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Porte-parole de la Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme : Marta Hurtado

Lieu : Genève : 

Date : 4 octobre 2019

Iraq

Nous avons assisté cette semaine à une série de manifestations à travers l'Iraq pour protester contre la pénurie d'emplois et les inégalités en matière d'accès aux services de base. La plupart des manifestants sont des jeunes et des chômeurs qui réclament le respect de leurs droits économiques et sociaux.

Nous rappelons aux autorités iraquiennes que les doléances de la population doivent être entendues. Les autorités ont l'obligation de faire tout leur possible pour aider leurs citoyens à joindre les deux bouts, y compris en soutenant leur droit à l'emploi. Elles doivent également permettre à la population d'exprimer ses doléances de manière pacifique.

Nous sommes préoccupés par les informations reçues, indiquant que les forces de sécurité ont utilisé des balles réelles et des balles en caoutchouc à certains endroits, et ont également lancé des tirs de gaz lacrymogènes directement sur les manifestants. Le personnel du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme a confirmé la mort de 12 personnes à Bagdad. Toutefois, nous avons reçu des rapports – et j'insiste sur le fait que ces chiffres doivent être vérifiés –  affirmant que jusqu'à 30 personnes auraient été tuées depuis le début des manifestations qui ont eu lieu dans plusieurs villes du pays. Des centaines d'autres personnes auraient été blessées, y compris des membres des forces de sécurité. Plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés, bien que la plupart aient été relâchés par la suite.

Nous demandons au Gouvernement iraquien de permettre à la population d'exercer librement leur droit à la liberté d'expression et de réunion pacifique. L'usage de la force devrait être exceptionnel et les réunions devraient généralement être gérées sans recourir à la force. Tout recours à la force doit impérativement se faire en conformité avec les normes internationales relatives aux droits de l'homme*, y compris les principes de nécessité et de proportionnalité. En tout état de cause, l'utilisation d'armes à feu est interdite, sauf en dernier recours pour faire face à une menace de mort ou de blessure grave imminente. Tout incident dans lequel les actions des forces de sécurité ont entraîné la mort et des blessures doit faire l'objet d'une enquête rapide, indépendante et transparente.

Nous sommes préoccupés par le fait que, selon les informations reçues, au moins trois journalistes couvrant les manifestations ont été détenus, et deux d'entre eux ont ensuite été libérés. Ces détentions risquent de dissuader d'autres journalistes de rendre compte de la situation. Nous sommes également préoccupés par les coupures Internet qui se sont produites dans la plupart des provinces du pays. Les mesures de blocage général de l'accès à Internet risquent de porter atteinte à la liberté d'expression, de limiter indûment le droit de recevoir et de diffuser des informations, et d'exacerber les tensions.

*https://www.ohchr.org/fr/professionalinterest/pages/useofforceandfirearms.aspx

END

Pour plus d'informations et pour toute demande de la part des médias, veuillez contacter : Rupert Colville - + 41 22 917 9767 / rcolville@ohchr.org ou Marta Hurtado - + 41 22 917 9466 / mhurtado@ohchr.org

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