Séminaire de Dakar : préparer la voie pour l’avenir du Conseil des droits de l’homme


Ces 13 dernières années, le Conseil des droits de l'homme basé à Genève a traité d'innombrables problèmes liés aux droits de l'homme, qui se sont souvent révélés délicats et que d'autres organisations internationales ont été incapables ou peu disposés à aborder. Ce faisant, le principal organe intergouvernemental des Nations Unies relatif aux droits de l'homme a élargi son champ d'action pour fournir un cadre vital aux défenseurs des droits de l'homme du monde entier, afin que ces derniers puissent exprimer leurs points de vue.

Amb. Coly Seck (Senegal), President of Human Rights Council, addressing participants at Council retreat, Dakar, Senegal, 21 October 2019 @ UNHRC – Ljiljana StancicCette semaine, des représentants gouvernementaux des 47 États Membres, accompagnés de représentants de la société civile, d'organisations internationales et d'experts des droits de l'homme, se sont réunis à Dakar pour répondre aux problèmes urgents auxquels est confrontée la communauté internationale et qui seront probablement à la base des travaux du Conseil au cours des prochaines années.

Durant ce séminaire de deux jours, qui s'est déroulé les 21 et 22 octobre dans la capitale sénégalaise, plusieurs discussions de fond ont eu lieu sur les changements climatiques, les migrations massives, la responsabilité sociale des entreprises, l'inégalité croissante et les nouvelles technologies numériques dans le contexte des droits de l'homme. Les participants ont évalué le travail du Conseil dans ces domaines et ont identifié des pistes permettant d'aller de l'avant.

« Ce sont des préoccupations fondamentales qui influent sur la vie des populations du monde entier. Par conséquent, le Conseil des droits de l'homme devrait se pencher davantage sur les meilleurs moyens de trouver une solution concertée et durable à ces problèmes », a déclaré l'Ambassadeur Coly Seck, Président du Conseil des droits de l'homme et représentant du Sénégal à Genève, à l'occasion de l'ouverture de l'événement lundi. « Cette discussion s'impose étant donné que ces questions domineront notre vie quotidienne durant les décennies à venir », a-t-il ajouté.

Depuis qu'il a commencé à se réunir en 2006, le Conseil a élargi son programme pour y inclure des sujets qui ne sont pas traditionnellement considérés comme des problèmes relatifs aux droits de l'homme, tels que les changements climatiques et les technologies numériques.  En 2012, il a créé le mandat du Rapporteur spécial sur les droits de l'homme et l'environnement visant à examiner les obligations relatives aux droits de l'homme pour garantir un environnement sûr, propre, sain et durable. Le Conseil a également adopté plusieurs résolutions portant sur les changements climatiques et les effets dévastateurs du réchauffement rapide de la planète sur les droits fondamentaux de tous ceux qui l'habitent.

Plus récemment, en juillet de cette année, le Conseil a décidé de charger son Comité consultatif d'établir un rapport détaillé sur les éventuels impacts, possibilités et défis en lien avec les nouvelles technologies numériques à l'égard de la promotion et de la protection des droits de l'homme. Le Conseil a également consacré une attention considérable à la question des droits de l'homme en ligne, en adoptant pas moins de 10 résolutions sur ce sujet, et a établi en 2015 le mandat d'un Rapporteur spécial sur le droit à la vie privée chargé de surveiller les politiques et les pratiques des États de manière à s'assurer qu'ils défendent ce droit.   

S'exprimant à l'occasion de l'ouverture de l'événement, la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme Michelle Bachelet a mentionné le « rôle central » du Conseil concernant les inégalités, les migrations massives, les changements climatiques et la révolution numérique. « Le rôle du Conseil des droits de l'homme et ses mécanismes n'a jamais été aussi essentiel. Il sert de cadre pour poser des questions, exprimer des préoccupations, effectuer des recommandations et élaborer des normes », a-t-elle ajouté.

Dans le cadre des manifestations en préparation du sommet régional marquant la Décennie internationale pour les personnes d'ascendance africaine organisé par le HCDH, la Commission de l'Union africaine et le Gouvernement du Sénégal, les participants du séminaire ont visité le nouveau musée des civilisations noires à Dakar. La visite du musée s'inscrit dans le thème de la Décennie, qui porte sur la reconnaissance, la justice et le développement du point de vue unique de l'Afrique.  

Dans le même esprit, le séminaire avait pour objectif de trouver des moyens de faire avancer les discussions sur ces thèmes importants. « Ce séminaire porte sur les moyens dont nous pouvons faire de la notion abstraite des droits de l'homme une réalité », a fait observer l'Ambassadeur Seck. « Les problèmes dont nous parlons sont réels. Ils affectent des personnes réelles de manière réelle. Nous devons faire plus en tant que communauté de nations pour empêcher qu'ils n'apparaissent et pour y faire face lorsqu'ils se produisent », a-t-il ajouté.

23 octobre 2019

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