Header image for news printout

Haïti: Il est temps de promouvoir une politique de développement afin de trouver des solutions durables pour les personnes déplacées et vulnérables

PORT-AU-PRINCE (4 juillet 2014)- Quatre ans après le séisme, il est temps de passer d’une approche principalement humanitaire à une approche de développement, a déclaré aujourd’hui l’expert indépendant des Nations Unies Chaloka Beyani, en lançant un appel en faveur de la recherche de solutions durables pour les personnes déplacées internes et les couches vulnérables de la population en Haïti.

« Il est grand temps de donner la priorité à une approche de développement afin d’apporter des solutions durables aux personnes déplacées », a observé le Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays, au terme de sa mission d’une semaine en Haïti. « Une solution durable n’est trouvée que lorsque tous les besoins liés au déplacement cessent d’exister. Ceci implique une démarche complexe de développement à moyen et long terme pour toutes les personnes déplacées internes et pas seulement pour celles vivant dans des camps ou des sites. »

« La simple fermeture des camps ne signifie pas que des solutions durables pour les déplacés ont été trouvées », a souligné M. Beyani. « Bien que le nombre de déplacés ait baissé de 1,5 million de personnes après le séisme à environ 100 000 aujourd’hui, il reste beaucoup à faire. »

Pour atteindre cet objectif, l’expert a recommandé qu’une évaluation soit faite afin d’identifier les besoins des différentes catégories de personnes déplacées internes en matière de solutions durables et pour connaître l’emplacement de celles qui vivent hors des camps. Il a aussi réclamé qu’un sondage destiné à connaître leurs intentions soit effectué sur une base consultative et participative afin de savoir quelle solution durable pourrait leur convenir.

« La mise en place de solutions durables passe par la création d’opportunités de développement dans l’ensemble du pays, par l’Etat de droit et par une politique globale du logement ciblant aussi les personnes déplacées », a ajouté le Rapporteur spécial.

« La politique d’aide au logement, qui a pour but d’aider les personnes déplacées internes à quitter les camps et à trouver un logement locatif dans les quartiers, est une mesure provisoire pour désengorger les camps. Pour qu’elle soit durable, cette politique doit être accompagnée d’activités de subsistance et d’activités génératrices de revenu. Elle doit également bénéficier à l’ensemble de la communauté au sein de laquelle la personne déplacée interne vit, notamment par le biais d’une amélioration de l’accès aux services de base. »

Le Rapporteur spécial s’est félicité de la constitution de groupes sectoriels et de comités interministériels chargés de coordonner les activités de développement. Il recommande toutefois que les mesures prises dans les domaines de l’eau, de l’assainissement, de la santé, de l’éducation, de l’emploi et de l’agriculture prennent en compte les besoins des personnes déplacées internes.

« Le soutien humanitaire dans les derniers camps et sites devrait se poursuivre afin de régler le problème des conditions de vie très précaires des personnes déplacées internes et de répondre à leurs besoins essentiels, surtout dans les domaines de l’eau et de l’assainissement, domaines indispensables à la santé publique », a-t-il ajouté. « Je demande que la protection spécifique accordée aux personnes déplacées internes soit maintenue dans le cadre des efforts de développement, en particulier en faveur des femmes et des enfants. »

Le Gouvernement haïtien a la responsabilité première d’œuvrer en faveur d’approches fondées sur le développement afin de trouver des solutions durables pour les personnes déplacées internes et les personnes vulnérables en général, a déclaré le Rapporteur spécial. « Ceci permettra l’intégration des déplacés internes dans des quartiers urbains et des zones rurales où ils pourront reprendre une vie normale, comme tout citoyen haïtien, sans être discriminés du fait de leur situation. »

Cette responsabilité première comprend la mise en place de politiques pertinentes et une bonne coordination des structures et mécanismes de recherche de solutions, notamment pour résoudre les questions liées à l’accès à la propriété foncière, au logement et à la justice, y compris pour les femmes.

« Le processus d’enregistrement des électeurs en cours devrait inclure les déplacés internes, à l’instar de tout autre citoyen, pour s’assurer qu’ils puissent voter et participer à la vie publique du pays », a déclaré le Rapporteur spécial.

Au cours de sa visite d’une semaine, le Rapporteur spécial a rencontré le Conseiller du Président, le Ministre de la Justice, la Ministre déléguée aux droits de l’homme et à la lutte contre la pauvreté extrême, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, le Comité interministériel des droits de l’homme, la Directrice du département de la protection civile ainsi que des représentants de l’Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP) et de la Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement (DINEPA).

Il a également rencontré les équipes pays et humanitaire des Nations Unies ainsi que des représentants de la société civile. Son programme l’a aussi amené à se rendre dans des camps et des sites de déplacés internes ainsi que dans le quartier de Canaan à Port-au-Prince.

Chaloka Beyani, professeur de droit international à la London School of Economics, a été nommé Rapporteur spécial sur les droits de l’homme des personnes déplacées dans leur propre pays par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU en septembre 2010. En tant que Rapporteur spécial, M. Beyani agit à titre individuel, indépendamment de tout gouvernement ou organisation. Pour de plus amples informations, consultez : http://www.ohchr.org/EN/Issues/IDPersons/Pages/IDPersonsIndex.aspx

Les Principes Directeurs sur le déplacement interne: http://www.ohchr.org/EN/Issues/IDPersons/Pages/Standards.aspx

Nations Unies Droits de l’Homme, fiche pays– Haïti: http://www.ohchr.org/EN/countries/LACRegion/Pages/HTIndex.aspx

Pour de plus amples informations et les demandes de la part des medias, veuillez contacter :
A Port-au-Prince (pendant la visite) : Sophie Boutaud De La Combe (+ 1 917 367 3202 ext. 2691 / boutauddelacombes@un.org)
A Genève (avant et après la visite) : Marie-Eve Friedrich (+41 22 917 9713 / mfriedrich@ohchr.org) or ou écrire à idp@ohchr.org

Pour les demandes des médias relatives à d'autres experts indépendants de l'ONU:
Xabier Celaya, droits de l'homme des Nations Unies - Service de presse (+ 41 22 917 9383 / xcelaya@ohchr.org )

ONU Droits de l’homme, suivez-nous sur les réseaux sociaux :
Facebook: https://www.facebook.com/unitednationshumanrights
Twitter: http://twitter.com/UNrightswire
Google+ gplus.to/unitednationshumanrights
YouTube: http://www.youtube.com/UNOHCHR
Storify : http://storify.com/UNrightswire

Consultez l’Index universel des droits de l’homme : http://uhri.ohchr.org/fr