Header image for news printout

70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme à l’Assemblée générale des Nations Unies

73e session de l’Assemblée générale des Nations Unies

Commémoration du 70e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme et du 
25e anniversaire de la Déclaration et du Programme d’action de Vienne

Déclaration Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme

New York, le 18 Décembre 2018

Mme la Présidente de l’Assemblée générale,
M. le Secrétaire général,
Excellences,
Chers collègues et amis,

Lorsque la troisième session de l’Assemblée générale a adopté la Déclaration universelle des droits de l’homme dans sa résolution 217, il y a soixante-dix ans de cela, les États du monde commençaient à peine à sortir de l’abîme.

Un génocide d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité avait infligé des souffrances monstrueuses.

Des politiques nationalistes et isolationnistes avaient engendré deux guerres mondiales et une dépression économique dont la portée et l’envergure avaient nui à des millions de personnes dans le monde entier.

Les ravages du colonialisme avaient causé l’oppression et l’exploitation de nations et de régions entières.

Et les armes atomiques avaient clairement montré que tout futur conflit mondial pourrait essentiellement mettre fin à la vie sur cette planète telle que nous la connaissions depuis la nuit des temps.

Mme la Présidente,

L’ambition de créer une déclaration des droits de l’homme trouve ses origines en Amérique latine. La Chine, le Costa Rica, le Ghana, l’Inde, la Jamaïque, le Liban, le Libéria, le Pakistan et les Philippines ont insisté pour prendre des engagements fermes contre la torture, pour les droits des femmes, et pour la justice, la dignité et la prise de conscience.

Ensemble, des États de toutes les régions du monde ont rédigé les 30 articles de la Déclaration universelle des droits de l’homme et ont convenu que ces derniers devaient représenter « l’idéal commun à atteindre par tous les peuples et toutes les nations », de sorte que, grâce à « des mesures progressives d’ordre national et international », les États Membres puissent établir « le fondement de la liberté, de la justice et de la paix dans le monde ».

Aujourd’hui, cette volonté existe toujours.

La reconnaissance du fait que les peuples du monde possèdent ces droits et libertés fondamentaux doit perdurer.

L’idée que le respect des droits de l’homme de tous les peuples est la seule voie possible vers la paix et le développement inclusif est aussi puissante et valable aujourd’hui qu’il y a 70 ans.

Et on ne peut nier les réalisations inspirées par la Déclaration universelle.

Des millions de femmes et d’hommes se sont rassemblés pour exiger la fin de la tyrannie et de l’injustice, pour défendre leurs droits à la justice et à la protection contre l’exploitation, la discrimination et la violence.

Aujourd’hui, les attaques contre les droits et les libertés fondamentaux de la Déclaration universelle ne sont pas motivées par l’échec de cette Déclaration.

Elles découlent de son succès.

Les droits de l’homme s’opposent à l’exploitation de la majorité par une minorité. Ils nécessitent donc une gouvernance et des institutions au service du peuple - et non au service des intérêts d’individus puissants.

Mme la Présidente,

Cette Assemblée représente les espoirs et les intérêts de tous les peuples de tous les États Membres.

Elle repose sur sa volonté :

  • De préserver les générations futures du fléau de la guerre ; 
  • De réaffirmer sa foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine, dans l’égalité de droits entre les femmes et les hommes, et entre les nations, qu’elles soient grandes ou petites ; 
  • D’établir des conditions dans lesquelles la justice et le respect du droit international peuvent être maintenus ; et 
  • De promouvoir le progrès social, de meilleures conditions de vie et une plus grande liberté.


L’anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme nous rappelle les raisons pour lesquelles les Nations Unies et cette Assemblée ont vu le jour, et l’utilité de la Déclaration aujourd’hui.

Son orientation se fait l’écho de ces 70 années et des nombreuses crises que nous voyons se développer à notre époque.

Les 30 articles de la Déclaration nous aident à prendre les mesures nécessaires pour lutter contre la violence et la destruction mondiale, réduire les fractures sociales et ouvrir la voie à des solutions communes et pacifiques pour sortir du conflit.

Ils reposent les uns sur les autres et sont indissociables.

Les droits de participer aux décisions, de s’exprimer librement et de demander justice sont non seulement importants en soi, mais ils contribuent aussi aux droits à la santé, à la vie, à l’éducation et au développement. Pour encourager des économies véritablement inclusives et durables, tout le monde doit participer – dans le but de mettre fin à la discrimination et promouvoir le droit de s’exprimer, de faire des choix et de critiquer.

Tous les dirigeants ont pour responsabilité de mettre en place une gouvernance dont le rôle est de servir la population plutôt que de la réduire au silence, ainsi que des systèmes économiques ancrés dans la dignité. Ils sous-tendent la légitimité des gouvernements et la souveraineté des États.

Je vous demande d’œuvrer en faveur de cette vision de paix et de justice pour tous vos peuples.

Je vous remercie Mme la Présidente.