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Pourquoi nous défendons les droits de l'homme

Discours du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein,
au Jacob Blaustein Institute à New York

19 octobre 2017

Chers collègues,
chers amis,

Qu'est-ce qui nous arrive ? Quand les droits de l'homme doivent être défendus, partout et toujours plus. Quand notre indignation est incessante et que nos préoccupations concernant les violations ne font qu'augmenter, au lieu de diminuer, même dans les pays prospères et stables. Comment se fait-il qu'un enfant puisse facilement comprendre la nécessité fondamentale de défendre les droits de l'homme – et l'idée d'équité – alors que leur sens semble échapper à tant de gouvernements ? De plus en plus de dirigeants ne font même plus sembler de se préoccuper des droits, séduits par la posture masculine des relations de pouvoir – autrefois intitulée " réalisme ". L'administration américaine l'appelle désormais le " réalisme fondé sur des principes " pour le faire passer pour quelque chose d'autre que l'avidité ou le caprice.

Pardonnez ma question, mais pourquoi n'est-il pas évident pour les champions de cette approche que même s’ils ignorent les droits de l'hommes dans leur conception du monde, dans la pratique, ces droits restent obstinément au-devant de la scène ?

L'expérience humaine est tout simplement inébranlable sur ce point. Quand un Etat perd ses principes – par exemple, lorsqu'il ne respecte pas ses obligations envers son propre peuple en matière de droits de l'homme, ou dans la manière dont il traite ceux qui viennent d'ailleurs – cela ne provoque-t-il un sentiment d'injustice chez certains ? Ceux qui se sentent lésés choisissent généralement d'exprimer leur mécontentement de manière démocratique ou, dans un Etat autoritaire, du moins par des formes non violentes de désaccord. Si leurs doléances sont alors ignorées ou rejetées pendant des années ou des décennies par les autorités de leur pays ou, pire encore, écrasées violemment et brutalement par ces mêmes autorités, n'est-il pas plausible que l'opposition puisse alors se durcir, voire même se tourner vers le militantisme ? Si un gouvernement panique, qu'il est persuadé que le recours à la force est la seule solution, qu'il commence fébrilement à priver toute la population de ses droits, tandis qu'il tente d'anéantir ce qu'il considère comme une menace, que se passe-t-il ensuite ? Ce sont les recruteurs de militants qui en sortiraient gagnants. Aidé par d'autres sources, le terrorisme pourrait alors éclater, et perpétrer des actes qui nous horrifieraient tous, et un gouvernement ébranlé s'enfoncerait davantage encore dans la violence, en réponse. À ce stade, l'État serait ravagé par l'insécurité. Les gens fuiraient et un très grand nombre souffriraient terriblement. Multipliez cette situation, et vous dresserez, malheureusement, le portrait d'une grande partie de notre monde d'aujourd'hui.

L'Institut Jacob Blaustein est un ami infatigable des droits de l'homme et de mon Bureau – et je profite de l'occasion pour rendre un hommage particulier à Felice Gaer, une amie exceptionnelle pour moi personnellement et de mon Bureau depuis de nombreuses années, et une championne à part entière et hautement respectée de l'agenda sur les droits de l'homme universels, et notamment de l'interdiction de la torture.

Et c'est en raison de ces nombreuses années de soutien de l'Institut Jacob Blaustein et de ses réflexions pertinentes, que je veux examiner avec vous aujourd'hui une idée fausse, la conviction de plus en plus répandue, selon laquelle les droits de l'homme sont incompatibles avec le monde d'aujourd'hui – un monde qui exige de nous une orientation plus dure, plus machiavélique. C'est une vision du monde qui oppose l'excitation du combat politique et le frisson de l'action militaire, à l'ennui du principe, du droit, des droits de l'homme – une vision que certains, s’étant détournés des leçons de l'histoire, sont enclins à adopter.

Le kaléidoscope de l'ordre mondial est aussi en train de changer. La montée de la Chine est la plus évidente : du point de vue économique et de la consolidation de sa puissance dans le pays et de ses ambitions stratégiques. Il y a aussi l'assurance de la Russie : l'exercice sans précipitation mais constant de sa puissance et de son influence. Et pourtant, cette confiance de la part des deux pays, est en contradiction avec leur peur apparente d'une société civile indépendante, des défenseurs des droits de l'homme et de l'établissement et du développement de l'agenda universel des droits de l'homme dans leur pays. Personne ne sait comment seront les relations entre ces deux pays à l'avenir. Il y a ensuite le tumulte dans lequel se trouvent actuellement les États-Unis, pris entre l'isolationnisme et le militarisme, sans direction claire de sa politique étrangère, à l'exception de quelques dossiers notables et exceptionnels.

L'Union européenne est également en proie à des questionnements multiples : le Brexit, la Pologne, la Hongrie et maintenant un jeune dirigeant autrichien de 31 ans, dont le point de vue populiste sur la migration pourrait bien poser des problèmes supplémentaires.

Je dois aussi intégrer à ce tableau la montée en puissance des grandes entreprises informatiques qui investissent massivement dans l'intelligence artificielle et l'apprentissage automatique (machine learning) et dont certaines sont dorénavant plus puissantes que de nombreux États, tout en restant soumises à des pressions énormes des grandes puissances, tandis qu'elles jouent des coudes pour gagner davantage d'influence mondiale et sont engagées dans une cyber-guerre larvée et discrète les unes contre les autres, tout en bloquant les principaux forums multilatéraux du monde. Des forums qui avaient été mis en place pour résoudre les crises émergentes mais qui, pour la plupart, ne font plus que commenter à leur sujet.

Il y a quelques années, avant d'occuper mon poste actuel, j'ai été le témoin direct de cette paralysie pendant les quelques mois durant lesquels j'ai siégé au Conseil de sécurité des Nations Unies. Alors que je présidais deux comités de sanctions sur la République démocratique du Congo et le Libéria, mon équipe a eu beaucoup de mal à faire son travail lorsque les Etats-Unis et la Fédération de Russie ont obstrué une grande partie de leur travail par des actions de blocage réciproques, faisant suite aux profonds différents qui les opposent depuis le conflit syrien. Cela s'est ressenti dans une grande partie de l'ordre du jour du Conseil de sécurité à l'époque. La situation n'a fait qu'empirer depuis lors, réduisant une instance mondiale autrefois puissante à un pâle reflet de ce qu'elle était censée être.

Ma nomination subséquente au poste de Haut-Commissaire a également coïncidé avec les horreurs de Daesh, dont les crimes étaient publiés sur Internet. Pendant près de quarante ans, le terrorisme takfiriste et de ses homologues chiites au Moyen-Orient a sévi dans certaines régions de la planète et s'est montré totalement résistant aux approches axées uniquement sur la sécurité. Il est vrai qu'il a parfois été repoussé, mais il a rebondi rapidement, en s'alimentant du ressentiment créé par une force aveuglément oppressive. Les gouvernements ont pourtant continué de suivre les mêmes stratégies boiteuses. L'erreur la plus flagrante dans la lutte contre le terrorisme est la mise à l'écart des préoccupations relatives aux droits de l'homme et, pire encore, la destruction délibérée de la société civile – en se servant du terrorisme comme prétexte. En fin de compte, ces mesures servent la cause des terroristes ; et pourtant les gouvernements persistent dans cette stupidité.

Les répercussions négatives du refus d'accorder une place suffisante aux considérations des droits de l'homme sont brutalement évidentes pour moi comme pour vous. Mais il semble que de nombreux dirigeants voient les droits de l'homme comme un courant ésotérique du droit international promu principalement par des occidentaux idéalistes, gauchistes, libéraux ou hypocrites, et dénué d'utilité pratique pour remédier aux grands problèmes. Ce point de vue n'est pas le monopole des dirigeants autoritaires ; certains dans des démocraties bien établies s'égarent dans cette forme de pensée. J'ai consacré une intervention à ce sujet à Londres il y a quelques mois, après que la Première ministre Theresa May, eut déclaré publiquement que les lois concernant les droits de l'homme seraient abrogées si elles " gênaient " la lutte contre les terroristes. Cela revenait à dire que le droit relatif aux droits de l'homme était incompatible avec le monde réel.

Est-ce le reflet de l'incapacité du mouvement des droits de l'homme à démontrer la pertinence et l'énorme valeur pratique des mesures visant à faire respecter les droits de l'homme ? Le système lui-même, les organes de traités, le Conseil des droits de l’homme et ses procédures spéciales et mon propre bureau, dans une certaine mesure – n’ont pas su stimuler l'intérêt du public. Les mécanismes des droits de l'homme apparaissent souvent aux yeux du profane comme trop rigides, trop juridiques, presque indéchiffrables, tels les termes d'un document bancaire, dont on reconnait l'importance, mais qui n'ont pas été écrits pour être lus, et encore moins compris, par une personne ordinaire. Et pour le dirigeant d'un pays, plongé dans les difficultés quotidiennes, les droits de l'homme apparaissent probablement comme des contraintes lancinantes.

On peut en dire autant de nombreux diplomates avec qui nous travaillons ; et même aux Nations Unies, les droits de l'homme sont sous-estimés dans certains milieux. L'attention que la presse acorde actuellement au traitement par l'ONU du dossier des Rohingyas au Myanmar, allègue que ces dernières années les fonctionnaires onusiens n'ont pas tous compris les conséquences de la minimisation des violations des droits de l'homme envers la communauté Rohingya.

À maintes reprises, le déni des considérations relatives aux droits de l'homme par des dirigeants nationaux, diplomates et acteurs internationaux s'est avéré à plus long terme tout à fait désastreux en termes de prévention du terrorisme, des conflits et de la violence. Et pourtant il se poursuit encore.

Pour aggraver encore nos difficultés, le cadre multilatéral lui-même est maintenant accusé d'être une menace pour les États, ou présenté comme l'objet de manipulation par les États.

Dans le discours qu'il a prononcé le 19 septembre devant l'Assemblée générale, le Président Trump a attaqué sans les nommer les pouvoirs autoritaires cherchant à " faire s'effondrer les valeurs et les systèmes " mis en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Il a exhorté les délégations rassemblées à " mettre leurs pays en premier " et a fait de constantes références à la souveraineté. Mais il a aussi introduit un autre élément : une variante de l'argument de Marine Le Pen selon lequel les organisations et les institutions mondiales sont devenues, en soi, un danger pour la diversité des cultures et les décisions souveraines des États. Évoquant des " bureaucrates lointains ", le président Trump a laissé entendre que, à tout le moins, ces institutions étaient devenues un instrument exploité par certains gouvernements au détriment des autres.

En d'autres termes, du point de vue du Président des États-Unis, les organisations mondiales et je suppose leurs cadres juridiques internationaux, dont les droits de l'homme universels, font désormais partie du problème et pas de la solution. Il a conclu, que rien ne saurait remplacer le " patriotisme ", la " construction de coalitions " et finalement la " confrontation ", si nécessaire. C’est le " réalisme " du président, accentué par des principes ou des valeurs qu'il n'a pas définis. Son évocation constante du patriotisme a mené de nombreux spectateurs à conclure que c’était un euphémisme pour " nationalisme " : le nationalisme chauvin.

Quand j'ai entendu ce discours, ma première réaction, comme celle de tant d'autres, a été de me dire : nous sommes déjà passés par là. Ce même cocktail a déjà été consommé au siècle dernier. Une dose de nationalismes chauvins. Une dose de maniement d'épée pour équilibrer les forces et une dégradation de l'adhésion au droit. Y ajouter la conviction que les menaces de violence et les ultimatums seront efficaces. Remuer en incorporant l’existence du terrorisme, pour créer des peurs combustibles qui peuvent être manipulées, puis précipiter le public dans des politiques sans issue. Le mélange de tous ces ingrédients, au début du XXe siècle, a conduit à l'annihilation de millions de personnes.

C'est la tragédie de deux guerres mondiales et de l'Holocauste qui a précisément amené l'humanité à façonner l'architecture de la sécurité mondiale, puis l'architecture financière et enfin l'architecture des droits de l'homme à l'échelle mondiale. Celles-ci sont maintenant remises en cause par le dirigeant du pays même qui avait assumé la part du lion lors de la mise en place et du maintien de ces mêmes institutions.

Je me suis alors posé la question suivante : si le président des États-Unis semblait déclencher un abandon graduel des États-Unis de l'ordre juridique international, est-ce parce que nous – qui travaillons pour les Nations Unies et ses mécanismes des droits humains – avons échoué lamentablement à faire valoir nos arguments ?

Ce qui nous parait évident au sein de la communauté des droits de l'homme peut paraître moins évident aux autres. Ma réflexion à ce sujet est très bien reflétée dans la formulation du premier paragraphe du préambule de la Déclaration universelle des droits de l'homme, tel qu'il figurait dans sa deuxième version, celle du projet Cassin. C'est la version que j'ai toujours préférée pour son austérité – avant qu'elle ne soit par la suite reconditionnée dans un langage diplomatique plus poli et placé au deuxième paragraphe du texte final. Dans cette version antérieure, plus nette, le texte commence ainsi : " Considérant que l’ignorance et le mépris des droits de l’homme ont été une des causes les plus importantes des souffrances de l’humanité. "

L'ignorance n’allait jamais un problème pour les générations qui ont vécu les catastrophes mondiales du XXe siècle, parce qu'elles connaissaient de première main quelle serait l’alternative. Mais elle pourrait l’être une fois que ces générations commencent à nous quitter. Et le défi évident est le suivant : la mémoire historique peut-elle, à elle seule, maintenir l'ordre juridique international, même si elle avait été consacrée par la loi, principalement par le droit des traités ?

Tragiquement, les violations croissantes des droits de l'homme dans le monde et l'attrait grandissant pour le réalisme semblent répondre à cette question à notre place et expliquer plus généralement le mépris pour les droits de l'homme, découlant de leur ignorance.

Comment pouvons-nous changer cela ? Comment pouvons-nous faire comprendre à ceux qui croient au réalisme que tout avantage tactique obtenu en abandonnant le cadre juridique et les droits de l'homme aura finalement peu d'importance, quand tout sera détruit ? Comment pouvons-nous les convaincre ?

L'antidote consiste sûrement, dans un premier temps, à lancer une campagne d'expansion rapide des connaissances sur les droits de l'homme, puis à présenter des arguments aux sceptiques. Cela signifie qu'il faudra réunir un grand nombre d'Etats – ceux qui croient encore en l'importance d'un cadre de droits – pour nous aider à mieux promouvoir le système. Beaucoup ne se porteront pas volontaires d'emblée, car contrarier certaines grandes puissances n'est pas une expérience agréable, à moins, bien sûr, qu'ils ne se sentent obligés de le faire par leurs propres vulnérabilités et leur propre peuple.

Ce qui manque donc – et ce qui changerait la donne, serait l'existence d'une vague de soutien populaire de très grande ampleur, voire mondiale, en faveur des droits de l'homme universels – une vague qui pousserait, et encouragerait les gouvernements et les ferait tenir leurs engagements, et qui secouerait les politiciens somnolents.

Il nous faut maintenant intensifier considérablement notre plaidoyer et étendre notre portée d'une manière sans précédent. Nous ne devons plus nous satisfaire du fait que les sessions du Conseil des droits de l'homme sont vues en ligne par quelques milliers de personnes, ou que les communiqués de presse des Rapporteurs spéciaux ou des Commissions d'enquête génèrent quelques milliers d'articles de presse, ou encore que mon bureau compte près de deux millions d'abonnés à notre flux Twitter. Pas dans un monde de 7,6 milliards de personnes. Nous devons maintenant nous connecter le plus rapidement possible avec des dizaines de millions de personnes.

Dans quelques semaines, nous commencerons une année de célébrations à l'occasion du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, ce puissant ensemble d'engagements qui discrédite la tyrannie, la discrimination et le mépris pour les êtres humains qui ont marqué l'histoire humaine. Nous devons nous servir de cette commémoration pour alerter et, surtout, pour informer. Pour expliquer clairement au monde entier, que la législation sur les droits de l'homme n'est pas un luxe vain, bizarre ou déconnecté des réalités d'aujourd'hui. Au contraire, c'est l'une des inventions les plus délicates et les plus importantes fabriquées par des êtres humains pour le maintien de la paix mondiale.

Parce que nous vivons actuellement dans un monde déséquilibré par le mensonge et la tromperie, nous avons besoin de la certitude et de la sécurité de ses lois universelles. Nous avons besoin de nous ancrer dans le principe et de nous imprégner des leçons de l'expérience humaine. Au bout du compte, il n'est pas seulement question des droits intrinsèques des personnes, mais de leurs vies.

Il s'avère que ceux qui croyaient autrefois que la technologie et la mondialisation sauveraient l'humanité se sont trompés – gravement. En 1913, le président de l'Université de Stanford, David Starr Jordan, déclarait : " La Grande Guerre ... cette menace éternelle ne se produira jamais. Les banquiers ne trouveront pas l'argent nécessaire pour une telle guerre, l'industrie ne la soutiendra pas et l'homme d'État ne pourra tout simplement pas la faire. Il n'y aura pas de Grande Guerre. " Mais le président n'avait pas pris en compte la toxicité de l'illusion.

Jacob Blaustein s'exprima sur cette question des années plus tard. En avril 1950, il parla au Comité juif américain de " l'esprit du fanatisme belliqueux " et mit en garde qu'une fois libéré, cet esprit submergerait " la voix de la raison ".

Mais même aujourd'hui, alors que nous semblons revenir vers ces politiques désastreuses, cet attrait du " fanatisme belliqueux ", le combat qui incombe à notre génération n'est pas désespéré. Oui, le nationalisme chauvin est dangereux et la politique du bouc émissaire, qui cultive la peur, la transforme en blâme, puis la récolte, alors que des foules rugissantes s'en prennent aveuglément aux plus vulnérables, constituent une force puissante et préjudiciable. Mais il en allait de même pour d'autres défis historiques auxquels les défenseurs de ce qui est noble et juste ont réussi à faire face. Nos prédécesseurs, les géants des mouvements de droits, ont mis fin à l'esclavage, au colonialisme, à la ségrégation, à l'apartheid et plus encore.

Cela dépend maintenant de nous. Cela dépend de moi, de vous, dans cette salle ; de chaque type de public que nous atteignons, dans chaque pays où on peut encore exprimer ses pensées, participer aux décisions, faire entendre sa voix. Nous devons défendre le système des droits de l'homme et agir pour promouvoir la paix. Nous devons lutter contre la discrimination et défendre la justice, même en ces temps particulièrement difficiles. C'est un travail parfois ingrat et dangereux, en particulier pour les défenseurs des droits de l'homme dans des pays autoritaires qui sont engagés sur une pente savonneuse. Mais j'ai toujours trouvé du réconfort dans la réflexion de Dag Hammarskjöld à cet égard : " pour construire un monde sans peur, nous devons être sans peur. "

Pour répondre à la question que j'ai posé au début de cette intervention : qu'est-ce qui nous arrive ? La réponse est simple. Nous commençons à nous organiser, à bouger et à nous mobiliser, pour défendre la décence humaine, pour défendre un avenir commun et pour défendre les droits de l'homme, ce qui, pour en revenir à Jacob Blaustein, est la voix même de la raison humaine.