Les effets tragiques des changements climatiques sur la santé humaine


Les scientifiques ont indiqué que l’année 2015 avait été la plus chaude de l’histoire. Chaque région du monde a subi les effets du réchauffement de la planète.

La fréquence et la violence croissantes des typhons meurtriers qui balaient le Pacifique, les inondations à Chennai, en Inde, l’assèchement total du lac Poopó, deuxième lac de Bolivie par la taille, le recul des glaciers et le dégel du permafrost dans l’Arctique, les violents incendies qui ravagent les forêts d’Indonésie : autant de symptômes du réchauffement de la planète, qui ont des effets dévastateurs sur l’homme.

En décembre 2015, les dirigeants et chefs d’États du monde entier se sont rassemblés pour adopter l’accord de Paris, destiné à limiter les changements climatiques et à favoriser l’adaptation aux effets de ces phénomènes. Le nouvel accord sur le climat appelle les États à respecter les droits de l’homme, à les promouvoir et à en tenir compte dans leurs mesures respectives en faveur du climat.

Lors d’une récente réunion du Conseil des droits de l’homme, consacrée aux effets des changements climatiques sur la santé, la Directrice générale de l’Organisation mondiale de la santé, Margaret Chan, a déclaré que l’accord de Paris n’était pas seulement un traité sur l’environnement mais également un accord sur la santé, compte tenu de l’ampleur des enjeux.

En 2050, les experts prévoient que les changements climatiques provoqueront chaque année 250 000 morts supplémentaires en raison du paludisme, des maladies diarrhéiques, du stress dû à la chaleur et de la malnutrition, a rapporté Mme Chang. Les changements climatiques ont entraîné des dizaines de milliers de morts liées à d’autres causes, alors que plus de sept millions de décès de par le monde sont imputables à la pollution atmosphérique.

« L’approche axée sur les droits de l’homme fournit un point de départ pour demander aux pays de rendre compte du respect de leurs obligations internationales en matière de lutte contre les changements climatiques », a indiqué Mme Chan. « Cette approche offre également une référence éthique, qui souligne la nécessité de prendre des mesures contre les changements climatiques. »

La Haut-Commissaire adjointe des Nations Unies aux droits de l’homme, Kate Gilmore, a déclaré que des populations entières et des modes de vie pouvaient purement et simplement disparaître.

« Un monde où l’on n’intervient pas contre les changements climatiques est un monde où les forêts brûlent et où les îles disparaissent sous la montée des eaux, où les glaciers et la toundra fondent et où les récifs de corail blanchissent comme les os des défunts », a déclaré Mme Gilmore.

« C’est aussi un monde où des centaines de milliers de personnes meurent prématurément, où des millions de gens souffrent de la faim ou sont chassés de leur domicile, où les guerres prolifèrent et où le désespoir règne. C’est le cimetière d’écosystèmes entiers, de peuples entiers et de modes de vie entiers », a-t-elle ajouté.

Alors qu’elle brossait ce sombre tableau, la Haut-Commissaire adjointe a observé qu’il était possible d’éviter ce scénario si les secteurs public et privé reconnaissaient que les changements climatiques résultaient de choix délibérés et assumaient leurs responsabilités, en examinant les conséquences de leurs décisions passées et en y remédiant, et en œuvrant pour un avenir meilleur.

C’est crucial car, comme l’a expliqué Dainius Pūras, Rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à la santé, les déplacements dus aux catastrophes climatiques et naturelles provoquent, en particulier chez les enfants, des traumatismes qui ont un grave effet sur la qualité de vie, aussi bien dans l’immédiat qu’à long terme.

« Les personnes qui perdent leur foyer ou des êtres chers, ou qui sont exposées à des situations où leur vie est en danger, risquent davantage de souffrir de maladies associées au stress et à l’anxiété, y compris de troubles post-traumatiques ou de dépression », a-t-il affirmé.

Les États doivent veiller à ce que des services, des produits et des structures de santé soient disponibles, accessibles et adaptés lors des situations d’urgence liées aux changements climatiques, a déclaré M. Pūras. Les États ont également l’obligation juridique et morale de prévenir les risques associés aux changements climatiques et à leurs répercussions négatives sur les droits de l’homme, en particulier sur le droit à la vie et le droit à la santé.

La vérité est que le temps presse. Selon un récent rapport de la Banque mondiale, une augmentation de 2°C de la température moyenne du globe exposerait entre 100 et 400 millions de personnes de plus à la famine et pourrait priver 1 à 2 milliards de gens de la quantité d’eau nécessaire à leur survie.

« La santé humaine, ce n’est pas le prix à payer », a déclaré M. Pūras. « La santé et la dignité humaines, le droit à la santé, c’est la raison d’agir. »

Mme Cristina Tirado, Maître de conférences adjointe à l’University of California, Los Angeles ; Mme Hindou Oumarou Ibrahim, Coordinatrice de l'Association des femmes peules autochtones du Tchad, et Mme Lilibeth David, Sous-Secrétaire à la santé des Philippines, ont également participé au débat.

14 mars 2016

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