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Les frappes aériennes contre Daesh causent de nombreuses victimes civiles en Syrie — Zeid

GENÈVE (26 mai 2017) – Les populations civiles syriennes paient un tribut de plus en plus lourd aux frappes aériennes contre Daesh et aux exactions perpétrées par le groupe terroriste dans les territoires qui restent sous son contrôle et dans les zones limitrophes, a déploré ce vendredi le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein.

Le Haut-Commissaire a invité «toutes les forces aériennes opérant dans le pays à accorder une attention accrue à la distinction entre les cibles militaires légitimes et les civils. Tous les belligérants doivent respecter leur obligation de prendre toutes les mesures possibles pour épargner la population civile.

Les civils, qui souffrent déjà des bombardements aveugles et des exécutions sommaires perpétrées par Daesh, sont également victimes du renforcement des frappes aériennes, en particulier dans les gouvernorats de Raqqa et de Deir-ez-Zor, situés dans le Nord-est du pays», a-t-il poursuivi, signalant que ses services reçoivent de nombreux rapports crédibles et troublants sur de tels incidents.

«Malheureusement, le monde extérieur ne prête qu’une oreille distraite aux appels désespérés des civils pris au piège dans ces régions», a ajouté le Haut-Commissaire, citant quelques-uns des bombardements les plus récents.

Ainsi, le 14 mai dernier, 23 travailleurs agricoles – dont 17 femmes – ont péri dans une frappe aérienne contre le village d’Al-Akershi, dans le gouvernorat de Raqqa. Le lendemain, les bombardements contre deux quartiers résidentiels d’Abou Kamal, une ville du gouvernorat de Deir-ez-Zor aux mains des djihadistes, auraient causé la mort d’au moins 59 civils (dont 16 enfants et 12 femmes) et blessé plus de 70 autres. Le surlendemain, des combattants de Daesh auraient égorgé huit hommes dans les mêmes quartiers, les accusant d’avoir fourni les coordonnées pour les frappes aériennes.

En déroute dans de nombreuses régions de Syrie et d’Irak, les troupes de Daesh multiplient les exactions dans les zones qui restent sous leur contrôle et les attaques dans les zones limitrophes. Par exemple, le 18 mai, une attaque des djihadistes contre Aqareb, un village tenu par les forces gouvernementales dans le gouvernorat de Hama (Est) aurait causé la mort de 36 civils – dont des femmes et des enfants –, la plupart tués par des tirs croisés et des snipers, mais certains aussi par égorgement.

Le Haut-Commissaire s’est dit particulièrement préoccupé par la situation dans des endroits comme la ville frontalière d’Abou Kamal, où les combattants en retraite de Daesh et leurs familles sont mélangés avec près de 100 000 personnes, y compris des Syriens déplacés et des Irakiens.

«Avec la présence des miliciens de Daesh dans ces zones, nous craignons que les civils soient victimes des frappes aériennes et des mouvements de troupes au sol qui s’intensifient, mais aussi des représailles des terroristes», a-t-il déclaré.

En vertu du droit humanitaire international, les parties au conflit doivent observer les principes de distinction, de proportionnalité et de «précaution dans l’attaque» afin de limiter les pertes civiles, mener une enquête quand de telles pertes surviennent, et poursuivre les auteurs de violations de la loi.

«Les chiffres des civils tués ou blessés dans les frappes aériennes dans les gouvernorats de Deir-ez-Zor et de Raqqa tendent à prouver que des précautions insuffisantes ont été prises dans ces attaques, a ajouté M. Zeid. Le simple fait que Daesh contrôle un territoire ne signifie pas que des frappes aveugles peuvent avoir lieu. Les civils doivent toujours être protégés, qu’ils se trouvent dans des zones contrôlées par Daesh ou par d’autres forces.

Nous sommes aussi extrêmement préoccupés par les informations indiquant que Daesh empêcherait les civils de quitter les zones sous son contrôle, sauf pour se rendre dans d’autres territoires sous son contrôle, a-t-il poursuivi. Empêcher les civils de quitter les zones aux mains de Daesh constitue une violation de la législation internationale des droits de l’homme et, s’ils sont ainsi exposés à un risque accru découlant des opérations armées, au droit humanitaire international. Il ne fait malheureusement aucun doute que Daesh continue à tuer et à mettre des civils en danger, ainsi qu’à commettre sans scrupule des crimes de guerre.

Rien ne prouve toutefois que toutes les forces aériennes engagées contre Daesh respectent les principes fondamentaux du droit international», a conclu le Haut-Commissaire.

FIN
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