Une histoire de courage pour commémorer l’Holocauste


En mai 1940, Paulette Angel-Rosenberg, qui vivait à Metz (France), a été contrainte de fuir son domicile avec les membres de sa famille. Ils étaient juifs et les troupes allemandes venaient de prendre la ville. Paulette avait 12 ans.

La famille allait déménager de ville en ville avant de s’installer dans un village où elle espérait être en sécurité.

« Nous étions heureux d’être tous ensemble », se rappelle Mme Angel-Rosenberg, aujourd’hui âgée de 88 ans.

Mais ce bonheur n’allait pas durer. En 1942, Paulette et sa famille allaient se trouver confrontées à l’une des nombreuses rafles organisées en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

Elle a évoqué son expérience de rescapée de l’Holocauste dans le discours qu’elle a prononcé à l’occasion de la cérémonie de commémoration de l’Holocauste, qui a eu lieu au Palais des Nations à Genève (Suisse) lors de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste.

La cérémonie était organisée par l’Office des Nations Unies à Genève, en partenariat avec la Mission permanente d’Israël et la Délégation permanente de l’Union européenne. C’est le Congrès juif mondial qui a présenté Mme Angel-Rosenberg aux Nations Unies.

Dans une déclaration prononcée à l’occasion de la Journée internationale, le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein, a affirmé : « L’Holocauste a laissé pour toujours une terrible cicatrice sur la conscience de l’humanité… Aujourd’hui, alors que nous célébrons la mémoire des victimes de l’Holocauste, je souhaite que nous puissions tous réfléchir à la nécessité de poursuivre la lutte contre le racisme et l’intolérance religieuse ou ethnique sous toutes ses formes, et de toutes nos forces. »

« Nous avons un devoir solennel envers la mémoire des victimes : faire preuve de courage civique et de gouvernance responsable », a-t-il affirmé. « Nous devons prévenir tout acte de génocide en relevant le défi auquel reste confrontée l’humanité – apprendre à vivre ensemble en égaux, dans la dignité et le respect. »

Mme Angel-Rosenberg et les siens avaient entendu parler de rafles à Paris, mais ils se croyaient en sécurité parce qu’ils étaient français : seuls les juifs étrangers étaient arrêtés. Ils allaient pourtant vite découvrir que les occupants allemands voulaient éliminer tous les juifs.

En deux jours seulement, les 16 et 17 juillet, plus de 13 000 juifs allaient être arrêtés, internés à Drancy puis assassinés à Auschwitz. Quelques jours plus tard, les juifs français seraient à leur tour internés à Drancy.

C’est alors qu’ils ont compris qu’il fallait partir plus loin, gagner une « zone sûre », s’ils voulaient éviter l’arrestation et la déportation. La famille prit alors la difficile décision de se séparer et de voyager par deux.

Son père a payé des passeurs pour les emmener, sa sœur Sophie et elle, en sécurité. Les passeurs leur ont dit qu’ils avaient prévenu les autorités et elles ont été arrêtées.

Paulette Angel-Rosenberg et sa sœur allaient passer trois semaines en prison avant d’apprendre qu’elles seraient emmenées à Drancy, l’antichambre des camps de la mort. Paulette avait 15 ans.

« Mais, nous sommes Françaises, monsieur, nous sommes nées ici » a-t-elle dit à l’agent.

Cela ne comptait pas. Elles furent embarquées dans le train pour Drancy, dernière étape avant la mort.

Leur cauchemar allait pourtant prendre fin. Les derniers prisonniers furent libérés de Drancy à la fin de l’année, au lieu d’être déportés à Auschwitz. Paulette et sa sœur purent alors rejoindre leurs parents dans une ville proche de Grenoble, en zone libre à l’époque, où vivaient nombre de réfugiés juifs.

La famille n’allait pas être réunie pendant longtemps : le père de Paulette fut arrêté et torturé, puis tué par les Nazis. Il est mort trois semaines seulement avant la fin de la guerre.

Après la guerre, Paulette est rentrée à Metz avec sa mère et sa sœur et en 1953, elle a déménagé en Suisse.

Elle continue à raconter son histoire pour que nul n’oublie jamais les horreurs qui se sont déroulées il n’y a pas si longtemps en Europe.

« Nous ne devons jamais permettre que se répète la Shoah » a-t-elle conclu.

2 février 2016

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