiques ont augmenté aux niveaux international, régional et national (voir A/HRC/RES/24/23 ; A/HRC/26/22 ; A/HRC/35/5 ; A/HRC/41/19 ; A/71/253 ; A/73/257 ; A/75/262). Des efforts spécifiques sont actuellement menés pour lier ces efforts à la mise en œuvre et au suivi des objectifs de développement durable, en particulier l’objectif 5.3 visant à éliminer toutes les pratiques préjudiciables, telles que le mariage des enfants, le mariage précoce ou forcé et la mutilation génitale féminine.

Au cours des dix dernières années, 25 millions de mariages d’enfants ont été évités dans le monde grâce à l’augmentation du taux d’éducation des filles, à l’investissement proactif des gouvernements dans les adolescentes et à une plus grande sensibilisation du public aux préjudices causés par les mariages d’enfants. Selon l’UNICEF, le taux de mariages d’enfants et de mariages forcés reste malgré tout élevé, en particulier dans certaines régions, comme l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud, qui comptent respectivement pour 18 % et 44 % de ces mariages dans le monde ; viennent ensuite l’Asie de l’Est et le Pacifique avec 12 % ; l’Amérique latine et les Caraïbes avec 9 % ; le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord avec 5 % ; et les autres régions, qui représentent 12 %.

Aucune région du monde n’est en voie d’éliminer les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés d’ici 2030, comme le prévoit le Programme de développement durable à l’horizon 2030*. Pour mettre fin à ces pratiques à l’échelle internationale, nous devons redoubler d’efforts et maintenir nos progrès, sans quoi, plus de 120 millions de filles supplémentaires seront mariées avant leurs 18 ans d’ici 2030. Voir les données mondiales de l’UNICEF*

Les mariages d’enfants dans le contexte de la COVID-19

La pandémie de COVID-19 a un profond impact sur la vie quotidienne des filles et l’exercice de leurs droits humains. Les données empiriques et la théorie sur les facteurs favorisant les mariages d’enfants, ainsi que les preuves anecdotiques provenant de plusieurs pays permettent de conclure que le risque de mariage d’enfants augmente dans le contexte de la pandémie de COVID-19 et de ses conséquences. Plus particulièrement, l’impact économique sur les familles et les sociétés, la fermeture des écoles et l’interruption des services offerts aux filles menacent les progrès accomplis jusqu’à présent et exposent des millions de filles au risque de mariage d’enfants, comme l’illustre un récent rapport de l’UNICEF*.

Rapports thématiques sur la question des mariages d’enfants et des mariages forcés

En 2014, le Haut-Commissaire a remis un rapport sur la prévention des mariages d’enfants, des mariages précoces et des mariages forcés au Conseil des droits de l’homme (A/HRC/26/22). Ce rapport analyse les mesures et stratégies en place pour prévenir et éliminer de telles pratiques en mettant l’accent sur les défis, les réalisations, les bonnes pratiques et les problèmes de mise en œuvre. Vous pouvez consulter les communications reçues concernant ce rapport sur la page consacrée à ce dernier*.

En juillet 2015, le Conseil des droits de l’homme a adopté sa première résolution concrète reconnaissant les mariages d’enfants et les mariages forcés comme une violation des droits de l’homme. Dans sa résolution A/HRC/RES/29/8, le Conseil des droits de l’homme a demandé au Haut-Commissaire d’organiser un atelier d’experts pour examiner l’incidence des stratégies et des initiatives actuelles de lutte contre les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés et en débattre. Pour en savoir plus, veuillez consulter le rapport de 2017 remis à la 35e session du Conseil (A/HRC/35/5) ou la page consacrée au rapport*.

Le rapport du Secrétaire général des Nations Unies (A/71/253) présenté à la 71e session de l’Assemblée générale explique les progrès accomplis dans les efforts visant à éliminer les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés entre avril 2014 et mai 2016. Il fournit des conclusions et des recommandations pour la mise en œuvre d’efforts soutenus et efficaces permettant d’éliminer ces pratiques. Vous pouvez consulter les contributions reçues de plusieurs États et d’autres parties prenantes sur la page consacrée au rapport*.

Le rapport du Secrétaire général (A/73/257) remis à la 73e session de l’Assemblée générale continue d’analyser les progrès accomplis dans l’élimination de ces pratiques. Dans son dernier rapport (A/75/262) présenté à la 75e session de l’Assemblée générale, le Secrétaire général fournit un résumé des progrès réalisés pour prévenir et mettre fin aux mariages d’enfants, aux mariages précoces et aux mariages forcés, en mettant l’accent sur les pratiques et programmes visant à soutenir les femmes et les filles déjà mariées et concernées par ces pratiques.

Dans sa résolution A/HRC/RES/35/16 de juillet 2017, le Conseil des droits de l’homme a constaté avec préoccupation que le risque de mariages d’enfants, de mariages précoces et de mariages forcés et l’incidence de ces pratiques sont fortement exacerbés dans les situations de crise humanitaire. Cela est dû à divers facteurs, parmi lesquels la pauvreté, l’insécurité, les inégalités entre les sexes, les risques accrus de violence sexuelle et fondée sur le genre, l’effondrement de l’état de droit et de l’autorité de l’État et le manque d’accès à l’éducation, entre autres.

Le rapport A/HRC/41/19 présenté au Conseil des droits de l’homme en juin 2019 par le Haut-Commissaire porte plus particulièrement sur la question des mariages d’enfants, des mariages précoces et des mariages forcés dans les situations de crise humanitaire. Pour plus d’informations, rendez-vous sur la page consacrée au rapport.

En juillet 2019, le Conseil des droits de l’homme a adopté la résolution A/HRC/RES/41/8, dans laquelle il a constaté avec préoccupation l’impunité et le manque de responsabilité qui prévalent face à ces pratiques. Il a demandé à la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme d’organiser deux ateliers régionaux sur les mesures prises pour garantir l’application du principe de responsabilité aux niveaux local et national concernant les mariages d’enfants, les mariages précoces et les mariages forcés. Les résultats de ces ateliers seront inclus dans un rapport sur ce même sujet qui sera présenté au Conseil des droits de l’homme lors de sa cinquantième session (juin/juillet 2022). 

Vidéos

Études et rapports des Nations Unies et de l’OMS

Autres études et rapports

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Liens externes

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Principaux instruments internationaux et régionaux traitant des mariages d’enfants, des mariages précoces et des mariages forcés

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