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République démocratique du Congo : la Haute-Commissaire aux droits de l’homme demande des mesures pour prévenir de nouvelles violences à l’approche d’élections cruciales

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GENÈVE (14 décembre 2018) – La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme a exprimé sa grande inquiétude face aux violences perpétrées lors des rallyes organisés cette semaine contre des partisans de l’opposition dans au moins trois provinces de la République démocratique du Congo en vue des élections présidentielles qui se tiendront le 23 décembre prochain.  Mme Bachelet a demandé aux autorités de veiller à ce que ces incidents fassent rapidement l’objet d’une enquête et à ce que « les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique – conditions essentielles pour assurer la crédibilité des élections – soient pleinement protégés ».

Le 11 décembre, au moins trois hommes ont été tués et plusieurs autres blessés après que la police aurait tiré à balles réelles et utilisé des gaz lacrymogènes et des canons à eau contre un rassemblement de l’opposition à Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga. Le convoi du candidat à la présidence Martin Fayulu aurait également été attaqué par la police.  Au cours des affrontements qui ont suivi entre partisans de différents partis, sept véhicules, dont un appartenant à la Police nationale congolaise, ont été détruits et le bureau du procureur a été incendié. Le 12 décembre, la campagne de M. Fayulu a de nouveau été interrompue, cette fois à Kalemie, dans la province du Tanganyika. Une jeune femme a été tuée et au moins neuf autres personnes ont été blessées, dont deux par balles.  Hier, à Mbuji Mayi, dans la province du Kasaï oriental, le gouverneur de la province a déployé des soldats et des policiers sur plusieurs routes pour empêcher la population de saluer un autre candidat à la présidence, Felix Tshisekedi. Un garçon de 16 ans aurait été tué par un soldat des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC).

« Je suis profondément préoccupée par les informations faisant état d’un usage excessif de la force, y compris des balles réelles, par les forces de sécurité contre les rassemblements de l’opposition, a déclaré la Haut-Commissaire. Les rapports indiquant l’utilisation de discours incendiaires par les dirigeants politiques m’inquiètent également. »

« À seulement quelques jours des élections cruciales qui se tiendront en République démocratique du Congo, il est primordial que les autorités veillent à ce que les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique soient pleinement protégés et qu’elles prennent toutes les mesures possibles pour prévenir les actes de violence. Il s’agit notamment de veiller à ce que tous les candidats soient en mesure de tenir des réunions et des rassemblements pour faire campagne en faveur de leur élection. »

Mme Bachelet a également déclaré être alarmée par les rapports faisant état de l’ingérence de groupes armés dans les campagnes électorales. Des menaces ont été proférées contre des partisans de plusieurs partis politiques, notamment ceux appartenant à la majorité présidentielle, en particulier au Nord-Kivu et au Sud-Kivu. Des partisans de l’opposition auraient également perturbé les réunions de campagne organisées par les candidats de la majorité présidentielle dans les provinces du Kwilu et du Kasaï. Un certain nombre d’incidents visant des partisans de l’opposition ont aussi été enregistrés dans la province de Maniema.

« Dans un environnement électoral déjà tendu, j’exhorte le gouvernement à faire clairement comprendre que les menaces et la violence contre les opposants politiques ne seront pas tolérées, a-t-elle déclaré. J’appelle le gouvernement de la République démocratique du Congo à faire en sorte que tous ces incidents fassent l’objet d’enquêtes rapides et efficaces et que leurs auteurs soient tenus responsables. »Mme Bachelet a demandé à toutes les parties concernées de ne pas recourir à la violence et a exhorté les forces de sécurité à rester impartiales. 

FIN