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" Les obstacles actuels à la protection des droits de l’homme "

Discours prononcé par Michelle Bachelet, Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme
au Centre des droits de l’homme et du droit humanitaire de l’American University Washington College of Law

11 avril 2019

Professeur Grossman,
Chers étudiants,

Je vous remercie de m’avoir invitée parmi vous aujourd’hui.

Je vais essayer d’être brève, étant donné qu’on m’a invitée à prendre la parole, mais j’aimerais aussi connaître votre avis sur la façon dont nous pouvons protéger les droits de l’homme aujourd’hui.

Nous sommes confrontés à un paradoxe. Les outils numériques, l’économie mondiale et même les caractéristiques socioéconomiques nous rapprochent les uns des autres. Et pourtant, les décideurs, la communauté internationale et les institutions multilatérales sont davantage fragmentés. De nombreux chefs d’État semblent moins déterminés à travailler ensemble pour le bien commun. Ils s’éloignent des principes communs et des solutions aux problèmes que nous partageons, et cette situation cause une souffrance et un chaos croissants.

La justice fait naître la paix. Elle n’éradique pas les désaccords, mais lorsque la population croit en une structure impartiale et indépendante de lois et de normes, elle sait qu’elle est capable de régler ses différends de façon pacifique. Ce constat s’applique aux pays eux-mêmes, comme le savent tous les avocats présents dans la salle. Il s’applique aussi aux différends entre les pays, tant que les acteurs concernés gardent confiance en l’état de droit international.

Les solutions communes fonctionnent. Qu’il s’agisse de lois communes ou d’une entente sur une action conjointe pour cibler un problème commun fondé sur des principes partagés, les politiques fondées sur le dialogue et l’inclusion et guidées par des objectifs liés aux droits de l’homme donnent des résultats plus efficaces et probants.

Elles ont réussi auparavant à encourager la paix et le développement, et elles peuvent réussir à l’avenir – votre avenir, un avenir que vous partagerez avec des milliards d’autres personnes à travers le monde.

Je l’ai moi-même vécu. Quand je suis revenue au Chili, mon pays d’origine, après des années d’exil en raison de l’oppression ; quand j’ai travaillé comme pédiatre à Santiago, avec des enfants dont les parents avaient été torturés ou avaient disparu ; quand je suis devenue Ministre de la santé ; quand j’ai été nommée Ministre de la défense ; comme chef d’État et chef du gouvernement. Dans toutes ces circonstances, j’ai constaté à maintes reprises que les politiques fondées sur les droits de l’homme fonctionnent mieux et offrent de meilleures chances aux personnes de toutes les couches de la société et de l’économie, et pas seulement – au-delà des frontières. Elles encouragent la réconciliation. Elles permettent d’éviter les griefs, les conflits, les inégalités, les souffrances et les discriminations de toutes sortes.

Les politiques qui soutiennent la justice et la protection sociales favorisent également des économies plus fortes. Elles créent de meilleurs cadres pour l’éducation, les soins de santé et d’autres services de base – et elles ont un impact sur les systèmes politiques, qui adoptent activement toute une gamme de contributions retentissantes.

Les politiques fondées sur les droits de l’homme renforcent la confiance et l’harmonie sociale. Elles renforcent le climat de confiance. Elles font naître l’espoir.

C’est possible. Je l’ai vu de mes propres yeux. J’ai vu un pays considérablement divisé et affaibli devenir plus inclusif, plus largement développé et plus juste. Cela s’est produit à maintes reprises au cours de votre vie et de celle de vos parents, dans diverses parties du monde, lorsque les politiques fondées sur les droits de l’homme ont façonné une plus grande justice, une plus grande égalité et une plus grande dignité.

Et cela peut se produire à nouveau. Aujourd’hui, je vais parler de certains des défis très importants auxquels nous sommes de plus en plus confrontés dans le monde d’aujourd’hui. Je vais aussi vous demander de réfléchir à ceci : aussi complexes et douloureux qu’ils puissent paraître, ces défis peuvent être relevés.

Mettons de côté les solutions pour le moment et parlons un peu des problèmes auxquels nous devons faire face.

Commençons par les changements climatiques, qui constituent une menace globale et dévastatrice pour les droits de l’homme – et pour la vie humaine.

Les changements climatiques provoquent des déplacements de populations, qui se retrouvent incapables de gagner décemment leur vie dans les lieux où ils sont nés. De l’augmentation de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire à l’aggravation du stress hydrique et des dégâts environnementaux, il s’agit d’une menace évidente et de plus en plus présente pour la dignité humaine et pour les progrès réalisés dans l’instauration d’un développement inclusif et durable. Les changements climatiques aggravent également les tensions et les inégalités au sein des sociétés, ce qui alimente les conflits, notamment les conflits violents.  

Ce qui m’amène à un autre défi : la guerre. Les dévastations causées par les conflits d’aujourd’hui, et leur coût économique et humanitaire considérable, créent des dommages étendus et durables, qui seront transmis à la prochaine génération par les enfants. Il n’y a pas de victoire, pas de gagnant, dans un conflit qui anéantit des vies, les terres, les infrastructures, les économies et tout espoir.

Certes, moins de guerres éclatent entre États, mais nous assistons à des conflits intra-étatiques plus nombreux et plus durables, auxquels s’impliquent d’autres pays.

Nous avons désespérément besoin d’efforts accrus pour rationaliser et contrôler la prolifération des armes, ainsi que les risques de conflit et le déroulement de ces derniers. En février dernier, le Secrétaire général de l’ONU a déclaré à la Conférence du désarmement à Genève : « Je vais être franc avec vous. Les principaux éléments du dispositif international de limitation des armements sont en train de s’effondrer... Les nouvelles technologies d’armement intensifient les risques d’une manière que nous ne comprenons pas encore et que nous ne pouvons même pas imaginer. »

Et pourtant, les pays affaiblissent les accords existants. Il y a 70 ans, les Conventions de Genève énonçaient les principes minimaux et fondamentaux à respecter par toutes les parties en conflit, afin de préserver la vie et la dignité des civils, des soldats hors de combat et des prisonniers de guerre. Mais les acteurs des conflits actuels respectent de moins en moins ces engagements pourtant minimaux.

Les sièges sont utilisés pour affamer délibérément les civils, et d’autres obstacles à l’aide humanitaire privent ces derniers des services et des soins de base. Les sites médicaux sont régulièrement bombardés, selon des schémas qui semblent délibérés. Les attaques contre les femmes, y compris l’utilisation du viol comme arme de guerre, semblent être utilisées dans certains cas comme politique, pour tenter de briser les liens familiaux et communautaires et démoraliser l’adversaire. Des enfants sont torturés et tués devant leurs parents, pour créer une peur généralisée ; ils sont enlevés et utilisés comme soldats, ou comme esclaves sexuels ; ils sont privés d’éducation.
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Et bien que des mesures visant à identifier ces violations et à demander des comptes aux responsables soient prises, y compris par le Haut-Commissariat, elles ne font pas l’unanimité parmi les États du monde. Les gouvernements doivent faire bien plus d’efforts pour forcer les auteurs de violations du droit international humanitaire à répondre de leurs actes.

Les conflits appauvrissent les nations et entraînent des déplacements de population. Selon le HCR, 44 400 (quarante-quatre mille quatre cents) personnes sont forcées de quitter leur foyer chaque jour en raison de conflits ou de persécutions. La plupart d’entre elles sont déplacées à l’intérieur de leur propre pays ; d’autres tentent désespérément d’assurer leur sécurité en traversant les frontières. D’autres fuient la pauvreté – certaines personnes ont tout simplement perdu l’espoir de pouvoir bénéficier des conditions fondamentales de la dignité humaine dans leur pays d’origine.

Ces migrants sont comme vous et moi, ce sont des femmes, des hommes et des enfants. Qui sait, si nous étions dans leur situation, nous ferions peut-être les mêmes choix et accomplirions les mêmes périples. Ils sont nos égaux, mais au lieu d’être soutenus par des mesures visant à les aider et les protéger, ils sont de plus en plus accueillis par des barrières, repoussés vers le danger, humiliés, menacés, détenus et exposés à des risques inutiles. 

Nous pourrions en dire encore davantage sur ces trois défis, qui sont tous liés les uns aux autres – les changements climatiques alimentant les migrations et les conflits ; les conflits, alimentant eux aussi les migrations – mais il existe un certain nombre d’autres défis très importants en matière de droits de l’homme, dont la portée et l’intensité augmentent également aujourd’hui.

L’insécurité alimentaire. Après de nombreuses années au cours desquelles la sous-alimentation et l’insécurité alimentaire ont diminué, le nombre douloureux et presque entièrement évitable de personnes considérées comme « sous-alimentées » est passé de 777 millions en 2015 à 815 millions en 2016 – principalement en raison des conflits, ainsi que de la sécheresse et d’autres catastrophes liées au climat. Ces 815 millions de personnes représentent 11 % de l’humanité : en d’autres termes, une femme, un homme et un enfant sur neuf dans le monde n’ont toujours pas suffisamment à manger.

Les inégalités économiques se creusent également. Plus de richesse est produite que jamais auparavant dans l’histoire de l’humanité ; à l’échelle mondiale, la productivité du travail a augmenté de plus de 2 % en 2017. Mais cette richesse n’est pas partagée équitablement. Comme l’OIT l’a souligné, la part de la main-d’œuvre dans le PIB diminue depuis 25 ans, et cette tendance se poursuit.

Je suis certaine que tout le monde dans cette salle a entendu parler de l’analyse d’Oxfam qui affirme que 82 % de toute la richesse générée en 2016 est allée au 1 % le plus riche de la population mondiale, alors que la moitié la plus pauvre de l’humanité n’a vu aucun changement dans ses revenus – ce qui les laisse encore plus de côté.

La semaine dernière, un nouveau rapport d’envergure de l’ONU auquel ont participé plus de 60 organisations internationales a révélé que la plupart des habitants de la planète vivent maintenant dans des pays où les inégalités de revenus augmentent. Le rapport de 2019 sur le financement du développement durable indique que la faible croissance des salaires, l’accroissement des inégalités et l’insuffisance des mesures prises pour faire respecter les objectifs de développement durable menacent de compromettre le Programme de développement durable à l’horizon 2030 – une avancée qui promet des avantages considérables pour l’humanité entière.

Dans de nombreux pays, de plus en plus de lois et de politiques sont adoptées visant à restreindre et, dans certains cas, à punir les activités civiques. Certaines de ces mesures imposent des restrictions concernant la liberté d’expression et la participation à des manifestations pacifiques ; l’indépendance et la liberté des médias ; et la capacité de créer des ONG sur les droits de l’homme et de recevoir des financements étrangers. Elles introduisent également une législation antiterroriste vague qui peut être utilisée à mauvais escient pour viser presque toute forme de critique.

Fait nouveau et choquant depuis 2015 : au moins un défenseur des droits de l’homme est tué chaque jour. On compte parmi eux des journalistes et des syndicalistes. Ces défenseurs des droits de l’homme sont souvent des militants écologistes qui s’opposent à des projets d’entreprise ou de développement. Ils reçoivent souvent peu ou aucune protection de la part de l’État. Et il se peut que leur meurtre ne fasse jamais l’objet d’une véritable enquête.

Le fait que le champ d’action de la société civile diminue à ce point a des répercussions sur un très large éventail de politiques gouvernementales – et sur les droits de l’homme. La participation de la population à la prise de décision est vitale pour favoriser le principe de responsabilité et faire en sorte que chaque politique reflète les réels besoins de la société. Lorsque les gouvernements font taire toute critique, ils n’écoutent plus les contributions de l’ensemble de la population – et des politiques du logement à celles de l’éducation, en passant par les politiques de santé, de développement, de défense, et tous les secteurs d’activité de l’État – ils risquent d’oublier qu’une bonne gouvernance est une gouvernance au service du peuple. En d’autres termes, les mesures qui restreignent les droits et les opinions de la société civile réduisent également nos chances d’atteindre les objectifs de développement durable.

Nous nous devons tous de rester vigilants dans un autre domaine, celui des droits des femmes. Les progrès réalisés au cours des décennies précédentes ont stagné par endroits et, dans certains cas, sont en train de reculer. Il est particulièrement inquiétant de voir les reculs récemment observés concernant de nombreuses questions fondamentales dans certains pays. Ces reculs semblent être motivés par une obsession renouvelée de contrôler et de limiter les décisions des femmes concernant leur corps et leur vie, et par l’idée que le rôle des femmes devrait essentiellement se limiter à la reproduction et à la famille. Dans l’ensemble, les femmes sont toujours beaucoup plus pauvres que les hommes. Elles détiennent moins de biens, moins d’opportunités s’offrent à elles, elles ont un accès plus restreint aux services de base et sont moins libres de pouvoir s’exprimer et de faire leurs propres choix.

Beaucoup d’entre nous sont aussi profondément préoccupés par la montée de la haine à l’égard des membres de groupes raciaux, ethniques et religieux, et à l’égard des étrangers et des autres minorités à l’échelle mondiale. Dans de nombreux pays, les idées autrefois considérées comme extrémistes font maintenant partie du discours politique général, de même qu’une vision du monde nativiste, exclusive et intolérante qui attaque également les efforts de maintien des mesures et accords multilatéraux visant à assurer une plus grande justice sociale. Et cette vision du monde exacerbe l’instabilité mondiale en permettant d’esquiver les responsabilités à l’échelle mondiale, au lieu de les partager.

Vous avez peut-être remarqué à quel point ces défis semblent liés. Les changements climatiques, les souffrances insupportables des civils dans les conflits, les déplacements involontaires, les inégalités et l’extrême pauvreté, les menaces qui pèsent sur l’espace civique, l’oppression des femmes, la montée de la haine envers les membres des minorités et les migrants à l’échelle mondiale, et une vision du monde qui met en péril la recherche de consensus sur une action commune. Toutes ces tendances négatives, profondément corrosives pour notre espoir d’un avenir décent, semblent s’accélérer et s’accentuer mutuellement. 

Mais les solutions sont aussi liées. 

Certains pays – pas toujours les plus riches, que ce soit en termes de revenus ou de ressources – choisissent d’adopter des politiques fondées sur des principes qui sont également plus efficaces. Parce qu’ils sont impliqués dans la protection de l’ensemble des droits de l’homme – en prenant ensemble des mesures pour faire progresser les droits civils, culturels, économiques, politiques et sociaux – ils créent une dynamique qui se renforce, dans laquelle la justice et une plus grande liberté civique créent des politiques de développement saines, et où des mesures de protection sociale favorisent une plus grande harmonie et une plus grande confiance sociales.

L’Éthiopie a par exemple fait des progrès encourageants. On peut citer comme autre exemple, plus connu mais plus ancien, l’intervention des Nations Unies qui a contribué à mettre fin à 300 ans d’apartheid et à un conflit acharné et de longue date en Afrique du Sud, désormais remplacé par des institutions démocratiques. Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, que je dirige, a l’expérience de nombreuses interventions de ce type, en Guinée, au Népal, au Togo et ailleurs.

Il ne s’agit pas de brandir une baguette magique et de faire en sorte que tout soit soudainement parfait : il s’agit faire des progrès.  Nous pouvons éviter les conflits – et en fait, c’est ce que nous faisons.

Nous ne verrons jamais une journaliste de télévision clamer dans son micro qu’elle est « en direct d’un pays où la guerre n’a pas eu lieu ». Les informations ne marchent pas comme cela. Le monde par contre : oui, souvent.

Cela peut paraître irréaliste, au milieu des turbulences et des atrocités des événements mondiaux. Mais dans la grande majorité des pays, les différends sont résolus avant que la situation ne déborde. Ou, une fois que le conflit a éclaté, ces différends sont résolus et contrôlés. Une réconciliation durable est possible.

Ce travail n’est pas seulement pertinent, il est extrêmement rentable. Car lorsque les droits de l’homme tournent mal – lorsque les violations et les abus engendrent des crises et des conflits explosifs –les conséquences peuvent être énormes, que ce soit en matière de pertes de vies humaines, ou d’économies et d’aide humanitaire dévastées.

Tous nos bureaux extérieurs consacrent une part importante de leur temps à la formation des fonctionnaires, des membres des forces de sécurité et de police et des groupes de la société civile. Notre suivi de situations spécifiques nous permet de recommander des changements de politiques ciblés. Nous travaillons également, à plus long terme, à renforcer les lois et les institutions qui ont pour but de protéger les droits, notamment les tribunaux, les parlements, les conseils régionaux, les établissements scolaires et les groupes communautaires. Et nous cherchons à autonomiser tous les défenseurs des droits de l’homme et les militants de la société civile – y compris les militants des droits des minorités - afin qu’ils puissent combattre les préjugés efficacement et avec confiance. 

Chaque situation présente des caractéristiques différentes, mais le principal objectif est de traduire les droits de l’homme en des mesures concrètes. Comment questionner sans recourir à la torture. Comment gérer des manifestations pacifiques sans violence. Comment s’assurer que les minorités peuvent s’exprimer et participer pleinement à la vie d’une nation. Comment faire en sorte que les femmes, et d’autres groupes victimes de discrimination, peuvent faire valoir leurs droits auprès de systèmes judiciaires qui continuent d’être opérés majoritairement par des hommes.

Ces efforts concrets ne nous viennent par forcément à l’esprit lorsque nous parlons pour la première fois des droits de l’homme. On pense d’abord à de nobles idéaux – mais ces idéaux sont soutenus par une grande variété d’actions très concrètes.

Pourquoi vous dis-je tout cela ? Car ce n’est pas seulement notre travail.

Le respect des droits de l’homme, c’est aussi votre travail. Cette planète nous appartient à tous, et ce travail est tout simplement trop important pour être laissé à une poignée d’employés de l’ONU.

Pour parvenir à un développement durable et lutter efficacement contre les changements climatiques, les pays doivent respecter les droits de l’homme.

Pour mettre fin aux inégalités et à la pauvreté, ils doivent faire entendre la voix de la société civile et respecter les droits et les choix de chaque membre de la société.

Pour améliorer la gouvernance, lutter efficacement contre le terrorisme et façonner des sociétés stables et sûres, nous avons besoin de justice.

Nous devons adopter une perspective qui ne porte pas seulement sur le présent, mais aussi sur l’avenir. Nous avons besoin de vous, de votre génération, qui pourrait bien être la génération la plus importante de l’histoire pour la survie de l’humanité dans un écosystème inoffensif. 

Le fait est que les violations des droits de l’homme – qu’elles soient horribles, chroniques ou presque invisibles – ne sont pas le fruit du hasard, elles ne sont pas des accidents et elles sont rarement soudaines.

Elles découlent presque toujours d’inégalités politiques, économiques, sociales et culturelles à long terme qui créent des obstacles au partage équitable des chances et des ressources et limitent la liberté et la participation.

Et nous pouvons tous contribuer à concevoir de meilleures politiques et à obtenir de meilleurs résultats. Nous pouvons nous unir pour protéger les acquis importants du passé et progresser vers plus de justice, plus de dignité, plus de respect pour l’égalité humaine – et de meilleures solutions pour le monde entier.

Rappelez-vous ceci : un pays stable est un pays où la population a confiance en son gouvernement et envers l’autre. Sans l’état de droit, les garanties judiciaires et le respect des droits de l’homme, il ne peut y avoir de sécurité à long terme d’aucune sorte. De même, la croissance économique qui fait naître de fortes inégalités génère des frustrations chroniques, et donc des violences potentielles.

Les États doivent être disposés à protéger les droits de l’homme de leurs peuples, et les peuples doivent pouvoir tenir l’État responsable : c’est notre obligation légale, une nécessité morale et le seul moyen d’assurer la sécurité dont votre génération aura besoin, afin de réaliser tout ce dont vous rêvez d’accomplir.

Je ne suis pas prête à céder au défaitisme et à assister passivement à l’effondrement des structures visant à maintenir la paix, la sécurité et un développement solide. 

Nous avons l’occasion d’agir. Cette génération de dirigeants mondiaux a la capacité d’assurer un meilleur bien-être pour ses peuples. Des instruments tels que le Programme de développement durable à l’horizon 2030 peuvent être transformateurs ; des principes fondamentaux peuvent soutenir les réformes nécessaires.

Je vous remercie pour votre attention et c’est à moi de vous écouter à présent.