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Belgique : Groupe d’experts de l’ONU appelle à un plan d’action ferme et intégré pour faire face aux risques posés par les combattants étrangers

BRUXELLES/GENÈVE (16 octobre 2015) –« Il va falloir que la Belgique développe une vision nationale et un plan d’action inclusifs sur la question des combattants étrangers aux niveaux fédéral, régional, communautaire et local », disait aujourd’hui le groupe de travail des Nations unies sur le recours aux mercenaires. « Sinon, la menace qui pèse sur le pays est significative. »

« Le nombre de combattants belges à l’étranger par habitant, qui voyagent pour rejoindre les zones de conflit à l’étranger, comme la Syrie et l’Irak, semble être le plus élevé d’Europe », nous explique Elżbieta Karska, l’experte des droits de l’homme qui dirige actuellement le groupe d’experts. « Il est absolument essentiel de s’attaquer à ce problème par le biais d’efforts collectifs vigoureux impliquant tous les secteurs de la société belge si l’on veut trouver des solutions à ce phénomène. »

Madame Karska et sa collègue, Patricia Arias, étaient en Belgique du 12 au 16 octobre afin de récolter des informations sur les activités des combattants étrangers dans le pays, dans le cadre d’une étude compréhensive des combattants étrangers et leur impact sur les droits de l’homme, y compris des liens potentiels avec le mercenariat.

Pendant ce séjour, les expertes ont reçu des informations selon lesquelles il y a quelque 207 Belges en Syrie, 77 personnes décédées, 128 rapatriés, et 62 personnes qui ne sont pas parvenues à rejoindre l’Irak ou ont été ramenées au pays. Parmi eux, 46 combattants étrangers ont fait l’objet de poursuites. Ils étaient tous en relation avec le groupe Sharia4Belgium.

Selon certains rapports, le recrutement s’effectue par le biais de vastes réseaux informels d’amis et de membres de la famille, ainsi que par les médias sociaux. Les amis et les membres de la famille qui se trouvent en Syrie sont payés en fonction du nombre de personnes recrutées et si leurs recrues se marient ensuite. Cette situation fait suite aux vagues précédentes de 2010, associées à Sharia4Belgium, et de 2012, via le recrutement de pairs.

« Les profils des combattants étrangers sont variés, avec un âge moyen se situant aux alentours de 23 ans, une moyenne qui est en baisse », affirmait Mme Karska. « Les femmes sont également de plus en plus nombreuses à partir. »

« Les facteurs de motivation sont de nature diverse et ont, dans une certaine mesure, un caractère individuel. » Parmi les facteurs de motivation identifiés : convictions religieuses, raisons humanitaires, besoin de connaître un sentiment d’appartenance et d’acceptation, recherche de moyens de subsistance, besoin d’échapper à un passé criminel et recherche d’aventure. « Il est donc impossible d’identifier des profils de combattants étrangers clairs », elle a souligné.

Le groupe de travail se félicite d’un certain nombre d’initiatives entreprises aux niveaux fédéral, régional, communautaire et local, pour traiter les problèmes liés au phénomène des combattants étrangers.

« Ces initiatives sont opportunes et impératives pour veiller à ce que ce problème figure au premier rang des priorités nationales et que le discours fasse écho dans toute la société belge », affirmait Mme Karska. « Ce système, très élaboré, doit également servir à réunir tous les acteurs pour une collaboration plus complète et efficace, qui devrait déboucher sur une solution durable. »

Le groupe de travail recommande que la vision nationale et le plan stratégique soient renforcés afin d’être entièrement intégrés, avec la participation la plus large possible, sur la base des informations issues de recherches et d’analyses multi-disciplinaires approfondies. Les rôles doivent être clairs et les programmes doivent disposer de ressources suffisantes. En outre, il convient de privilégier les mesures préventives plutôt que punitives.

Les expertes exhortent le gouvernement à adopter une approche basée sur les droits de l’homme, et à accorder une attention particulière à l’inclusion des communautés spécialement touchées.

Lors de sa visite, la délégation a rencontré des parties prenantes, notamment des fonctionnaires du gouvernement, des universitaires et des représentants d’organisations de la société civile, y compris des familles de personnes ayant voyagé pour rejoindre les zones de conflit à l’étranger.

Le groupe d’experts présentera son premier rapport sur le sujet des combattants étrangers à l’Assemblée générale des Nations unies le 2 novembre. Ce rapport incluera les faits récoltés pendant les visites dans les différents pays et les informations partagées entre les États membres de l’ONU et d’autres acteurs.

Le groupe de travail présentera un rapport exhaustif de sa visite en Belgique au Conseil des droits de l’homme en 2016.

(*) Découvrez le communiqué complet de fin de mission des experts : http://www.ohchr.org/FR/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=16609&LangID=F

Le Groupe de travail sur l’utilisation des mercenaires comme moyen de violer les droits de l’homme et d’empêcher l’exercice du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes a été créé en juillet 2005 par la résolution 2005/2 de la Commission des droits de l’homme. Son mandat a été prorogé par le Conseil de droits de l’homme en 2008.

Le Groupe de travail est composé de cinq membres experts indépendants de différentes régions du monde. La présidente-rapporteuse est Elżbieta Karska (Pologne). Les autres membres sont Patricia Arias (Chili), Anton Katz (Afrique du Sud), Gabor Rona (Etats-Unis d’Amérique) et Saeed Mokbil (Yémen). Pour en savoir plus, connectez-vous à: http://www.ohchr.org/FR/Issues/Mercenaries/WGMercenaries/Pages/WGMercenariesIndex.aspx

Les groupes de travail font partie des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, le plus grand organisme d’experts indépendants dans le système des Nations Unies relatif aux droits de l’homme, est le nom général de missions d’enquête et de surveillance des mécanismes indépendants du Conseil qui traitent soit situations spécifiques des pays ou des questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent sur une base volontaire; ils ne font pas partie du personnel des Nations Unies et ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou organisation et siègent à titre individuel.

Droits de l’Homme de l’ONU, pays Page – Belgique: http://www.ohchr.org/FR/Countries/ENACARegion/Pages/BEIndex.aspx

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