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Droits de l’homme : un rapport des Nations Unies fait état d’une augmentation des cas de représailles

NEW YORK/GENÈVE (19 septembre 2019) – Le HCDH a déclaré jeudi avoir reçu des informations concernant de nouveaux cas d'intimidation et de représailles dirigés contre des victimes, des membres de la société civile et des militants dans de plus en plus d'États, ce qui reflète une hausse du nombre de cas à l'échelle mondiale.

Dans un nouveau rapport du Secrétaire général des Nations Unies présenté aujourd'hui au Conseil des droits de l'homme à Genève, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme indique avoir recueilli des informations concernant des cas de représailles à l'encontre de victimes, de membres de la société civile et de militants ayant coopéré avec les Nations Unies dans près de 50 pays.

On compte parmi les cas identifiés des militants victimes de détention et de peines de prison ou d'actes d'intimidation tels que le fait de filmer des participants à des réunions sans leur consentement, parfois même dans les bâtiments des Nations Unies.  Le rapport contient certains cas particulièrement flagrants de mauvais traitements et de torture à l'encontre de femmes en détention.

Le rapport complet*, qui contient des annexes détaillant les cas par pays*, est disponible en ligne. Il s'agit du dixième rapport annuel du Secrétaire général sur les cas de représailles.

« Nous avons également relevé des cas graves où les autorités ont menacé et harcelé des membres de la famille des militants », a déclaré le Sous-Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux droits de l'homme Andrew Gilmour, qui présentera le rapport et animera une séance de questions et réponses avec les États Membres jeudi prochain. « Certains gouvernements semblent prêts à punir par tous les moyens possibles ceux qui coopèrent avec nous.  Cela peut en réalité renforcer la volonté des victimes d'obtenir justice. »

Le rapport identifie une autre tendance liée à l'utilisation abusive de l'espace en ligne sous la forme de discours haineux, de cyberintimidations et de campagnes de diffamation. Les femmes, et les personnes LGBTI sont particulièrement ciblées, y compris par leurs propres communautés.

Selon M. Gilmour, ce rapport ne dépeint qu'en partie la situation et l'autocensuration est également un problème majeur.  « Nous avons tendance à recevoir davantage d'informations lorsque les conditions de sécurité sont favorables et qu'il existe un réseau actif au sein de la société civile.  Malgré cela et après avoir passé une dizaine d'années à signaler ces problèmes, nous avions espéré que ces chiffres diminueraient au lieu d'augmenter. »

Le rapport indique que les effets sur la société civile sont déjà importants.  Le Secrétaire général précise dans le rapport que certaines personnes n'osent pas coopérer avec les Nations Unies « par peur pour leur sécurité ou si les activités de défense des droits de l'homme constituent des infractions ou sont dénigrées publiquement. » 

De nombreuses personnes ont figuré à plusieurs reprises dans les rapports des Nations Unies sur les représailles après avoir été ciblées pendant plusieurs années consécutives (voir annexe II).

De manière générale, le rapport reflète l'inquiétude du Secrétaire général face à « l'utilisation d'arguments en faveur de la sécurité nationale et des stratégies de lutte contre le terrorisme par les États pour justifier de blocage de l'accès à l'ONU ».   Le rapport inclut des cas d'organisations ou d'individus « accusés de terrorisme, de coopération avec des entités étrangères ou d'atteinte à la réputation ou à la sécurité de l'État ».

Selon M. Gilmour, même si l'Organisation continue de renforcer son action dans l'ensemble du système onusien, y compris en améliorant la manière dont elle fait état des allégations et y répond, la responsabilité en la matière incombe aux États Membres. « Les États membres doivent être responsables de leurs actions et pratiques, et proposer des recours en cas de représailles. »

FIN

* Les 48 pays liés aux cas figurant dans le rapport principal et en annexes I et II sont les suivants :

Algérie, Arabie saoudite, Bahamas, Bahreïn, Bangladesh, Bénin, Bolivie, Burundi, Cameroun, Chine, Colombie, Cuba, Djibouti, Égypte, Émirats arabes unis, Érythrée, État de Palestine, Éthiopie, Fédération de Russie, Guatemala, Honduras, Hongrie, Inde, Iran, Iraq, Israël, Kazakhstan, Kirghizistan, Malaisie, Mali, Malte, Mauritanie, Maroc, Mexique, Myanmar, Nicaragua, Ouzbékistan, Philippines, Pologne, République démocratique du Congo, Soudan du Sud, Sri Lanka, Thaïlande, Tunisie, Turkménistan, Venezuela, Viet Nam et Yémen.

Voir la vidéo du HCDH sur les représailles*

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