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Note de conférence de presse sur la Syrie

Porte-parole du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme :  Rupert Colville
Lieu : Genève
Date : 8 novembre 2019
Sujet : Syrie

Syrie

Les civils continuent de payer le lourd tribut des hostilités en cours en Syrie. Des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées lors d'incidents majoritairement distincts qui se sont produits simultanément dans le nord-est et le nord-ouest de la Syrie pour diverses causes, y compris en raison de frappes aériennes et au sol, et qui seraient dus à une utilisation croissante et sans discrimination d'engins explosifs improvisés dans des zones habitées, notamment sur des marchés locaux. 

Depuis le lancement de l'offensive militaire turque dans le nord-est de la Syrie le 9 octobre dernier, nous avons pu confirmer plusieurs incidents qui, en date du 5 novembre, ont entraîné la mort d'au moins 92 civils dans le nord et le nord-est de la Syrie. 

Parmi eux, 49 ont été victimes d'attaques aériennes et terrestres, d'exécutions et de tirs isolés lors de combats opposant des groupes armés affiliés à la Turquie et des groupes armés kurdes. Nous avons également pu confirmer la mort de 31 autres civils tués au cours de la même période par des engins explosifs improvisés ou des restes explosifs de guerre dans la zone géographique de l'offensive militaire turque, c'est-à-dire à Al-Hassakeh, Ar-Raqqa et dans une partie du gouvernorat d'Alep. Nous avons par ailleurs recensé le décès de 12 autres civils tués durant la même période à la suite d'attaques à l'aide d'engins explosifs improvisés ou de frappes au sol par des groupes armés kurdes et d'autres auteurs non identifiés, dans des zones ne relevant pas de l'opération militaire turque, comme Afrin, Jarablus, al-Bab, et Azaz.  

Nous assistons ces derniers jours à une recrudescence des attaques à l'aide d'engins explosifs improvisés, principalement dans les zones sous le contrôle des groupes armés affiliés à la Turquie, ce qui suggère que ces attaques ont vraisemblablement été perpétrées par des groupes opposés à l'offensive militaire turque.  

Nous sommes très préoccupés par le nombre croissant de civils tués ou blessés à la suite de l'utilisation d'engins explosifs improvisés dans des zones habitées. L'utilisation aveugle de ces armes est une violation flagrante du droit international humanitaire. Nous rappelons à toutes les parties au conflit leur responsabilité de protéger les civils et de respecter leurs obligations en vertu du droit international.

Nous sommes également préoccupés par la situation dans le nord-est, où des personnes récemment déplacées au cours de l'offensive militaire ont par la suite été victimes de détentions arbitraires et de disparitions forcées à leur retour dans leurs foyers. Cette situation se produit aussi bien dans les zones contrôlées par les forces turques et les groupes armés affiliés à la Turquie, que dans les zones contrôlées par les groupes armés kurdes. Nous rappelons à toutes les parties au conflit le besoin urgent de faciliter le retour immédiat et en toute sécurité des civils déplacés qui souhaitent rentrer chez eux, conformément aux principes humanitaires internationaux. En outre, toutes les personnes détenues en garde à vue, quelle qu'en soit la raison, doivent être traitées avec humanité et pouvoir être localisées. 

Par ailleurs, alors qu'une grande partie de l'attention internationale se porte sur le nord-est de la Syrie, l'accalmie des hostilités observée en octobre dans le gouvernorat d'Edleb, au nord-ouest du pays, a récemment fait place à une recrudescence des attaques aériennes et au sol, principalement au sud et à l'ouest d'Edleb, notamment à des attaques touchant à nouveau des établissements médicaux. Malgré l'accent mis sur ces attaques par les Nations Unies et d'autres organismes, et la création d'une commission d'enquête par le Secrétaire général, les services de santé continuent d'être directement touchés ou gravement endommagés à chaque fois qu'une escalade militaire se produit à Edleb. 

Quatre bâtiments différents ont été endommagés les 4 et 6 novembre derniers, portant à 61 le nombre total d'infrastructures médicales touchées depuis le 29 avril. L'hôpital de Kafr Nobol, qui a été frappé le 6 novembre, avait déjà été touché et endommagé à plusieurs reprises en mai et juillet. Ce même jour, à environ 1 h 30, trois infirmiers civils ont été blessés à la suite de plusieurs attaques qui auraient été lancées par des forces affiliées au Gouvernement. Deux des frappes aériennes ont directement touché l'hôpital d'al-Ikhlas dans le village de Shanan à Jabal al-Zawya, situé dans une zone rurale au sud d'Edleb, mettant l'hôpital hors service.

Nous répétons encore une fois que toutes les parties doivent s'assurer que les services hospitaliers et médicaux, y compris le personnel médical, sont respectés et protégés en toutes circonstances.  

Nous tenons à souligner que ces chiffres sont provisoires, étant donné que nous ne sommes pas en mesure de recenser toutes les victimes. Nous ne sommes pas non plus en mesure de vérifier chaque incident. Nous nous efforçons principalement de surveiller les éléments caractéristiques des hostilités, en mettant l'accent sur les incidents les plus révélateurs que nous pouvons vérifier, de manière à pouvoir identifier ces caractéristiques.

FIN

Pour plus d'informations et pour toute demande de la part des médias, veuillez contacter les personnes suivantes : Rupert Colville - + 41 22 917 9767 / rcolville@ohchr.org, Ravina Shamdasani - + 41 22 917 9169 / rshamdasani@ohchr.org ou Marta Hurtado - + 41 22 917 9466 / mhurtado@ohchr.org